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« Compassion et tolérance ne sont pas des signes de faiblesse mais de force. »

Le mystère est levé sur l’origine des «hommes en bleu»

17 avril 2008

La Grande Epoque 16 avril 2008 http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/3979/104/

Nous les avons vus pour la première fois en action à Londres, le 6 avril dernier. Tous habillés d’un vêtement sportif bleu et blanc et portant la casquette, ils effectuaient le cordon ultime entre les porteurs de la flamme olympique et les vagues de manifestants anti-régime chinois. Le lendemain à Paris, ils ajoutaient un autre élément à leur tenue commune : des lunettes fumées noires. Si leur attirail ne pouvait qu’attirer l’attention, c’est plutôt leur comportement puis les doutes sur leur origine qui ont commencé à soulever des questions.

Pour un habitué des tactiques de Pékin, il n’y avait aucun doute. Ces hommes n’étaient pas de simples «bénévoles», comme le laissait entendre les autorités olympiques chinoises. Il ne s’agissait pas non plus de simples étudiants chinois à l’étranger. Trop identiques, trop en forme, trop organisés. Il restait deux options : soit des agents spéciaux, soit des militaires.

Après la diffusion publique des propos de deux porteurs de la flamme à Londres concernant les mystérieux «hommes en bleu», différents groupes médiatiques ont commencé à chercher qui ils étaient en réalité. Car les critiques ne venaient pas de n’importe qui. Le plus haut responsable olympique britannique, Lord Sebastian Coe, a été choqué par leur comportement lorsqu’il a porté la flamme. Un journaliste de la chaîne Channel 4 s’est fait brancher par mégarde à une conversation téléphonique privée entre Lord Coe et un autre individu, dans cette conversation, les gardiens de la flamme ont été qualifiés de «brutes», tout en souhaitant que Paris n’aille pas à les accueillir. Un porte-parole de M. Coe a par la suite confirmé que ses propos reflétaient bel et bien son opinion.

Alors, agents spéciaux ou militaires? Compte tenu de la situation actuelle au Tibet, ça n’aurait pas pu tomber plus mal pour les organisateurs olympiques chinois. Mi-agents spéciaux, mi-militaires, les «hommes en bleu» font partie de la Police armée du peuple, soit l’unité paramilitaire déployée actuellement au Tibet pour réprimer la population.

Non seulement sont-ils de cette unité, ils en représentent la crème de la crème. Selon le quotidien britannique Telegraph, ils ont tous le rang de lieutenant, sauf leur commandant qui est major. Pour accomplir leur «mission» actuelle, ils ont été spécialement sélectionnés selon leur taille, leur «beauté» et leur aptitude à suivre la ligne idéologique du régime. On rapporte que leur entraînement a été très rigoureux, comprenant de longues courses en montagne pour, bien entendu, coller la flamme de près et faire le ménage de toute interférence.

À ce titre, ils poursuivent un rôle identique à celui de leurs camarades qu’ils ont laissés derrière, en Chine. Mais ils peuvent se conforter d’avoir été épaulés par des policiers étrangers prêts à appliquer des tactiques autoritaires. Images et vidéos ont montré la police française confisquant les drapeaux tibétains, puis même interdisant de filmer à un caméraman de la chaîne publique France 2 (le reportage de France 2 est disponible sur [www.dailymotion.com]).

Les «gardiens de la flamme sacrée», leur nom officiel, ne seront pas bienvenus pour le relais de Canberra, en Australie. Le premier ministre australien, Kevin Rudd, a déclaré que son pays pouvait assurer lui-même la sécurité. Même son de cloche du côté du Japon.

Alors que les relais de Buenos Aires et San Francisco se sont déroulés sans trop de problèmes pour la flamme, le relais de Delhi, en Inde, le 17 avril, pourrait s’avérer problématique. L’Inde abrite environ 200 000 exilés tibétains, dont le plus célèbre, le Dalaï-lama.

 

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