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« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Les exilés tibétains accusent les Chinois de cyber-attaques

29 août 2011

Monique Dorizon - Tbet Info.net 26 Aôut 2011

http://www.tibet-info.net/www/Les-exiles-tibetains-accusent-les.html

Par téléphone mobile, Internet et radio à ondes courtes, les exilés tibétains maintiennent une surveillance constante de leurs amis, contacts et parents vivant au Tibet. La capacité de plus en plus sophistiquée de la Chine de mener la cyber-guerre rend la tâche plus difficile et pousse les exilés tibétains à développer des programmes de formation pour rester en lien régulier.

Kanyak Tsering est un moine tibétain en exil. Il appartient à une branche en Inde, à Dharamsala, du monastère de Kirti, un ensemble bouddhiste de la région de Ngaba dans l’ancien Amdo tibétain, qui a connu un verrouillage par les forces de sécurité chinoises depuis des mois . Le département en langue tibétaine de Voice of America (VOA) a récemment pu obtenir des images vidéo de Kirti, où un jeune moine s’est immolé par le feu en mars pour protester contre ce que de nombreux Tibétains pensent être l’éradication délibérée par la Chine de la culture traditionnelle bouddhiste du Tibet.

Kanyak Tsering affirme que tous les moines du monastère sont obligés de participer à des séances de rééducation patriotique et les fonctionnaires chinois disent aux moines que s’ils n’y assistent pas, ils seront expulsés du monastère. Dans de rares cas, dit-il, des moines ont tenté de se cacher pour y échapper et en conséquence, ont été expulsés.

Pendant des mois, Kanyak Tsering a dû jouer le rôle de porte-parole pour le monastère de Kirti, en utilisant tous les outils technologiques à sa disposition. La Chine surveille étroitement toute communication entre le Tibet et Dharamsala (la Chine considère la petite ville indienne comme le siège d’un mouvement séparatiste).

"J’obtiens des informations de diverses façons - sur Internet à l’aide de courriels, de sites Web, de forums de discussion et de Skype. Parfois je prend contact par le biais de téléphones portables quand des Tibétains téléphonent aux exilés tibétains qu’ils connaissent", dit Kanyak Tsering.

Pendant sa conversation avec VOA, Kanyak Tsering reçoit un appel téléphonique. Un contact dit qu’il a reçu un courriel qui semble provenir de Kanyak, mais avec un attachement particulier. Quand Kanyak retrace la provenance du courriel, il trouve qu’il provient d’une adresse Internet en Chine. Il dit qu’il ne peut pas affirmer que tel ou tel individu soit directement responsable, mais qu’il est clair pour lui que le gouvernement chinois est impliqué.

Greg Walton est un chercheur indépendant qui conseille l’administration tibétaine en exil dans le domaine de la sécurité. Il convient que le courriel était probablement un exemple de la capacité de cyber-offensive de plus en plus grande du gouvernement chinois.

"Ce qui est fascinant c’est que souvent nous voyons des serveurs de commandement et de contrôle qui s’en prennent aux grandes entreprises de la défense et volent les détails des bombardiers furtifs ou bien des grandes agences financières de New York – ce sont ces mêmes serveurs de commandement et de contrôle qui s’en prennent aux moines de Dharamsala", a déclaré Walton.

Les cyber-attaques sont habilement conçues pour convaincre les destinataires de cliquer sur un lien, ou d’ouvrir une pièce jointe, ce qui introduit un logiciel malveillant sur l’ordinateur du destinataire, donnant un large accès aux oreilles numériques indiscrètes.

Walton affirme qu’un moine comme Kanyak Tsering est une cible très précieuse. "Une telle personne va avoir un profil social riche du point de vue de l’attaquant", a ajouté Walton. "Une personne comme lui est très fiable, et si les Chinois envoient des courriels en provenance de ce compte, il y a une probabilité pour que quelqu’un fasse confiance à la pièce jointe et l’ouvre".

Des militants exilés tibétains sont mobilisés pour former des Tibétains à la cyber sécurité. Une grande partie du matériel est en anglais, donc la première tâche concerne la traduction.

Lobsang Gyatso enseigne à des Tibétains qui ont l’intention de réintégrer les zones contrôlées par les Chinois sur Tor, réseau de bénévoles routeurs qui aide les utilisateurs à cacher leur emplacement et leur identité aux gouvernements répressifs.

"Ce que nous avons est une clé USB de Tor. Vous pouvez l’emmener simplement et l’utiliser partout où vous voulez. Donc vous avez l’anonymat complet, et en même temps, vous êtes capable de contourner le pare-feu de la Chine", a expliqué Lobsang Gyatso.

La stratégie comporte un risque pour les personnes le transportant au Tibet. Des activistes nous mettent aussi en garde sur le fait que même si les outils comme Tor sont efficaces, les investissements massifs de la Chine en cyber-sécurité signifient qu’aucun utilisateur n’est sûr à 100 % de ne pas être surveillé.

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