Archive : ‘Perspective Canadienne’

Lectures d’été – 2016

Sur la plage ou sur votre balcon, en ville, les deux prochains mois pourraient être l'occasion idéale de profiter de bonnes lectures. Voici quelques suggestions de livres en français sur le Tibet, en format classique ou Kindle. Envoyez-nous vos commentaires/critiques et d'autres suggestions de livres: nous les ajouterons à la liste!  Bonne lecture!

L'appel au monde du Dalaï-Lama: L'éthique est plus importante que la religion
Dalai Lama (Auteur), Franz Alt (Sous la direction de), 2015

Dans son appel au monde, le Dalaï-Lama pose les bases d’une nouvelle éthique séculière, fondatrice d’un siècle pacifique. Les réponses ne viendront pas des religions, mais de l’enracinement des hommes dans une éthique qui surmonte les différences. Ce texte rédigé par un homme modeste qui a marqué notre époque donne du courage tout en présentant les défis à relever. Disponible en format Kindle chez Amazon.fr

Le Tibet est-il chinois?
Anne Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, 2013

Pour la première fois, des chercheurs du monde entier se sont réunis pour donner au lecteur une connaissance aussi exacte que possible du Tibet. La forme interrogative du titre est une invitation à la réflexion, à partir de connaissances rassemblées sans passion et dont la divulgation s'imposait dans les circonstances présentes. Le lecteur pourra enfin juger sur pièces de ce que fut le Tibet, de ce qu'il est devenu et de ce qu'il pourra devenir. Disponible chez Archambault

Tibet: 20 clés pour comprendre
Frédéric Lenoir, Le Point, 2010

Mise en lumière des relations entre Chine et le Tibet : origine du conflit, raison du soulèvement des Tibétains en 1959, 1989 et mars 2008, statut du Tibet, enjeux stratégiques du Tibet pour la Chine, droit de l'homme en Chine, etc.  Disponible chez Renaud Bray

Contes tibétains 
Surya Das, 2011

Les contes sont des moyens artistiques de faire paraître la vérité. Ils nous désarment parce que, même si notre mental établit un parallèle avec notre propre existence, ils semblent concerner quelqu'un d'autre. Et il est toujours plus facile d'entendre parler des bizarreries et des faiblesses d'un autre que d'examiner les siennes. Surya Das nous livre de merveilleux récits, qui, en libérant nos facultés intuitives, nous montreront la voie et nous permettront d'accéder à une perspective plus vaste.

Le Contes des sages du Tibet
Pascal Fauliot, 2006

Les Contes des sages du Tibet nous invite à un voyage initiatique sur le Toit du Monde. S’appuyant sur diverses versions écrites et orales, Pascal Fauliot raconte avec verve, et rend accessible à un public occidental, la sagesse universelle de ces récits qui nous font pénétrer au cœur d’une civilisation originale, des plus mystérieuses et en grand danger de disparition. Au Tibet, le mariage entre le chamanisme ancestral et le bouddhisme tantrique d’origine indienne a enfanté une spiritualité inédite, complexe, subtile, encore trop méconnue d’un large public. Ce livre réunit 26 contes, des leçons de vie qui mettent en scène aussi bien le petit peuple que les grandes figures légendaires. Des récits édifiants qui nous invitent à voir au-delà des apparences et à se libérer de l’illusion du mental, parfois avec beaucoup d’humour.Cet ouvrage est publié dans la collection « Contes des sages... », une collection reconnue pour son élégance et son iconographie précieuse et classique. Un livre de chevet qui portera à la réflexion.

108 sourires
Matthieu Ricard, 2011

La joie est l'émotion de base du bonheur, elle se manifeste par un fort sentiment de satisfaction d'ordre spirituel. Les sourires qui illuminent nos visages trahissent ce sentiment profond de bonheur intense. C'est cette joie simple du quotidien du peuple tibétain que Matthieu Ricard partage avec nous aujourd'hui... Sourires d'enfants, de nonnes, d'ermites, de jeunes ou de moins jeunes, 108 sourires est un véritable rayon de soleil. Sourires et spiritualité bouddhiste s'unissent autour du nombre 108, chiffre sacré par excellence dans tout le monde indo-bouddhiste. Dans son texte d'introduction, Matthieu Ricard décrit la typologie des sourires établie par son ami Paul Ekman, éminent spécialiste des expressions faciales, et donne une résonance scientifique à ce panorama de sourires.

Le rôle du Canada dans le développement économique du Tibet

PAR PETER HADEKEL (Montréal) -  Malgré des taux élevés d'investissements et de dépenses gouvernementales dans la Région autonome du Tibet (RAT), les Tibétains sont de plus en plus marginalisés par le développement dans leur terre natale.

C'est la conclusion d'une nouvelle recherche menée par Andrew Fischer, professeur agrégé en Études du développement à l’International Institute of Social Studies de La Haye. Andrew Fischer a communiqué les résultats de sa recherche au cours de la série de causeries ParlonsTibet présentée pour la première fois à la Foire culturelle tibétaine annuelle de Montréal.

Cet événement, organisé par le Comité Canada Tibet, s'est déroulé les 8 et 9 novembre à l'Église Notre-Dame de la Salette située sur l'avenue du Parc. La série ParlonsTibet réunissait plusieurs conférenciers qui ont traité de divers sujets intéressant les membres de la communauté tibétaine et ses sympathisants.

Andrew Fischer a présenté son nouveau livre Disempowered developpement of Tibet in China: a study in the economics of marginalization. Cet ouvrage, qui constitue une importante réalisation en matière de recherche et d'étude, analyse de vastes quantités de données statistiques provenant de sources officielles chinoises.

Andrew Fischer a dépeint une économie peu efficace dans la Région autonome tibétaine (RAT) qui reçoit un niveau élevé de subventions gouvernementales excédant son Produit intérieur brut. Ce financement, qui est principalement utilisé pour les routes, les chemins de fers et d'autres projets d'infrastructure, ne se traduit pas par des emplois ou une augmentation des revenus pour les Tibétains.

 

Il n'y a pas de politique de recrutement préférentiel de Tibétains, et même les Tibétains instruits ont peu de possibilités de travailler dans le secteur public, où se trouvent les meilleurs emplois, a indiqué Andrew Fischer. En même temps, de nombreux Tibétains délaissent l'agriculture et migrent vers les centres urbains pour chercher du travail, avec peu de succès.

Andrew Fischer a suggéré que les protestions publiques des dernières années au Tibet pourraient avoir autant à faire avec ce manque de débouchés économiques qu'avec la répression culturelle et religieuse.

Certains de ces thèmes ont été repris lorsque Carole Samdup, directrice générale du Comité Canada Tibet, a abordé les efforts déployés pour promouvoir la diligence raisonnable dans le cadre des investissements canadiens en Chine.

Carole Samdup a noté que le Canada a une importante présence au Tibet, de nombreuses entreprises y faisant affaire, notamment dans l'exploration minière.

La plupart de ces entreprises semblent peu conscientes des droits de la personne et des abus environnementaux, et ne comprennent pas bien les préoccupations des Tibétains, a-t-elle indiqué. Il semble y avoir un manque de communication à propos des droits de la personne entre l'ambassade canadienne à Beijing et les entreprises canadiennes qui font affaire au Tibet. Selon Carole Samdup, plusieurs problèmes au Tibet nécessitent une plus grande attention, dont la discrimination au niveau des possibilités de travail, la perte de terres traditionnelles et la réinstallation forcée, l'impact environnemental de l'activité minière, et l'absence de voies de recours pour ceux dont les droits sont violés.

"Le Tibet devrait être une zone d'exclusion pour l'investissement canadien" jusqu'à ce qu'on puisse garantir les droits fondamentaux de la personne et la protection environnementale, a-t-elle ajouté.

L'accord bilatéral récent entre le Canada et la Chine sur la protection des investisseurs n'aidera probablement pas la cause des défenseurs des droits de la personne et de l'environnement. Le traité s’inscrit dans le cadre de plusieurs accords de protection des investisseurs que le Canada a déjà signés ou est en train de négocier avec d'autres pays, a indiqué Denis Côté, coordinateur du Groupe de travail Asie-Pacifique du Conseil canadien pour la coopération internationale.

Denis Côté a présenté une recherche préliminaire sur les répercussions des accords d'investissement sur les droits de la personne, en précisant qu'ils offrent généralement un haut niveau de protection aux entreprises, même quand les droits de la personne ou la protection de l'environnement sont compromis.

De tels accords confèrent des droits aux entreprises mais ne les obligent pas à respecter des normes en ce qui concerne les droits de la personne et la protection environnementale. Ils donnent aux entreprises le droit de poursuivre les gouvernements dans une cour d'arbitrage si elles considèrent que leurs intérêts ont été expropriés ou lésés. Ces procédures ne sont ni publiques ni transparentes, et il n'y a pas de droit d'appel.

Selon Denis Côté, ces accords pourraient avoir un effet paralysant sur les gouvernements. Ceux-ci pourraient hésiter à légiférer dans l'intérêt public, de peur d'être poursuivis par des investisseurs étrangers. Il a conclu que l'accord d'investissement entre le Canada et la Chine fournira probablement un niveau de protection élargie aux entreprises minières canadiennes qui font affaire au Tibet.

Parmi les autres conférenciers de la série ParlonsTibet figurait Kayum Masimov, le président de la Société ouïgoure canadienne. Il a tracé des parallèles étroits entre l'oppression à laquelle font face les minorités ouïgoure et tibétaine en Chine.

La région ouïgoure du Turkestan oriental a été envahie par les Chinois en 1949. Depuis cette date, la proportion de la population d'origine chinoise est passée de 4% à 45%.

De nombreux dirigeants religieux et communautaires ont été arrêtés et emprisonnés. Les écoles religieuses sont interdites, et l'usage de la langue ouïgoure est restreint.

La région a également été un terrain d'essai pour les armes nucléaires pendant plus de 30 ans, avec des conséquences horribles pour la population.  La mort de plus de 750 000 personnes serait due à ce programme d'essais, et les enfants qui naissent dans la région ont encore des problèmes de santé très graves, a indiqué Kayum Masimov.

ParlonsTibet est une série continue d'évènements organisés par le Comité Canada Tibet en vue de stimuler un débat sur les problèmes touchant la vie du peuple tibétain et de faire connaître des aspects de la culture tibétaine susceptibles d'intéresser les Canadiens.

Peter Hadekel est un journaliste montréalais.

 

Lecture d’été

LECTURES D'ÉTÉ

 

Sur la plage ou sur votre balcon, en ville, les deux prochains mois pourraient être l'occasion idéale de profiter de bonnes lectures. Si vous êtes passionnés par le Tibet, vous pourrez trouver la liste ci-dessous très intéressante. Elle comprend des livres de fiction et non-fiction suggérés par notre équipe. Nous espérons que vous les aimerez.  Envoyez-nous vos commentaires/critiques et d'autres suggestions de livres: nous les ajouterons à la liste!  Passez un très aggréable été!

 

Contes tibétains 

Surya Das, 2011

 

Les contes sont des moyens artistiques de faire paraître la vérité. Ils nous désarment parce que, même si notre mental établit un parallèle avec notre propre existence, ils semblent concerner quelqu'un d'autre. Et il est toujours plus facile d'entendre parler des bizarreries et des faiblesses d'un autre que d'examiner les siennes. Surya Das nous livre de merveilleux récits, qui, en libérant nos facultés intuitives, nous montreront la voie et nous permettront d'accéder à une perspective plus vaste.

Le Contes des sages du Tibet

Pascal Fauliot, 2006

 

Les Contes des sages du Tibet nous invite à un voyage initiatique sur le Toit du Monde. S’appuyant sur diverses versions écrites et orales, Pascal Fauliot raconte avec verve, et rend accessible à un public occidental, la sagesse universelle de ces récits qui nous font pénétrer au cœur d’une civilisation originale, des plus mystérieuses et en grand danger de disparition. Au Tibet, le mariage entre le chamanisme ancestral et le bouddhisme tantrique d’origine indienne a enfanté une spiritualité inédite, complexe, subtile, encore trop méconnue d’un large public. Ce livre réunit 26 contes, des leçons de vie qui mettent en scène aussi bien le petit peuple que les grandes figures légendaires. Des récits édifiants qui nous invitent à voir au-delà des apparences et à se libérer de l’illusion du mental, parfois avec beaucoup d’humour.Cet ouvrage est publié dans la collection « Contes des sages... », une collection reconnue pour son élégance et son iconographie précieuse et classique. Un livre de chevet qui portera à la réflexion.

 

108 sourires

Matthieu Ricard, 2011

 

La joie est l'émotion de base du bonheur, elle se manifeste par un fort sentiment de satisfaction d'ordre spirituel. Les sourires qui illuminent nos visages trahissent ce sentiment profond de bonheur intense. C'est cette joie simple du quotidien du peuple tibétain que Matthieu Ricard partage avec nous aujourd'hui... Sourires d'enfants, de nonnes, d'ermites, de jeunes ou de moins jeunes, 108 sourires est un véritable rayon de soleil. Sourires et spiritualité bouddhiste s'unissent autour du nombre 108, chiffre sacré par excellence dans tout le monde indo-bouddhiste. Dans son texte d'introduction, Matthieu Ricard décrit la typologie des sourires établie par son ami Paul Ekman, éminent spécialiste des expressions faciales, et donne une résonance scientifique à ce panorama de sourires.

 

Le Tibet: Le Pays et Les Habitants

Fernand Grenard, 1904

 

Description en anglais - from the online publisher: “This scarce antiquarian book is a facsimile reprint of the original. Due to its age, it may contain imperfections such as marks, notations, marginalia and flawed pages. Because we believe this work is culturally important, we have made it available as part of our commitment for protecting, preserving, and promoting the world's literature in affordable, high quality modern editions that are true to the original work.”  Le livre est disponible en français, online at http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5810064

Le Tibet devrait être une zone interdite aux investissements miniers canadiens

by Carole Samdup

First published in Embassy News

Over the past several years, there has been considerable debate about the activities of Canadian mining companies and their effect on human rights in countries around the world. In fact, the Canadian government is currently reviewing its Corporate Social Responsibility Strategy for the International Extractive Sector and just a couple weeks ago Parliament debated the so-called sunshine bill on financial transparency for mining, oil and gas companies.

With at least 75 per cent of the world’s mining companies based here in Canada, it is fitting that our government assume a leadership role in efforts to better protect human rights in the places where our companies operate.

Unfortunately, however, even the best policy and regulatory frameworks will not be enough to avoid the myriad challenges confronted by people affected by conflict and systemic human rights abuse perpetrated by their own government. Nowhere is this truer than in present-day Tibet where mining is not a development opportunity—it is a resource grab that marginalizes communities and threatens the fragile environment. In such a context, the introduction of “no-go zones” for Canadian investment could provide a brief respite.

Let’s imagine for a moment that Canada is the world leader in promoting human rights in the extractives industry. Let’s imagine that not only does Canada publicly endorse important international standards such as the OECD Guidelines or the UN Guiding Principles on Business and Human Rights, but that it also requires Canadian companies to respect those standards. Let’s imagine that when Canadian companies are implicated in or are complicit in violations of human rights in other countries, our government demands appropriate responses from those companies. Let’s imagine that when those companies fail to make necessary changes to protect human rights, our government’s financial and diplomatic support is suspended until the changes are made. Let’s imagine that if a Canadian company knowingly continues to abuse human rights, victims are able and encouraged to seek remedies through judicial or non-judicial processes here in Canada.

Even if such an idealist (but not impossible to achieve) scenario were actually real today, it would still be impossible for Canadian companies to respect and protect human rights when conducting business inside present-day Tibet. A recent “request for review” submitted by the Canada Tibet Committee to Canada’s National Contact Point for the OECD Guidelines for Multinational Enterprises offers some insight as to why this is true.

First, Tibetans do not participate in the policy decisions affecting their communities. It is not possible to convene open consultations about new projects or their potential effects, free of government interference and control. Any public conversation about human rights, organized by an investor as part of a standard due-diligence package, could be considered as “interference in internal affairs” by state authorities, perhaps threatening promised licensing agreements. In the absence of a credible stakeholder engagement process, there is no way to obtain informed consent.

Second, access to information in Tibet is highly problematic. State records are opaque at best and a prevailing climate of fear in Tibetan areas discourages potential witnesses from documenting or reporting human rights violations. Tibetans living in communities affected by Canadian mining cannot freely express dissent. They cannot send information outside of Tibet via the Internet without risking arrest. They certainly cannot travel to foreign countries such as Canada to offer testimony or share their personal experiences. Any of these acts would result in reprisals not by the company, but by the state itself.

Finally, the days of Western governments influencing China’s human rights behaviour are clearly over. In 2014 the lure of China’s market overrides all other concerns and it is increasingly difficult to engage Canadian companies in a discussion about human rights in Tibet. Even British Prime Minister David Cameron was forced to retract his public support for Tibet after Chinese leaders gave him the cold shoulder. Moreover, a growing percentage of Canadian extractive companies currently in Tibet are closely affiliated to Chinese state-owned companies and have no practical scope or desire to confront government policy or to promote a Canadian CSR strategy. The largest shareholder of Vancouver-based China Gold International Resources, for example, is the state-owned enterprise China National Gold.

In essence, even if Canada were to adopt the world’s best CSR strategy, it would not have any effect in Tibet. For CSR strategies to work, an enabling environment in the host country is required. In its absence, a no-go zone designation is the logical response in order to avoid complicity with the legacy of current and past abuse. A no-go zone designation would impose a moratorium on the provision of diplomatic and trade services, credit and loan insurance, and other benefits (including potentially, those provided by bilateral investment treaties).

In the work of defending human rights in Tibet, we are often told not to expect much in the way of government support. China is too big and Tibet is not sufficiently strategic to Canada’s interests to merit confrontation with the economic powerhouse. And yet, no less than 125 Tibetans have self-immolated since 2009 in a stirring appeal for help from the international community. If it is not possible to proactively promote human rights via the application of a CSR strategy, at the very least Canada should adopt a do-no-harm policy and take the appropriate steps to discourage Canadian mining investment in Tibet until a happier time in its history.

Carole Samdup is the executive director of the Canada Tibet Committee. It promotes human rights and democratic freedom in Tibet. The CTC’s submission to the National Contact Point is found here.

http://www.embassynews.ca/opinion/2014/02/12/tibet-should-be-no-go-zone-for-canadian-mining-investment/45139

La lumière de l’espoir brille a la foire culturelle tibétaine de Montréal

Peter Hadekel

Pendant une fin de semaine froide à la fin de l’automne, le Comité Canada Tibet a tenu sa 25e foire culturelle annuelle dans la salle paroissiale de l’Eglise Santa Cruz à Montréal.

Malgré le froid à l’extérieur, l’ambiance au bazar était chaleureuse et accueillante, alors que des marchands vendaient de l’artisanat, des textiles, des bijoux, des vêtements tibétains, ainsi que des articles bouddhistes, pendant que des artistes interprétaient des chansons et des danses tibétaines sur scène.

C’était non seulement l'occasion d’acheter des cadeaux pour la période des fêtes, mais aussi de soutenir le peuple Tibétain dans leur longue lutte contre l’oppression chinoise.

C’était également une occasion de rencontrer les marchands qui se trouvaient sur place, dont tous avaient une histoire à raconter à propos de la marchandise et du voyage qui les a amené ici.

Tenzin Choegyal, de Toronto, était typique des marchands à la foire. Il y assiste depuis huit ans, et il souligne l’importance de cet événement, non seulement pour lui, mais pour l’ensemble de la communauté.

“Une fin de semaine comme celle-ci est très importante pour mon commerce. Je vends de l’artisanat, and j’ai un petit magasin à Toronto. Toute la marchandise est faite par des réfugiés Tibétains au Népal et en Inde, mais c’est difficile de survivre à cause des marchandises chinoises qui entrent au pays.”

Ses parents sont nés dans l’est du Tibet et se sont enfuis en Inde, où il est né. A l’âge de 21 ans, il est arrivé en Amérique du Nord. Il est arrivé d’abord à New York, et s'est établi ensuite à Toronto.

“Cet événement est très important puisqu’il permet à la communauté de prendre conscience du Tibet,” dit-il avec fierté.

A côté de lui se trouvait un jeune marchand qui ne voulait pas donner son nom parce que ses parents sont encore au Tibet, où la répression chinoise devient de plus en plus sévère.

Son père a été emprisonné par les Chinois à Lhasa à l’âge de 16 ans. “Mon père était en prison pendant 10 ans. Plus tard, ma mère est allée à Lhasa, et ils se sont rencontrés. Je suis né là-bas, et à l’âge de 12 ans je me suis enfoui par le Népal jusqu’en Inde.”

Il évoque les difficultés de ce voyage au cours duquel il fallait traverser les cols himalayens pendant 27 jours. Au milieu du voyage, le groupe a commencé à manquer de nourriture. Et lorsqu’ils se sont approchés de la frontière du Népal, ils courraient constamment le risque que des soldats ou des policiers les voient et les dénoncent aux forces de sécurité chinoises.

“C’était la première fois de ma vie que je n'avais rien à manger, mais dans mon groupe tout le monde a survécu, bien que beaucoup de personnes ont eu des engelures.”

Il est arrivé au Canada en 2007, et est déménagé à Toronto, où il a ouvert un magasin d’artisanat. Mais la communication avec sa famille au Tibet est difficile. Parfois quand il essaie d’appeler au Tibet, la communication ne peut être établi ou il entend le son de quelqu’un qui d’autre qui parle sur la ligne, ce qui fait qu’ils ne peuvent jamais parler de politique. “On ne peut pas mentionner le nom du Dalaï Lama. Ils ont peur. On sent que c’est difficile de parler.”

Phurbu Risnewa, qui vend des chemises tibétaines, de l’encens, des drapeaux de prière, des châles et des bijoux, a poursuivi un autre chemin vers le Canada. Il est né au Tibet et s’est évadé avec sa famille à travers le Bhutan quand il avait 11 ans. Son père avait une vie difficile et a travaillé avec des équipes de construction routière en Inde. Finalement, ils se sont établis près de Dharamsala, où pendant les années soixante le jeune Phurbu a étudié la musique traditionnelle tibétaine à TIPA, le Tibetan Institute of Performing Arts. Il a maîtrisé plusieurs instruments, et plus tard on l’a invité à jouer à travers le monde, notamment en Europe et en Amérique du Nord.

Après une trentaine d’années à Dharamsala, “le Comité Canada Tibet m’a invité à venir au Canada en 1989 pour enseigner la musique et la danse tibétaine, et je suis resté ici. J’ai trouvé un petit emploi, et j’ai fait un peu d’argent afin de pouvoir faire venir ma famille.”

Il continue à visiter régulièrement l’Inde pour acheter les articles qu’il vend. Il trouve que des événements comme celui-ci jouent un rôle important dans le renforcement de la culture tibétaine qui subit des menaces constantes.

Cette culture est reflétée dans la belle papeterie du marchand Phurbu Tsering, qui est né au Népal de parents Tibétains. "Nous nous spécialisons dans le papier himalayen écologique fait à la main, ainsi que dans les cartes de voeux, les cartes de drapeaux de prière, les cahiers de différentes dimensions et le papier en feuilles," dit-il. "Tous nos produits ont un design tibétain."

Il y a également des articles pour la méditation, tels que les bols chantants et des chapelets de bois de santal et de palissandre. "Nous devons vérifier soigneusement les sources de nos produits à cause de toutes les marchandises chinoises." Il retourne au Népal aux deux ans environ pour visiter sa famille et pour acheter des produits authentiques.

Il explique que le papier, qui vient de l'arbre lokta, s'appelle aussi du papier népalais, parce que l'arbre pousse au Népal. "Lorsque l'arbre mesure de quatre à six pieds, on enlève l'écorce de l'arbre. On la fait cuire et on la lave. Cela prend beaucoup de temps. Ensuite, on la filtre à l'aide d'une passoire, et on la sèche.

"Plus tard, dans cinq à six ans, l'arbre se régénère. Ce papier figure dans notre histoire. Nos livres de prière les plus anciennes sont faits de ce type de papier. Une des plus grandes bibliothèques au Tibet, qui n'a pas encore été détruite par les Chinois, a une presse, et ils ont utilisé beaucoup de ce genre de papier. C'est durable parce que les insectes ne le mangent pas. "

Emma Inns, une marchande d'Ottawa, n'est pas Tibétaine, mais le Tibet lui tient à cœur. Elle est propriétaire d'une boutique qui vend des vêtements, des bijoux et des accessoires équitables fabriqués au Canada--un commerce inspiré de son désir d'éviter de vendre des produits chinois. Elle vend également des marchandises qui viennent directement du Tibet.

"J'ai vécu au Tibet en tant que guide touristique de 2003 à 2007. J'ai travaillé pour une compagnie australienne. Nous allions dans les communautés pour vérifier si les gens voulait du tourisme et pour trouver une façon d'amener des touristes pour en apprendre plus sur la culture, l'environnement naturel et leurs vies, sans avoir un impact négatif sur les communautés."

Elle est restée ave des familles nomades, en faisant du camping dans leurs tentes, et elle les a aidé avec leurs troupeaux de yaks. Peu à peu, elle a commencé ses propres programmes de microcrédit pour aider les femmes à sortir de la pauvreté. Elle a acheté une machine à coudre et a demandé aux femmes des communautés de nomades si elles voulaient apprendre à coudre.

"Six femmes se sont présentées en réponse à cette invitation, et nous avons fait un cours de couture. Nous avons fait un chemin de table, et tout était financé par un prêt. Le mois suivant j'ai amené un groupe de touristes, et je leur ai demandé, 'Qui voudrait acheter ceci?' Nous avons fait assez d'argent pour acheter le matériel pour faire deux autres chemins de table. Le projet a continué à grandir, et nous avons maintenant 120 travailleuses dans trois villages d'Amdo." Elle travaille aussi avec une grande coopérative à Lhasa qui est tibétaine à 100%, et elle achète de l'artisanat de diverses personnes dans la Région autonome du Tibet.

Ces projets ont amélioré la qualité de vie des artisans, mais ils ont dû apprendre à gérer l'afflux d'argent. "Quand je restais dans les prairies tibétaines, j'ai vu un yak qui transportait une énorme télé sur son dos, et j'ai pensé 'ah, non, j'ai fait une erreur'. Alors, nous sommes retournés dans les communautés, et j'ai fait de l'éducation sur des façons durables de dépenser cet argent et de l'éducation sur les animaux, le bétail, et les enjeux environnementaux. Alors, nous avons tout révisé, et maintenant ça va très bien."

Emma travaille avec une amie de l'Australie; ensemble elles utilisent des profits de la vente de marchandises tibétaines pour aider à financer des chirurgies essentielles pour des enfants Tibétains. "J'ai des photos d'enfants qui ont des malformations vertébrales importantes. Cela coûte 300$, c'est une chirurgie très simple, qui leur donne un nouveau départ dans la vie. Mon amie fait la même chose que moi en Australie. Cette année elle a ramassé suffisamment d'argent pour faire opérer trois enfants."

Pour Nyima D. Lhatritsang, le chef nouvellement élu de la communauté tibétaine à Montréal, le bazar est un moment de fierté pour la communauté. Tout en vendant des châles pashmina, des tuques en coton, et des articles décoratifs, tels que des masques et des signes de bon augure, il a réfléchi à l'importance de la foire.

"C'est un événement important, non seulement pour les marchands, mais aussi pour tout le peuple Tibétain au Canada. C'est une très bonne occasion pour partager notre expérience et notre culture avec des Canadiens--une occasion qui se produit une fois par année. Pour les vendeurs c'est aussi une occasion d'étaler leurs produits et de connaître plus de clients. Ils peuvent partager leurs expériences et connaître plus de gens."

La situation des droits de la personne est en train de se détériorer au Tibet, mais aux événements comme celui-ci, la lumière de l'espoir continue à briller pour les membres de la communauté Tibétaine et leurs alliés.

Ed Fast se rend en Chine

by Carole Samdup

As the number of self-immolation protests continues to rise in Tibet, this week reaching a heart-breaking 115, China has responded by launching a police crackdown, increasing electronic surveillance, and interrupting the flow of information between Tibetans and monitoring groups in India and elsewhere. Their actions come as no surprise to anyone.

What did come as a surprise was an announcement by the Government of Canada that Trade Minister Ed Fast is headed to China this week to promote Canadian exports of sophisticated information and communications technology – the very same technology that enables the security apparatus of a single-party state to identify and arrest human rights defenders, pro-democracy campaigners, trade union organizers and political dissidents.

While not weaponry in the conventional sense, advanced information and communications technology is derived from, or mirrors, military and police “command and control” communications systems technology. These systems include a wide range of components, sub-systems, products and software required for monitoring and controlling telephone and Internet communication, collecting and storing data, and analysing intelligence. While they certainly do have legitimate civilian and security objectives, they can also be the instruments of human rights violations in countries without the democratic checks and balances we take for granted here in Canada. China is one of those countries.

This is not an argument against trade with China. But it is a reminder that international trade does not operate in a silo. The Government of Canada has an obligation to ensure that it does not unwittingly undermine human rights when it conducts business abroad. Minister Fast’s own Department of Foreign Affairs and International Trade oversees export control regulations that prohibit the export of goods “…used to commit human rights violations”. Compliance with such regulations should require demonstrated efforts to conduct due diligence before the transfer of sensitive technology, not after evidence of abuse is reported.

Already, there are plenty of concrete examples to illustrate how information and communications technology has been used to undermine rather than promote human rights in Tibet. In a 2009 University of Toronto study entitled Tracking GhostNet, it was revealed that electronic surveillance originating from China had infiltrated the communications systems of several western governments (including Canada) as well as the exiled Tibetan government, based in India. The report linked the subsequent detention of a Tibetan rights activist at the Nepal-Tibet border to the intrusion.

Last year, as the number of self-immolation protests in Tibet skyrocketed, Chinese authorities seized hundreds of satellite dishes and receivers in eastern Tibet, destroyed them and replaced them with smaller versions that receive only state-controlled programs. Some Tibetans have since voiced concerns that the new equipment is equipped with cameras and recording devices to provide authorities with real-time surveillance.

Only last month, researchers reported that Tibetan activists had been targeted by a form of Android malware that was able to record their contacts, call logs, SMS messages, geo-location, and phone data. And at the same time, Human Rights Watch issued a lengthy report describing China’s plan for a new “security grid” in Tibet that “significantly increases surveillance and monitoring, particularly of “special groups” in the region – former prisoners and those who have returned from the exile community in India, among others”. The new grid is expected to include advanced controls over the use of cell phones, the Internet, and micro-blogs often used to send information to monitoring organizations outside of Tibet.

While there is no evidence that Canadian technology played a part in any of these examples, it is impossible to say that it did not, particularly without any monitoring or evaluation processes in place. More importantly, the examples raise a reasonable expectation that future exports of information and communications technology to China might contribute to future violations of the human rights to free expression, to privacy, and to security of the person in restive Tibet.

Even if Canada has little power to influence Chinese policy in Tibet, at the minimum it should adopt a “do no harm” approach when establishing sector priorities for Canadian exports. We cannot argue that we didn’t know.

Carole Samdup is the Executive Director of the Canada Tibet Committee. She can be reached at ctcoffice@tibet.ca.