Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« Le Canada peut, dans une atmosphère cordiale et constructive, demander au gouvernement chinois de résoudre la situation du Tibet. »

DHARAMSALA : "Crainte d'une aggravation de la crise au Tibet".

24 avril 2008

 
Déclaration à la presse du Premier Ministre du Gouvernement Tibétain en Exil ( Kalon Tripa,le Premier Ministre), le Professeur Samdhong Rinpoche, sur la situation actuelle au Tibet.

Le premier Ministre Tibétain du TGIE, le professeur Samdhong Rinpoche.

Détérioration de la situation au Tibet et crainte que cela n'empire dans les prochains jours.
Depuis le 10 mars 2008, des protestations se sont répandues dans toutes les régions de l’U-Tsang, du Kham, de l’Amdo, dont plusieurs villes chinoises dans lesquelles vivent des Tibétains. Ces protestations sont l’explosion de l’insatisfaction et du ressentiment profondément enracinés dans le cœur des Tibétains depuis les cinq dernières décennies par la répression excessive et la mauvaise gestion de manifestations pacifiques menées par un petit nombre de moines et de laïcs dans plusieurs lieux à l’intérieur et à l’extérieur du la « Région Autonome du Tibet » le 10 mars 2008.

Le 10 mars est une date historique pour le peuple tibétain. Chaque année, des manifestations pacifiques sont organisées, manifestations qui ne continuent pas au-delà de ce jour. Mais cette année, les protestations ont continué les jours suivants à cause d’inutiles mesures répressives et de l’utilisation de la force.
Si l’objectif de l’utilisation de la force par les autorités chinoises est de maintenir la paix et l’ordre au Tibet, le but aurait pu aurait être atteint en une journée. Mais il n’y a pas eu de retour à la normale même après plus de cinq semaines et plus de protestations et des mesures répressives
sont employées jour après jour. Cela soulève la suspicion sur les intentions des autorités chinoises. Parmi les incidents suspicieux, ceux-ci sont manifestes :

a. Le 14 mars, d’inhabituels troubles furent permis à Lhassa pendant plusieurs heures dans que les autorités ne prennent de mesures répressives.

b. La plupart des protestants impliqués dans les actes violents de cette journée n’étaient pas familiers des Tibétains locaux. En particulier, il y a des cas de personnes ayant vu des policiers chinois habillés avec des vêtements tibétains ou des robes de moines, prenant le rôle de leaders pendant les manifestations.

c. Les autorités chinoises affirment avoir trouvé des pistolets et des balles dans des monastères tibétains. Cette affirmation est basée sur la saisie de pistolets et épées inutilisables fabriqués sur place, qui furent offerts à la Chambre des Divinités Protectrices (Gonkhang) des monastères. Et dans d’autres cas, le personnel militaire lui-même a apporté les armes et munitions aux monastères. Plus tard, ils affirmèrent les avoir trouvé dans les monastères et accusèrent les Tibétains de cacher des armes et munitions dans les enceintes monastiques.

d. Les autorités chinoises affirment également que les forces indépendantistes tibétaines prévoient de lancer des attaques suicides.

e. Ils accusent certains moines d’avoir fait exploser des bombes qui ont endommagé un bâtiment à Chamdo dans l’est du Tibet. Les autorités n’ont pas encore produit de preuve convaincante.

f. Une campagne de rééducation patriotique est lancée à nouveau et les monastères et les maisons doivent faire flotter le drapeau national chinois sur leurs bâtiments.

g. Des campagnes anti-Dalai Lama sont lancées rigoureusement partout. C’est ce qui blesse le plus la sensibilité des Tibétains.

h. La République Populaire de Chine (RPC) porte un effort systématique et vigoureux pour créer une rupture entre le peuple chinois et le peuple tibétain. Elle le fait par le biais d’une large propagande de nationalisme et de haine de la « clique du Dalai Lama » parmi le peuple chinois.

Ces actes ne permettent pas de restaurer la paix mentale et l’ordre social au Tibet. Au contraire, ces actes sont considérés comme hautement provocateurs par les Tibétains car ils les blessent le plus. Tous ces actes semblent avoir l’objectif de saper la tolérance du peuple tibétain et de provoquer leur riposte violente.
Ils indiquent également que plusieurs agences de la RPC ont prévu d’effectuer d’autres explosions et d’autres activités de destruction et d’en rendre responsables des Tibétains innocents.
Nous sommes profondément inquiets des actions répressives actuelles comme les coups violents, la torture, les meurtres, les privations de nourriture et d’eau qui font mourir de faim les Tibétains concernés. Nous sommes également très inquièts qu’une telle répression puisse continuer les mois à venir.
Le Tibet est virtuellement isolé et en un temps court, les autorités chinoises auront détruit toutes les preuves en exécutant les Tibétains innocents. La communauté internationale doit intervenir immédiatement et persuader les autorités de la RPC de mettre fin à ces actes atroces.
La situation controversée au Tibet a subsisté à cause de la politique ultra-gauchiste adoptée par les autorités de la RPC pendant l’année 1957/58, qui ont mené au soulèvement populaire du 10 mars 1959. Depuis lors, les Tibétains ont souffert énormément. Plus d’un million de Tibétains sont morts et la situation reste troublée. Ces politiques furent reconnues mauvaises et furent inversées en Chine continentale. Mais aucun changement de politique n’a eu lieu pour la nationalité tibétaine. Encore
aujourd’hui, à moins que la politique de base de la RPC vis à vis de la nationalité tibétaine ne change, aucune force, quelle qu’en soit le nombre, ne peut garder le peuple tibétain sous contrôle.
D’un côté, les leaders de la RPC demandent à Sa Sainteté le Dalai Lama d’utiliser son influence pour permettre un retour à la normale au Tibet.
D’un autre côté, ils n’ont créé aucun espace ou canal pour permettre à Sa Sainteté le Dalaï Lama d’utiliser cette influence au Tibet. Au contraire, les leaders chinois ont accru leur campagne anti-Dalaï Lama à travers le Tibet.
Le leadership de la RPC refuse de trouver les causes enracinées des troubles au Tibet et de faire les efforts nécessaires pour supprimer ces causes. Au contraire, ils aggravent le problème de plusieurs manières.
C’est une indication claire qu’ils ne souhaitent pas la paix ni la stabilité au Tibet.
Aussi,nous appelons instamment la communauté internationale à prendre les actions immédiates et efficaces pour empêcher la République Populaire de Chine de se livrer à de tels actes brutaux contre le peuple tibétain et de stopper sa politique de génocide culturel systématique au Tibet.

Prof. Samdhong Rinpoche
KALON TRIPA
Daté: 18 avril 2008
Traductrice : Marie Helen RAGOIS

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank