Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Le Congrès mondial du pétrole ravive les inquiétudes liées au développement de l’industrie pétrolière au Tibet

June 12, 2000

Lundi le 12 juin 2000: À l’heure où 3 000 délégués représentant 53 pays et 89 % de la
production pétrolière mondiale entament des délibérations à Calgary, les Canadiens
d’origine tibétaine et les défenseurs de la cause tibétaine s’inquiètent de la possible
complicité du Canada dans l’exploitation des réserves pétrolières du Tibet par la
Chine.

La Société pétrolière nationale de Chine (SPNC) possède des bureaux à Calgary et
est membre du Conseil commercial Canada-Chine. Déjà célèbre pour son partenariat
avec la société Talisman au Soudan, la SPNC a entrepris la construction controversée
d’un gazoduc qui part du bassin de Tsaidam au Tibet et qui permettra d’acheminer le
gaz sur 2500 km, de Sebei à Lanzhou. En tant que monopole d’État, la SPNC détient
les droits exclusifs sur la totalité des ressources pétrolières et gazières du Tibet - ce
que les Tibétains en exil considèrent comme une appropriation de leur patrimoine
naturel.

La région du bassin de Tsaidam, où vivent des nomades tibétains et mongols, est
proche du site choisi par la Banque Mondiale pour relocaliser 60 000 fermiers chinois
dans le cadre de son odieux projet de prétendue réduction de la pauvreté. Largement
condamné par des ONG inquiètes de son impact environnemental et social, ce projet
a été suspendu dans l’attente des conclusions du comité d’inspection chargé de
visiter le site. Le comité dirigé par le Canadien Tim Reid a remis son rapport à la
Banque Mondiale mais le contenu n’a pas été divulgué.

La SPNC a reçu un montant ahurissant de 29 millions de dollars provenant de fonds
publics par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)
pour qu’elle procède, entre autres, à « l’examen et l’évaluation continus du secteur
pétrolier pour améliorer la capacité de l’ACDI à établir des plans et des programmes à
long terme pour la Chine ». Dans le cadre de ce projet, des spécialistes chinois sont
venus au Canada pour recevoir une formation sur les techniques d’exploitation du
pétrole et du gaz qui seront certainement largement utilisées pour le projet du bassin
de Tsaidam. La SPNC participe déjà à un autre projet de construction de pipeline dans
des territoires occupés - le Turkestan oriental (Xinjiang) limitrophe du Tibet. Elle a reçu
une aide supplémentaire de 7,55 millions de dollars de l’ACDI pour construire le
pipeline de 4 200 km dans le Xinjiang.

Les Tibétains craignent que la Chine ne tente de résoudre ses problèmes énergétiques
en spoliant le Tibet de ses ressources pétrolières et gazières. Bien plus, ils craignent
que de tels projets de développement n’accélèrent le transfert de colons chinois au
Tibet, qui a pour effet d’aggraver la dévastation du fragile écosystème et du patrimoine
culturel unique du Tibet.

« Il incombe aux compagnies occidentales et à leurs gouvernements de protéger les
droits des populations vivant dans les régions où elles exercent leur activité » a
déclaré Thubten Samdup, président du Comité Canada Tibet. « Au nombre des
objectifs de l’ACDI figurent le développement durable, la démocratie et la bonne
gestion des affaires publiques. En contribuant à des projets qui peuvent violer ces
principes - par l’apport de fonds publics, l’expertise technique ou la formation - cet
organisme ne met pas seulement en jeu la crédibilité de ses autres projets mais il
risque aussi de se faire le complice de pouvoirs autoritaires ».

L’inscription de Petro China par la SPNC à la Bourse de New York le mois dernier
s’est soldée par un échec imputable en grande partie aux pressions de défenseurs
des droits humains et de l’environnement. Petro China qui espérait initialement obtenir
10 milliards de dollars US lors de son premier appel public à l’épargne n’a recueilli que
2,89 milliards.

Les réserves du bassin de Tsaidam s’établissent à 42 milliards de tonnes de pétrole et
à 1 500 milliards de mètres cubes de gaz, répartis entre 22 sites. Selon les
estimations, elles pourraient couvrir les besoins en gaz de la Chine pendant sept ans.

30 - Pour information, communiquer avec Thubten Samdup, président du Comité
Canada Tibet, au 514-867-6770 (cellulaire) ou Tenzin Jimpa au 514-483-4470.

Communiqués de presse

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank