Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

KARDZE ( Tibet) : Le mois sacré de Saga Dawa ponctué d’une série de manifestations

12 juillet 2011

France Tibet 4 Juillet 2011

http://www.tibet.fr/site/medias.php?itemid=14655

Au moins 39 Tibétains ont été arrêtés en juin 2011 pour avoir organisé des manifestations appelant à un "Tibet libre", au "Retour du Dalaï Lama au Tibet" et criant "Vive le Dalaï Lama". La situation dans la région est très tendue et les gens vivent dans un climat de peur.

À la suite des manifestations, des troupes de sécurité ont été déployées par milliers dans la région afin d’écraser instantanément toute forme de protestation populaire.

Un touriste étranger, ayant récemment séjourné à Kardze, a fait le compte-rendu suivant de la situation dans la région :

"Il y avait des milliers de policiers et de militaires, dans des équipements anti-émeute, patrouillant dans les rues en camion ou à pied en formation. Il y en avait beaucoup debout au coin des rues, et également de nombreux en civils.

Alors que je marchais, des nonnes ont été arrêtées et on leur a dit qu’elles ne pouvaient pas se déplacer dans les rues. Elles ont été très courageuses et ont dit à la police qu’elles s’étaient perdues et ont pu continuer leur chemin. Il y avait des véhicules blindés avec de gros canons sur le toit, des camions remplis de membres de l’armée, des voitures de police, des voitures banalisées roulant constamment dans les rues, toutes les une ou deux minutes. Il y avait des policiers à quelques mètres les uns des autres sur la route principale et beaucoup à chaque croisement.

Je suis allé deux fois à Kardze. La première fois, il y avait moitié moins de policiers et d’armée. La deuxième fois, une semaine plus tard, c’était très tendu. Il y avait des rumeurs parlant de moines criant "Tibet libre", alors peut-être est-ce la raison pour laquelle leur nombre a augmenté.

La seconde fois, en allant vers Kardze, notre véhicule a été intercepté deux fois à la périphérie - recherche de moines, de nonnes et d’étrangers. Ils relevaient les détails de la carte d’identité de tous les moines et nonnes entrant à Kardze.

En ville, il y a une grande prison emplie de prisonniers politiques tibétains. Le soir, à la télévision, ils montrent des prisonniers se repentant de leurs crimes, après avoir été battus jusqu’à leur soumission. L’un d’entre eux était une vieille dame nomade, 80 ans environ, paralysée et courbée. Ses trois fils ont été tués, et elle est venue en ville pour crier "Tibet libre".

Mes amis de Kardze, dont je tairai les noms afin de les protéger, ont eu plusieurs membres de leur famille en prison dans le passé. Le père y est resté deux ans, torturé à plusieurs reprises. Les deux nièces, des nonnes, ont été récemment en prison en 2008 pour avoir écrit une lettre ouverte demandant que le Dalaï Lama retourne au Tibet et le soutenant. Ce sont de jeunes nonnes d’une vingtaine d’années et elles ont été enfermées respectivement deux et trois ans. En me décrivant leurs tortures, elles ont commencé à pleurer, les blessures émotionnelles et mentales étaient encore fraiches".

En plus des rapports antérieurs sur des religieuses et des moines, organisant des manifestations à Kardze, le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD) a reçu des informations confirmées que deux autres nonnes ont été arrêtées pour avoir manifesté.

Le 18 juin 2011, deux religieuses, Choesang et Peltruk, du couvent de Dhargye Nyagye, Comté de Kardze, ont organisé une manifestation vers 9 h sur le marché principal de Kardze appelant à la "longue vie du Dalaï Lama", la "liberté au Tibet" et le "retour du Dalaï Lama au Tibet" tout en distribuant des tracts. Environ 10 minutes plus tard, la police est arrivée et les a immédiatement menottées et a commencé à les battre sévèrement. Il est très probable que les religieuses aient été torturées en prison. Leurs familles se sont vues refuser toute visite et interdire de leur donner de la nourriture et des vêtements.

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank