Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

«Le rire du Bouddha»

24 août 2011

L' Indépendant 16 Aôut 2011 http://www.lindependant.fr/2011/08/16/le-rire-du-bouddha,51775.php

Un instant magique ! Jamais Zénith n'aura été plus silencieux que durant ces dix minutes qui précédèrent l'entrée du dalaï lama.

Quand, sur la scène, une nuée de robes safran se levèrent et dans un même mouvement 7 000 personnes et quelques milliers d'autres à l'extérieur, que la musique soudainement s'arrêta et les conversations avec, on aurait presque pu entendre une mouche voler. Dix minutes d'un silence assourdissant, juste troublé par les pleurs étouffés d'un enfant.

Et dans ce silence de cathédrale, le dalaï lama, 76 ans, est entré tenant par la main son aîné de vingt-deux ans, l'ancien diplomate et corédacteur de la déclaration universelle des Droits de l'homme, Stéphane Hessel, l'auteur d'une brochure ("Indignez-vous") vendue à quelque cinq millions d'exemplaires, tous pays confondus, dont deux millions en France.

Invité à prendre la parole en introduction de la conférence du dalaï lama, Stéphane Hessel dit "tout le respect, l'admiration que nous (lui) devons tous». Le dalaï lama lui remit une écharpe blanche de cérémonie, "made in China", dira en riant le religieux bouddhiste, brodée de textes tibétains promettant à celui qui la reçoit, de jouir du bonheur jour après jour.

«S'indigner est une preuve de compassion»
Le bonheur, celui que l'on reçoit d'autrui, celui que l'on donne aux autres, c'était justement le thème du jour développé par le dalaï lama, non plus sur son trône, mais debout sur le devant de la scène.

Conférence en anglais, truffée d'anecdotes personnelles sur sa vie, son enfance au Potala où il avait parfois peur de traverser les longs couloirs obscurs, le "grand coeur" qu'était sa mère et qui "a planté en moi les graines de la compassion", sa rencontre avec Mao devant lequel le protocole lui imposa de se prosterner.

Nous avons tous droit au bonheur, selon le dalaï lama. Cela n'empêche pas d'être concerné par le bien-être de l'autre.

Citant l'éducation, le prix Nobel de la paix, lança : "Même la plus merveilleuse des religions ne sera jamais universelle", contrairement aux "valeurs transmises par l'éducation". Et si l'on y incorporait "des notions de non-violence, de paix, de dialogue, il y aurait plus de chance que ces notions servent d'antidote à la violence", rappelant les images «choquantes» des violences de ces derniers jours au Royaume-Uni.

Pour le chef spirituel des Tibétains, "la paix ne va pas venir de quelques prières", "chacun d'entre nous doit réagir".

Eh bien, oui, il faut s'indigner contre les injustices, c'est même une preuve de compassion. Réduire la corruption, réduire le fossé entre les très riches et les plus pauvres,... les nombreux candidats à la prochaine présidentielle française eussent été bien inspirés en passant leur 15 août à Toulouse.

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank