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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

«On massacre les Tibétains à huis-clos et le monde ne peut rien y faire»

30 janvier 2012

Afin de dissimuler la gravité des événements qui sont en train de se dérouler dans les régions tibétaines du Sichuan et du Qinghai, le gouvernement chinois coupe systématiquement toutes les sources d'informations disponibles aux journalistes étrangers en poste en Chine.

Un écrivain tibétain de Pékin a reçu cette semaine, par trois fois, la visite de policiers en civil. Ils l'ont menacé de mesures de rétorsion si il accordait des interviews à la presse étrangère. "Je suis obligé de me taire, désolé...", explique-t-il dans un message.

Les 23 et 24 janvier, la police et l'armée chinoise ont ouvert le feu sur deux manifestations de Tibétains, tuant entre deux et neuf personnes, selon la communauté tibétaine en exil et plusieurs associations pro-tibétaines.

Jeudi, les forces de sécurité chinoises ont à nouveau tiré sur une foule de Tibétains qui tentaient d'empêcher l'arrestation d'un des leurs, tuant au moins une personne, selon l'ONG Free Tibet.

Des régiments entiers de soldats ont été déployés en renforts et une forme de loi martiale est désormais en vigueur dans les préfectures d'Aba et Ganzi où se sont déroulés ces incidents meurtriers. La répression qui sévit dans les régions tibétaines du Sichuan et du Qinghai depuis un an est telle que 16 Tibétains s'y sont immolés par le feu en signe de protestation. Mais sans photos à mettre la une des journaux, leur sacrifice est passé largement inaperçu dans le monde, etplus encore en Chine où la presse censurée n'a pas écrit la moindre ligne sur ces dernières violences.

Black-out médiatique

Celle-ci publie à l'inverse des articles lénifiants sur l'harmonie qui règne entre les "minorités ethniques tibétaines" et les "braves" soldats de l'armée populaire de Libération. Le black-out médiatique est omniprésent. Les faisceaux satellite des chaînes étrangères (CNN, BBC...) disponibles en Chine sont brutalement coupés chaque fois que ces heurts sanglants sont évoqués. Tous les journalistes qui ont tenté jusqu'alors de se rendre sur place ont été arrêtés et refoulés par l'armée. "Il y a des chutes de neige, pour votre sécurité, faites demi-tour",s'est vu ordonné hier un reporter de l'AFP.

Même à des centaines de kilomètres des régions concernées, à Chengdu, la capitale du Sichuan, un strict contrôle de l'information à la source a été mis en place par le gouvernement. Des brigades de policiers en civil ont ainsi été déployés pour empêcher les journalistes de parler aux habitants du quartier tibétain de la ville. "Il est interdit de prendre des photos et d'interroger les gens", a annoncé hier une escouade de dix policiers en civil barrant le passage à un journaliste occidental.

Quand aux liaisons téléphoniques et internet des zones concernées, elles ont bien sûr été coupées. Faute d'observateurs, personne ne sait vraiment ce qui s'y passe. «La situation est extrêmement grave, ajoute l'écrivain cité ci-dessus dans son dernier message, on massacre les Tibétains à huis-clos, et le monde ne peut rien y faire...»

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