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Inde : la querelle frontalière s’invite lors de la visite du président chinois

23 septembre 2014

Le Premier ministre indien Narendra Modi a soulevé auprès du président chinois Xi Jinping, en visite d’Etat jeudi en Inde, la question de l’incursion de troupes à la frontière contestée entre les deux pays, reléguant au second plan le renforcement de leur coopération économique.

Le président chinois est arrivé mercredi en Inde avec des promesses d’importants investissements et d’échanges commerciaux renforcés mais l’annonce par les médias indiens d’un face-à-face entre des centaines de soldats dans la région du Ladakh (nord), dans une zone revendiquée par les deux pays, a modifié la physionomie de ce sommet.

Un parlementaire indien de la région, sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’AFP qu’«environ 1000 soldats chinois étaient passés du côté indien», précisant que « le gouvernement a envoyé des renforts ». Une rencontre entre les représentants des deux armées a eu lieu mercredi, selon la presse indienne.

L'Inde et la Chine sont en désaccord sur le tracé de leurs frontières en deux régions particulières : un territoire au sein du Ladakh mais également à l’est, l’Etat de l’Arunachal Pradesh, que la Chine revendique.

Les deux pays se sont livrés à une courte mais sanglante guerre en 1962 remportée par la Chine à propos de cet Etat sur lequel New Delhi garde la tutelle depuis le retrait des troupes chinoises peu après la fin du conflit.

« Le sujet a été évoqué mercredi soir lors d’une rencontre entre les deux dirigeants et le sera à nouveau ce jeudi lors de leurs entretiens», a dit un porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien, Syed Akbaruddin.

« Toutes les questions d’importance seront évoquées aujourd’hui, y compris les plus récentes », a dit le porte-parole à des journalistes en réponse à une question sur ces incursions frontalières.

Le chef de l’exécutif indien avait déroulé le tapis rouge mercredi pour la première visite officielle du président chinois en Inde, l’accueillant à dîner sous une luxueuse tente en bordure de fleuve à Ahmedabad, la principale ville de l’Etat du Gujarat de Modi.

L’Inde cherche à attirer les investissements chinois pour améliorer ses infrastructures, largement insuffisantes pour relancer la croissance, indispensable pour sortir de la pauvreté des centaines de millions d’Indiens.

La Chine est également intéressée par une amélioration de ses relations avec son voisin car elle est confrontée au même moment à plusieurs différends territoriaux avec le Japon et d’autres pays du sud-est asiatique.

Le président chinois a souligné jeudi matin les bénéfices d’un renforcement des liens entre les deux pays pour leurs 2,5 milliards d’habitants.

« Pendant cette visite, j’espère travailler avec les dirigeants chinois pour que nous soyons d’ardents défenseurs des relations Chine-Inde et pour porter à un niveau supérieur notre partenariat stratégique et de coopération », a dit Xi lors d’une cérémonie à New Delhi.

- Lutte d’influence économique -

Tout en faisant assaut de promesses de coopération, la méfiance subsiste et le Premier ministre indien avait prévenu lors de sa campagne électorale que la Chine devrait renoncer à son « esprit expansionniste ».

En avril 2013, l’Inde a accusé la Chine d’une incursion en profondeur à la frontière entre le Ladakh indien et le Tibet chinois, aboutissant à un face-à-face de trois semaines entre les militaires des deux pays.

Xi, premier président chinois à se rendre en visite en Inde depuis 2006, avait visité en début de semaine les Maldives et le Sri Lanka où il a annoncé d’importants investissements dans les infrastructures de ces territoires, habituellement sous influence indienne, mais que Pékin considère comme importants pour son développement économique.

Une partie des dirigeants indiens s’inquiètent de l’influence économique grandissante de la Chine dans la région, y voyant une tentative délibérée « d’encercler » l’Inde.

La Chine est le premier partenaire économique de l’Inde mais le déficit commercial indien s’est creusé depuis une dizaine d’années, atteignant plus de 40 milliards, contre 1 milliard en 2001-02.

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