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« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Le fondateur du Parti Communiste Tibétain meurt à l'âge de 92 ans

2 avril 2014

Phuntsok Wangyal Goranangpa, également connu sous le nom de Bawa Phuntsog Wangyal ou Phunwang, est décédé à Pékin à 7h10, heure locale.

Il était né en 1922 à Bathang (chinois : batang), dans ce qui était alors la province tibétaine du Kham, aujourd’hui la province du Sichuan. Phünwang a été l’un des premiers Tibétains à suivre un cours de la Commission Chiang Kaishek pour les affaires mongoles et tibétaines à Nanjing, où il a fondé clandestinement le Parti Communiste Tibétain. Dans les années 1950, Phünwang était le Tibétain occupant le rang le plus élevé dans le Parti Communiste Chinois, et bien qu’il parle couramment chinois et soit dévoué à la cause du socialisme et du Parti Communiste, ses aspirations premières pour un Tibet indépendant, unifié et moderne l’ont rendu suspect aux yeux de beaucoup au Parti Communiste. Lorsque la Chine a envahi le Tibet et obligé le leader tibétain, le Dalai Lama à l’exil en 1959, la plupart des Tibétains ont vu en Phunwang un traître qui était entré dans la ville sainte de Lhassa avec l’armée ennemie.

Mais peu de temps après que le Tibet ait été totalement sous le contrôle de la Chine, le Parti Communiste a mis Phunwang à l’isolement dans une prison près de Pékin. Il a passé les 18 années suivantes sans aucun contact ni information de sa famille. Ce n’est qu’en 1975 que les membres survivants de sa famille ont appris qu’il était toujours en vie et qu'il était prisonnier politique.

Phuntsok Wangyal Goranangpa a été officiellement réhabilité quelques années après sa libération en 1978 mais il est resté à Pékin, isolé de l’extérieur. Plus tard, on lui a offert le poste de Président du gouvernement de la Région Autonome du Tibet, qu’il a décliné.

Ces dernières années, il était devenu plus disert en préconisant des changements de la politique chinoise au Tibet. Dans des lettres ouvertes au Président chinois Hu Jintao, ainsi que dans une nouvelle biographie parue récemment à Hong Kong, Phunwang a demandé que le Dalai Lama soit autorisé à revenir au Tibet, déclarant que cela serait une force stabilisatrice au Tibet. Il a prédit dans sa lettre à Hu que prolonger l’exil du Dalai Lama conduirait à aggraver les tensions au Tibet. Il est l’une des rares personnes en Chine à avoir blâmé les dirigeants locaux et les cadres du parti au Tibet pour avoir éventé les soulèvements afin d’obtenir davantage de fonds et de ressources du gouvernement central.

La déclaration publique de Bawa Phuntsok Wangyal sur l’échec de la Chine à l’emporter sur les Tibétains au bout de 50 ans, ses lettres et ses écrits appelant à l’amélioration des relations entre Pékin et le Dalai Lama ont lentement convaincu beaucoup de Tibétains à la fois en dehors et au Tibet, ces dernières années.

Selon des sources proches de la famille, Phunwang avait demandé à être incinéré et que ses cendres soient emmenées vers des lieux saints au Tibet, tels le mont Kailash. Peu de temps après son décès, sa famille à Pékin a demandé à un lama tibétain de conduire Phowa, le rituel bouddhiste tibétain censé libérer l’âme du corps, et a invité des moines à chanter des prières près de son corps. VOA a appris que la famille de Bawa Phuntsok Wangyal mènera tous les rites religieux dans les prochains mois selon les traditions bouddhistes tibétaines.

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