Droits de la personne
Depuis l’invasion chinoise de 1950, le Tibet a souffert sous le règne de la Chine communiste, y perdant ses droits et libertés et voyant le massacre de milliers de ses citoyens. En mars 1959, un soulèvement contre l’occupation chinoise est anéanti et le dalaï-lama, chef spirituel et chef d’État du Tibet, se voit obligé de s’exiler en Inde suivit de 80 000 Tibétains. Lors des vingt-cinq premières années de l’occupation, des centaines de milliers de Tibétains se font massacrer lors de confrontations militaires, ils meurent dans des camps de concentration, ils se joignent au peloton d’exécution ou ils périssent tout simplement de famine. Environ 6000 sites religieux sont détruits et les institutions politiques, sociales et culturelles du Tibet sont morcelées.
Mémoire, septembre 2001
Reproduit avec la permission du International Campaign for Tibet
Aujourd’hui, c’est la venue de colons chinois qui représente la plus grande menace à l’identité tibétaine. Ce flux migratoire est la conséquence du transfert direct de résidents chinois par leur gouvernement, de la relocalisation encouragée par le gouvernement et de la migration spontanée bénéficiant d’un appui gouvernemental indirect. Ce flux migratoire, qui puise ses racines dans les anciennes politiques communistes, assimile le Tibet et les Tibétains à la Chine à une vitesse jamais vue lors des décennies antérieures. L’assimilation se fait à une telle vitesse qu’elle submerge l’identité distincte des Tibétains et leur ancienne civilisation; l’existence du Tibet même est en danger.
En octobre 1950, lorsque l’ALP envahit le Tibet, il n’y avait qu’un nombre limité de Chinois vivant dans ce que l’on nomme de nos jours la RAT. L’est du Tibet, maintenant sous la juridiction des provinces Sichuan et Yunnan, accueillait une petite population de commerçants chinois. Le nord-est du Tibet, maintenant sous la juridiction des provinces Qinghai et Gansu, renfermait une population chinoise importante qui était concentrée dans le coin nord-ouest de la province.
Tendances actuelles
Au début des années 90, Beijing implante un projet de développement d’envergure visant l’administration et les infrastructures du Tibet pour faciliter une migration chinoise massive. Aujourd’hui, le développement économique continue de transférer des scientifiques, des enseignants et des étudiants, provenant des écoles professionnelles, vers le Tibet. Dans l’est du Tibet, le flux migratoire chinois s’est traduit en une appropriation de la terre tibétaine pour l’agriculture. Les stratégies actuelles de croissance et de développement économiques favorisent un déploiement de colons chinois. Les travailleurs tibétains sont laissés de côté en faveur des travailleurs chinois, contribuant ainsi à l’accroissement du chômage et de la pauvreté parmi les Tibétains. Les grands chantiers hydroélectriques, minéraux et d’irrigation sont au coeur du flux migratoire massif de travailleurs chinois.
Les visas et les contrôles qui limitaient les déplacements à l’intérieur de la République populaire de Chine, notamment sur les autoroutes interprovinciales, ont été éliminés. À l’inverse des Chinois qui voient les règles de voyages s’assouplir, ce sont les Tibétains qui écopent de nouveaux contrôles et autres obstacles lorsqu’ils tentent de se déplacer à l’intérieur du Tibet. De plus, le gouvernement chinois diminue les règles afin d’encourager l’entreprise privée au Tibet et offre des programmes de prêts aux colons. Des dizaines de milliers de petits entrepreneurs et commerçants envahissent le Tibet des provinces intérieures dans le seul but de profiter de cette privatisation économique. Les migrants chinois, qui régissent les échanges commerciaux dans les centres urbains tel que Lhassa, y établissent leurs marchés, leurs magasins de vêtements, leurs hôtels, leurs restaurants, leurs discothèques, leurs bars karaoké ainsi que leurs bordels. L’ouverture de lignes ferroviaires faisant le lien entre la Chine et le Tibet accélère nécessairement ce processus migratoire des Chinois vers le Tibet.
Les politiques du gouvernement chinois
Le flux migratoire des Chinois vers le Tibet implique la participation active du gouvernement chinois. Les autorités siégeant à Beijing offrent une panoplie de programmes de soutien visant à encourager cette migration massive et facilitant la colonisation du Tibet. Ces programmes incitatifs sont de nature économique : une meilleure rémunération, un régime de retraite amélioré, des impôts peu élevés et de faibles coûts de propriété, une garantie d’emploi pour les membres de la famille, des promotions rapides ainsi qu’une allocation pour situations difficiles. Un Chinois gagne 87% de plus en salaire annuel en travaillant au Tibet plutôt que dans les provinces chinoises. Un meilleur logement et des congés plus généreux figurent parmi les autres programmes sociaux. Les Tibétains ne reçoivent pas les mêmes avantages que leurs vis-à-vis Chinois. Ils sont ainsi marginalisés économiquement, politiquement et socialement dans la société contemporaine tibétaine.
Le Parti recrute régulièrement parmi une main-d’œuvre chinoise qualifiée pour combler ses postes de cadres, de techniciens et de scientifiques et puise dans son bassin de main-d’œuvre ouvrière pour remplir ses chantiers de construction, ses usines et ses chantiers routiers. Les Tibétains ont exprimé leurs préoccupations face à cette politique du gouvernement chinois de réduire les opportunités économiques pour les travailleurs tibétains. Les Tibétains croient que le gouvernement chinois préfère embaucher des immigrants chinois et qu’il délaisse l’éducation et la formation de la main-d’œuvre tibétaine car celle-ci pourrait se transformer en compétition pour les Chinois.
Le gouvernement chinois nie constamment ces allégations comme quoi il pratiquerait une politique migratoire vers le Tibet. Entre temps, les Tibétains occupent une position minoritaire dans cinq des dix régions autonomes. La province Qinghai qui doit en théorie être composée de zones autonomes tibétaines à 98,5% ne compte désormais que 20% de Tibétains.
Les sources d’informations officielles sous-estiment la présence chinoise au Tibet. Les autorités chinoises maintiennent que la population totale de Chinois dans la RAT n’est que de 80 837 (soit 3,7% de la population totale) sur une population tibétaine de 2,196 millions. Ces mêmes autorités estiment à 4,34 millions de personnes la population totale de Tibétains dans toutes les régions autonomes tibétaines. Ils estiment la population non-tibétaine dans ces mêmes zones à 1,5 million. Toutefois, des sources d’informations plus fiables chiffrent de 250 000 à 300 000 le nombre de Chinois vivant dans la RAT et le nombre total de Chinois dans les régions autonomes tibétaines entre 2,5 et 3 millions.
Les sources d’informations officielles n’arrivent pas à enregistrer la population chinoise flottante au Tibet. La population flottante inclut ceux qui maintiennent leur domicile dans une province chinoise et ceux qui sont au Tibet depuis moins d’un an. Cette population inclut également un nombre important de colons qui migrent vers le Tibet volontairement mais sans s’enregistrer officiellement. Ces colons bénéficient souvent d’un traitement préférentiel pour l’attribution des emplois et ils peuvent facilement établir des magasins ou des restaurants privés. Les statistiques officielles n’incluent pas non plus la présence militaire au Tibet dans le décompte de la population chinoise. Un document du Parti daté de 1990 estimait à 50 000 le personnel militaire dans la RAT. D’autres sources estiment que ce chiffre se situe entre 100 000 et 200 000.
Les accords internationaux protégeant les droits de la personne :
La protection des minorités chinoises et autres droits acquis
La Chine a fait ses premiers pas vers l’intégration des droits de la personne en ratifiant cinq des sept accords internationaux qui protègent les droits de la personne. En ratifiant ces accords, la Chine s’est engagée à reconnaître les droits des minorités selon ces trois principes de base: (1) le droit à l’égalité et la non-discrimination, (2) le droit de préserver une identité distincte, (3) la participation active d’un groupe minoritaire dans la prise de décisions qui pourrait l’affecter directement. Le gouvernement chinois n’a pas encore appliqué ces droits concrètement. De nombreuses recommandations et plaintes ont été signalées auprès des instances des Nations Unies qui surveillent l’adhérence des pays aux accords internationaux.
Rapport de la Commission internationale de juristes
Extrait d’un rapport d’experts de la Commission internationale de juristes publié en décembre 1997
Tibet: les droits de la personne et la primauté du droit
Menaces à l’identité et la culture tibétaines
En 1959, l’Assemblée générale des Nations unies demande que « les droits humains fondamentaux du peuple tibétain soient respectés ainsi que leur culture distincte et leur vie spirituelle. » En 1961 et 1965, l’Assemblée dénonce « la répression de la culture distincte et la vie spirituelle » du peuple tibétain. En 1991, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités, de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, est « inquiète des rapports constants de violations des droits et libertés fondamentaux de la personne qui menacent la culture, la religion et l’identité nationale distinctes du peuple tibétain. » Aujourd’hui, certaines politiques chinoises continuent toujours d’effriter ou de menacer les éléments qui rendent uniques l’identité et la culture tibétaines.
L’héritage culturel du Tibet
Une composante-clé de la culture unique du Tibet a été fragilisée lorsque les Chinois ont procédé à la destruction du système monastique peu de temps après leur invasion. La Révolution culturelle continua le processus déjà entamé avec la destruction physique des lieux religieux et une attaque envers l’identité culturelle tibétaine et envers les Tibétains eux-mêmes. Vers la fin, l’intégrité physique de la culture tibétaine était dépouillée et seuls quelques-uns des milliers de monastères tibétains purent survivre. Depuis 1979, le gouvernement chinois permet une certaine liberté culturelle au Tibet et plusieurs monastères ont été partiellement reconstruits, mais les activités culturelles restent très limitées et toute forme de nationalisme en est exclue. La modernisation chinoise depuis 1979 a détruit ce qui restait de la tradition architecturale séculaire du Tibet dans les zones urbaines. À Lhassa, plusieurs maisons tibétaines ont été détruites et des quartiers entiers ont été rasés.
Les langues
Étant donné la prépondérance de la langue chinoise dans l’éducation, le commerce et l’administration et face à la modernisation, les Tibétains se doivent de maîtriser le chinois alors que leur propre langue se voit marginalisée. Pratiquement toutes les classes aux niveaux secondaire et post-secondaire dans la RAT, incluant des classes sur l’art tibétain, sont enseignées en chinois. Suivant une décision du Parti communiste qui a fait le lien entre la langue tibétaine et les sentiments de nationalisme, toutes les écoles expérimentales donnant des classes en tibétain ont été fermées dans la RAT et le tibétain a été de nouveau déclassé dans le système scolaire en général.
Les droits individuels
Le rôle du système judiciaire
Un des premiers objectifs énoncés du système judiciaire de la RAT est la répression de l’opposition tibétaine face à la domination chinoise. L’aile judiciaire du Parti communiste est responsable de la compilation des cas d’abus des droits de la personne pour tout le pays mais, au Tibet, le constat est particulièrement inquiétant car la Chine y mène une rude campagne contre le nationalisme tibétain. La récente campagne anti-crime « Force de frappe » utilise le système judiciaire pour contrer le séparatisme. Plusieurs Tibétains, particulièrement les prisonniers politiques, ont été privés des protections de base quant à l’équité procédurale.
Le droit à l’éducation
En éducation, le gouvernement chinois a fait beaucoup de progrès en fournissant des cours obligatoires aux enfants tibétains au niveau primaire. Toutefois, dans le système d’éducation au Tibet, les enfants tibétains accusent un désavantage structurel par rapport aux enfants chinois. L’exclusivité du chinois comme langue d’enseignement dans les écoles secondaires de premier et deuxième cycles dans la RAT, le faible taux d’inscription, le taux élevé de décrochage chez les Tibétains, la piètre qualité des enseignants et des établissements scolaires réservés aux Tibétains ainsi qu’un taux d’analphabétisme qui est trois fois plus élevé dans la RAT que la moyenne nationale, sont tous des exemples qui révèlent la nature discriminatoire du système. Plutôt que d’insuffler un sentiment d’appartenance aux enfants tibétains vis-à-vis leur identité culturelle, leur langue et leurs valeurs, le système d’éducation chinois vise à cultiver un sentiment d’infériorité chez les Tibétains par rapport aux valeurs et à la culture dominantes des Chinois.
Le droit au logement
La destruction de quartiers tibétains, l’expulsion forcée de Tibétains et la démolition de leurs maisons ainsi que le favoritisme dans l’allocation de nouveaux logements dont bénéficient les Chinois, révèlent une discrimination systématique qui joue contre les Tibétains dans le domaine du logement.
Depuis 2000, le gouvernement chinois déplace les bergers Tibétains par la force, du plateau tibétain jusqu’aux centres urbains et sur des fermes détruisant par le fait même leur gagne-pain, leur mode de vie et leur refusant tout accès à la justice pour revendiquer leurs droits violés. (Human Rights Watch Report, 11 juin 2007)
Le droit à la santé
En comparant toutes les régions de la République populaire de Chine, l’état actuel de la santé et du système de santé au Tibet ne fait pas bonne figure. Un pourcentage élevé des Tibétains souffrent de malnutrition (surtout les enfants), de la maladie rare des os Kashin-Beck et de l’hépatite B. Les taux de cataracte causant la cécité et les taux de tuberculose pourraient être les plus élevés au monde. Le taux de mortalité chez les enfants et les nouveaux-nés sont les plus élevés en Chine alors que l’espérance de vie est la plus basse au pays. La mauvaise santé des Tibétains est attribuable à un système de santé déficient, à un système d’éducation qui les marginalise et à un système économique qui les excluent.
La détention arbitraire
Les Tibétains continuent d'être détenus sans que des accusations soient portées contre eux ou qu'ils soient condamnés. Ils sont détenus ainsi simplement pour leurs revendications pacifiques visant l'indépendance du Tibet ou encore pour leur communication avec le dalaï-lama.Le Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies a critiqué la Chine pour son utilisation d'une définition très large de crimes « contre-révolutionnaires ». Le Groupe a exigé, sans succès, que la Chine relâche une douzaine de prisonniers Tibétains car cet emprisonnement transgresse les normes internationales de liberté d'expression et de liberté de religion. La plupart des prisonniers politiques tibétains ont été arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement, pour avoir écrit ou distribué des dépliants ou pour avoir communiqué avec des étrangers ou le Gouvernement du Tibet en exil ou encore pour avoir du matériel indépendantiste en leur possession. D'un quart à un tiers des prisonniers politiques sont des Sœurs. En 1997, la Chine remplace le terme « contre-révolutionnaire » par la notion, toute aussi ambigüe, de « crimes contre la sécurité d'État », ajoutant un article qui cible tout particulièrement les actes visant « la séparation de la nation ».
Torture
La plupart du temps ce sont la torture ou un traitement abusif qui attendent les détenus au Tibet. L'utilisation d'un aiguillon sur les prisonniers politiques semble être une pratique courante. La torture ou l'abus ont lieu lors de l'arrestation au commissariat, lors du transport des prisonniers aux centres de détention, dans les centres de détentions et dans les prisons. Parmi les méthodes de torture utilisées, les prisonniers se font battre avec des chaînes, des bâtons cloués et des barres d'acier; ils se font électrocuter la bouche et les parties génitales avec des aiguillons, ils se font pendre les bras derrière le dos, ils se font asperger ou exposer à l'eau et des températures froides. Les femmes, particulièrement les Sœurs, reçoivent les traitements les plus sévères incluant le viol par aiguillon et autres abus sexuels.
Exécutions arbitraires et extrajudiciaires
Aucune fusillade n'a été enregistrée depuis les tueries de 1987-1989 lorsque des dizaines de Tibétains furent tués lors des démonstrations pacifiques. La mort non élucidée de plusieurs prisonniers politiques, incluant beaucoup de jeunes Sœurs, a eu lieu récemment dans des prisons tibétaines suite à la torture ou à la négligence de ces prisonniers. L'implantation de la peine de mort au Tibet - qui en 1996 a apparemment été utilisée 34 fois dans la RAT - exclut l'équité procédurale ainsi que la primauté du droit.
La liberté d'expression
La liberté d'expression des Tibétains est sévèrement limitée. L'expression d'un nationalisme politique n'est aucunement tolérée. Des comités de quartier identifient les récidivistes et leur imposent la « bonne façon » de penser. Pour l'expression pacifique de leurs convictions politiques, les Tibétains se voient arrêtés, emprisonnés ou condamnés à une ré-éducation dans des camps de travail.
Le va-et-vient de l'information au Tibet est hautement contrôlé par les autorités chinoises. La campagne anti-crime « Force de frappe », l'interdiction de montrer des images du dalaï-lama en public et la campagne de ré-éducation monastique, sont toutes de nouvelles initiatives qui limitent la liberté d'expression au Tibet. En septembre 2007, quarante enfants furent arrêtés dans la province du Gansu pour avoir rédigé et affiché sur des immeubles gouvernementaux des slogans indépendantistes ainsi que des demandes pour le rapatriement du dalaï-lama. Sept des enfants (âgés de 14 à 15 ans) ont été détenus et trois furent relâchés après que leurs parents aient payé des amendes considérables. Tous les enfants ont été battus lors de leur détention et l’un d'eux fut hospitalisé.
La liberté de la religion
La religion bouddhiste fait partie intégrante de la vie du peuple tibétain. Il y a, toutefois, une ingérence continuelle des autorités chinoises dans les affaires religieuses et la liberté de la religion au Tibet. Les monastères se retrouvent sous la tutelle des gouvernements locaux, des instances du Parti, des équipes de travail du Parti et des agences policières. Ils sont tous gouvernés par le Comité démocratique d’administration.
Depuis le forum en 1994, lorsque le Parti accusa le dalaï-lama et ses adeptes d’être à la source de l’instabilité au Tibet, le bouddhisme tibétain fait l’objet d’un contrôle minutieux. Le contrôle qu’exerce le Parti sur les DMC augmente : un permis officiel pour toute construction religieuse est obligatoire, le nombre limite de moines et de sœurs dans les monastères est strictement réglementé, le processus d’admission pour les nouveaux moines et les sœurs est encore plus sévère et les autorités demandent maintenant aux moines et aux sœurs de dénoncer le dalaï-lama.
Le gouvernement chinois a manipulé la recherche de la réincarnation du Panchen Lama pour intensifier sa campagne contre l’influence politique et religieuse du dalaï-lama. Le moine le plus haut placé dans le processus de sélection a été détenu et plus tard condamné et le monastère du Panchen Lama a été assaini. Finalement, la loyauté des cadres tibétains et des chefs religieux fut mis à l’épreuve lorsque les autorités chinoises exigèrent qu’ils dénoncent l’ingérence du dalaï-lama dans la reconnaissance du Panchen Lama et qu’ils acceptent la sélection chinoise du prochain Panchen Lama. Une interdiction de montrer toute photo du dalaï-lama en public fut suivie d’une interdiction partielle de détenir une photo du dalaï-lama chez soi. En 2007, le gouvernement chinois implante une nouvelle règle stipulant que toute nouvelle sélection de la réincarnation bouddhiste est sujette à l’approbation des autorités chinoises.
La liberté d’association
La Chine a une politique explicite qui vise à contrer toute manifestation de sentiments indépendantistes en écrasant toutes les manifestations pacifiques d’ordre politique au Tibet en l’espace de quelques minutes et en arrêtant et en battant ceux et celles qui y participent. Récemment, même des manifestations à caractère économique ont été interrompues.
En août 2007, des milliers de manifestants tibétains au Lithang, une zone tibétaine de la province du Sichuan, se sont rassemblés pour condamner l’arrestation de M. Rungyal Adrak, qui demandait à ce que le dalaï-lama revienne à l’occasion d’un festival populaire du cheval. Les manifestants se sont heurtés à des milliers de policiers anti-émeute et de soldats qui ont dispersé la foule. Depuis, la police n’a donné aucune information sur la détention d’Adrak et de sa famille. Au début septembre, une campagne massive de « ré-éducation patriotique » força les gens de cette zone à assister à des sessions d’endoctrinement politique.
Le contrôle de la population
Même si la population du Tibet est petite et que le territoire tibétain n’est pas très habité, la Chine limite le nombre d’enfants que les femmes tibétaines peuvent concevoir. Ces limites ne sont toutefois pas aussi sévères que celles imposées sur les femmes chinoises. Les limites, qui varient selon les zones, sont réglementées à travers des amendes, des avortements forcés et la stérilisation. Ceci viole de nombreux droits légaux et menace la santé des femmes. Les enfants « non-autorisés» souffrent communément de discrimination et d’un manque d’accès à l’éducation et à d’autres programmes sociaux.
Le manque de représentation au gouvernement et en politique
Les cadres tibétains occupent une position minoritaire dans la bureaucratie tibétaine. Le peu de pouvoir politique que détient la RAT est accaparé par le Comité central du Parti communiste mené par le secrétaire du Parti de la RAT. En théorie, le Parti est assujetti à la primauté de droit mais en pratique, l’autorité est exercée à travers le placement de membres du Parti dans des positions-clés du gouvernement. Le poste de secrétaire n’a jamais été octroyé à un Tibétain. Un Tibétain n’a jamais reçu ce titre dans aucune des provinces avoisinantes contenant des régions autonomes tibétaines. Dans les comtés, 54 des 74 secrétaires de Parti de la RAT ont été congédiées et remplacées par des cadres chinois de la Chine entre juillet et août 2007.
Développement économique
La plupart des régions au Tibet sont défavorisées. Les Tibétains doivent lutter contre la pauvreté, le chômage, le manque de main d’œuvre qualifiée et le manque de pouvoir politique pour influencer les politiques économiques. L’économie tibétaine est définie par un contrôle de l’état et par une compétition ouverte entre les Tibétains et les Chinois. L’investissement dans le développement urbain et les méga projets d’infrastructures, tel que le chemin de fer tibétain, lancés par la Stratégie de développement de l'Ouest viennent au détriment des besoins des communautés rurales où la grande majorité des Tibétains résident. Les nomades, les fermiers, les femmes et les enfants écopent tout particulièrement de cette stratégie de développement. L’impact qu’ont les industries majeures, tels que les industries minières et touristiques, sur la société tibétaine vient confirmer l’inefficacité du cadre autonome du Tibet. Les PME minières canadiennes représentent la majorité des entreprises minières étrangères qui s'activent sur le plateau tibétain.
Le droit de voyager à l’étranger
En septembre 2006, un vidéo-choc a été diffusé qui montrait des soldats chinois tirant sur des Tibétains désarmés alors qu’ils tentaient de s’enfuir vers la frontière du Népal. Une religieuse bouddhiste tibétaine de 17 ans a été tuée et une douzaine d’enfants ont été capturés. Quelques-uns furent torturés lors de leur détention avant d’être relâchés. Chaque année, entre mille et deux mille Tibétains fuient leur terre natale en traversant l’Himalaya à pieds pour atteindre le Népal, puis l’Inde. Ceux qui sont arrêtés font face à l’emprisonnement, des amendes et la torture par les soldats.
Gendhun Choekyi Nyima, 11e Panchen Lama, est le second personnage religieux en importance au Tibet après le Dalaï Lama. Sa nomination est fondée sur le principe de réincarnation du bouddhisme tibétain, et son influence spirituelle est précieuse aux yeux des Tibétains. Après la mort du Xe Panchen Lama en 1989, le Dalaï Lama choisi le 15 mai 1995 un jeune garçon de 6 ans, Gendhun Choekyi Nyima comme réincarnation du Panchen Lama. Le Panchen Lama et sa famille ont été enlevés en 1995 par les autorités chinoises, faisant de lui le plus jeune prisonnier politique au monde à ce moment. Aujourd’hui, la Chine a publiquement installé son propre Panchen Lama, un Tibétain du nom de Gyaltsen Norbu, mais ce dernier a été élevé à Beijing et n’a visité le Tibet qu’à trois reprises. Pendant ce temps, la Chine prétend garder le 11e Panchen Lama au secret pour sa propre sécurité. Cependant, aucune nouvelle de l’authentique Panchen Lama et des membres de sa famille n’a été rendue publique au cours des 10 dernières années, malgré les pressions internationales des Nations Unies et des gouvernements occidentaux demandant de déléguer des observateurs afin de s’assurer du bien-être et des conditions de vie du Panchen Lama.
L’enlèvement et le remplacement du Panchen Lama par le gouvernement chinois remplit deux mandats. Premièrement, de part son influence sprirituelle, un contrôle accru de la religion bouddhiste du Tibet par la Chine et en second lieu, cela leur permet de choisir le prochain Dalaï Lama, qui est traditionnellement déterminé par le Panchen Lama. La présente campagne consiste à écrire au Premier Ministre du Canada, appelant celui-ci à exiger des autorités chinoises une preuve concrète de la sécurité et du bien-être du Panchen Lama, rendant le maintien des relations entre les deux pays conditionnel à la libération de ce jeune Tibétain.
Maître bouddhiste respecté de la région tibétaine du Kham (province du Sichuan), Tenzin Delek est devenu la cible des autorités chinoises en raison de son appui au Dalaï Lama et de son importante position au sein de sa communauté. Il a été arrêté en avril 2002, torturé en prison et condamné à mort, avec un sursis d’exécution de deux ans, à la suite d'un procès inéquitable tenu le 2 décembre 2002. Avec Lobsang Dhondup, un membre de sa famille, il a été accusé d'avoir fomenté des «activités séparatistes» et participé au déclenchement d'explosions.
La Chine n’a fourni aucune preuve soutenant les accusations portées contre Tenzin Delek Rinpoche. À la suite de pressions internationales massives, des gouvernements ont fait part aux autorités chinoises de leurs graves inquiétudes à l'égard de cette situation. Le gouvernement chinois a assuré les États-Unis et les pays membres de l'Union Européenne que Tenzin Delek Rinpoche et Lobsang Dhondup bénéficieraient d'un nouveau procès juste et ouvert.
Toutefois, à la suite d'un revirement de situation révoltant, les autorités chinoises ont tenu le second procès à huis clos et ont exécuté Lobsang Dhondup le 26 janvier 2003. La condamnation à mort de Tenzin Delek Rinpoche a été maintenue à la suite de ce même procès.
Le 26 janvier 2005, l’agence de presse chinoise Xinhua a annoncé que la condamnation à mort de Tenzin Delek Rinpoche a été commuée en emprisonnement à vie « car il n’a pas violé intentionnellement les lois pertinentes à nouveau durant les deux années de sursis de sa peine. » La forte pression internationale sur le gouvernement chinois en vue d’empêcher l’exécution de Tenzin Delek Rinpoche a porté fruit et doit maintenant être maintenue dans l’objectif d’obtenir sa libération.
La campagne présente consiste à un envoi de pétitions et des pressions politique pour obtenir des autorités chinoises la libération de Tenzin Delek Rinpoché.