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"We Tibetans are looking for a legitimate and meaningful autonomy, an arrangement that would enable Tibetans to live within the framework of the People’s Republic of China."

Sa Sainteté le Dalaï Lama sur les relations sino-tibétaines et la convocation à une réunion spéciale au mois de novembre 2008.

November 3, 2008

Bureau du Tibet, Paris.
31 octobre 2008

Un extrait de son discours pendant le 48ème anniversaire du village
des enfants tibétains le 25 octobre 2008

Récemment le Tibet a été témoin d'une crise. Dans les trois provinces
traditionnelles du Tibet, le peuple tibétain a courageusement exprimé
son mécontentement et manifesté son ressentiment vis-à-vis du
gouvernement chinois. La contestation n'était pas seulement le fait
de la communauté des moines et des nonnes; elle incluait des croyants
et des non-croyants de tous âges, y compris des membres du parti, des
étudiants et même des étudiants tibétains étudiant en Chine même.
Réellement, à ce moment-là il n'y avait pas moyen pour le
gouvernement chinois d'ignorer ce fait et il aurait dû prendre des
mesures appropriées à ce qu'il se passait sur le terrain. Quoi qu'il
en soit, il ne le fit pas. En ignorant complètement les aspirations
tibétaines, il s'avança et sévit contre les protestants tibétains,
les appelant de noms divers tels que "séparatistes" et "rebelles politiques".

En ce moment critique où la grande majorité de nos frères et soeurs
au Tibet ont fait de tels sacrifices, il ne conviendrait pas pour
nous vivant dans le monde libre de rester silencieux et inactifs
comme si nous étions indifférents à ce qui se passe dans notre pays.

Jusqu'à maintenant nous avons adopté une position qui est basée sur
un effort pour bénéficier aux deux parties concernées. Ainsi, elle a
gagné l'appréciation de plusieurs pays dans le monde, y compris
l'Inde. Au sein des intellectuels chinois, en particulier, il y a un
soutien grandissant pour cette approche. Ce sont en effet des
victoires pour nous. Apporter un changement positif au Tibet n'est
pas juste notre devoir fondamental; c'est aussi notre objectif
ultime. La triste réalité, quoi qu'il en soit, est que nous n'avons
pas été capable d'accomplir cet objectif. C'est pourquoi quand j'ai
fait ma première déclaration au Parlement européen à Strasbourg en
1988, j'ai catégoriquement mentionné que la décision ultime en ce qui
concerne le problème du Tibet serait prise par le peuple tibétain.

En 1993, le contact direct entre le gouvernement chinois et nous prit
fin. A nouveau nous avons consulté le peuple tibétain sur la
meilleure voie à suivre pour le futur. Il a été décidé alors de
continuer de suivre la même position qu'auparavant.

La cause du Tibet concerne le bien-être du peuple tibétain tout
entier. Ce n'est pas du tout un problème à propos de ma personne.
C'est pourquoi le peuple tibétain devrait réfléchir collectivement au
bien général du Tibet et agir en conséquence. Vu d'un autre angle,
nous avons depuis le début suivi une voie authentique de démocratie.
De notre coté, nous ne prêchons pas la démocratie pour pratiquer
l'autocratie. Donc, à cet instant critique, quelles que soient les
suggestions, les vues et les opinions du peuple tibétain, elles
devraient être discutées en profondeur. Cela devrait être fait d'une
manière qui permette le meilleur chemin pour la réalisation de notre
cause fondamentale, plutôt que pour la glorification d'idéologies et
de politiques des partis politiques respectifs ou pour la simple
articulation de différents points de vue politiques.

Tout le peuple tibétain-qu'il soit laïque ou dans les ordres- doit
travailler à la survie de notre identité nationale. D'une manière
générale, la survie de l'identité nationale tibétaine est très
différente de celle de n'importe quelle nation ou peuple de cette
planète. Si l'identité nationale tibétaine est bien maintenue, son
système de valeurs-basées sur les principes bouddhistes de tolérance
et de compassion- a la qualité innée d'être bénéfique pour le monde
entier. C'est pourquoi, notre combat pour la vérité n'est pas
seulement lié au bien-être de six millions de Tibétains, il est
également étroitement lié à notre capacité d'apporter un certain
bien-être au monde entier. Notre combat pour la vérité a ainsi une
raison sous-jacente. Si dans le futur le combat tibétain pour la
vérité est amicalement et proprement résolu, cela aidera certainement
des millions de gens, y compris en Chine, à découvrir de nouvelles
voies pour mener une vie plus saine et avec plus de sens, permettant
un bonheur à la fois mental et physique.

D'autre part, si le Tibet devait devenir une société qui poursuit
uniquement le bénéfice matériel-du fait de la complète oblitération
de la religion et de la culture tibétaine, dont la base est la
compassion, par la Chine- cela conduirait le peuple chinois à sa
ruine au lieu de lui être bénéfique. C'est pourquoi notre combat est
en réalité bénéfique à tous. Réalisant cela, nous devrions réfléchir
et discuter des voies et des moyens à notre disposition. Je vous
demande à tous de le faire, parce que c'est un problème qui concerne
le bien-être de nous tous Tibétains.

Le gouvernement chinois m'a accusé d'avoir incité les récents
troubles au Tibet. Tout en faisant des remontrances directes au
gouvernement chinois, j'ai publiquement demandé que Beijing apporte
une explication détaillée à ce sujet. Dans ces remontrances et ces
appels, j'ai dit qu'ils pouvaient envoyer des équipes d'investigation
à Dharamsala pour vérifier les fichiers de nos départements et
bureaux. J'ai également dit qu'ils pouvaient examiner les
enregistrements de mes discours ou les déclarations aux nouveaux
arrivants venant du Tibet. Pas d'équipes d'investigation jusqu'à
présent. Mais le Chine continue de me critiquer férocement.

En prenant ces événements en compte, il apparaît que ma résolution de
continuer à tenir cette position créé des obstacles au problème du
Tibet, plutôt que d'aider à le résoudre. C'est pourquoi le problème
du bien général du Tibet serait mieux pris en charge par le peuple
tibétain. Je n'ai nul besoin d'interférer dans cette affaire.

Le 11 septembre dernier, j'ai décidé que je ne pouvais pas porter
cette responsabilité plus longtemps. Je ne vois pas d'avantages à ce
que je continue de porter cette responsabilité. Quoi qu'il en soit,
si les dirigeants chinois s'engagent honnêtement dans des
discussions, alors je pourrais être en position de prendre cette
responsabilité à nouveau. Je discuterais alors sincèrement avec eux.
C'est très difficile de négocier avec des gens qui ne sont pas
sincères. Donc je dis très candidement aux représentants des médias:
j'ai foi et confiance envers le peuple chinois, mais ma foi et ma
confiance envers le gouvernement chinois vont diminuant.

J'ai appelé les élus tibétains à discuter ces points lors d'une
réunion spéciale. Je sens que ce sujet ne peut être résolu en une
seule fois par la tenue d'une telle réunion. Le point principal, quoi
qu'il en soit, est que tout le monde doit prendre ses
responsabilités, doit s'impliquer et doit proposer les voies et les
moyens, y compris les actions pratiques à prendre, pour la
réalisation de notre but cher à nos coeurs. En d'autres termes, tous
les Tibétains devraient travailler ensemble dans un esprit de
responsabilité collective pour discuter de ce sujet, en prenant en
pleine considération le bénéfice pour le peuple tibétain à court et
long terme. Quoi qu'il en soit, la décision finale ou présente doit
être faite par le peuple tibétain.

Traduction : Alexis Rouvière pour le Bureau du Tibet, Paris.
CTC National Office 1425 René-Lévesque Blvd West, 3rd Floor, Montréal, Québec, Canada, H3G 1T7
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
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