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Le Dalai Lama en discussions avec la Chine à propos d’un pèlerinage au Tibet

6 octobre 2014

Le Dalai Lama, chef spirituel tibétain, a indiqué jeudi qu’il était en discussions avec Pékin pour se rendre en pèlerinage à la montagne de Wutai Shan dans la Région Autonome du Tibet, ce qui serait sa première visite depuis l’exil de 1959.

Dans une interview avec l’Agence France Presse à Dharamsala, la ville indienne qui est aujourd’hui le siège du gouvernement tibétain en exil, le Dalai Lama a dit que "ce n’est pas finalisé, pas encore, mais l’idée est là." Il a dit que les conversations se déroulaient de manière "non formelle ou sérieuse, mais informelle."

"J’exprime mon désir et celui de quelques amis, ils montrent aussi leur véritable intérêt pour cette question" a-t-il dit. "Récemment, des officiels chinois, par exemple le second secrétaire du Parti en Région Autonome du Tibet, a également fait état de la possibilité de ma visite en tant que pèlerin sur ce lieu saint."

Aucun échange officiel n’a eu lieu depuis 2010 entre la Chine et les Tibétains en exil, bien que des dirigeants à Dharamsala disent recevoir des visites d’hommes d’affaires et de professeurs qui pourraient être des interlocuteurs pour le gouvernement chinois. Le Dalai Lama, qui aura 80 ans l’an prochain, a exprimé l’espoir de progrès avec le nouveau Président chinois, Xi Jinping, dont le père était un ami proche.

Quand M. Xi s’est rendu en Inde ce mois-ci, le Dalai Lama a quitté son discours habituel pour lui faire des louanges, disant à des journalistes que "Xi Jinping est plus ouvert, sa pensée est plus réaliste."

La cause tibétaine est importante pour le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi, qui a - le premier jour de son mandat - pris le risque d’irriter la Chine en invitant Lobsang Sangay, le chef de l’administration tibétaine en exil à Dharamsala, à son investiture.

A peine trois mois plus tard, l’Inde a fait un geste de conciliation en reconnaissant de manière explicite les revendications de la Chine sur le territoire dans une déclaration conjointe publiée pendant la visite de M. Xi. Le texte de la déclaration remerciait "le gouvernement local de la Région Autonome du Tibet de la République Populaire de Chine" d'avoir autorisé les pèlerins hindous à se rendre sur des lieux saints de son territoire.

Les commentaires du Dalai Lama ne sont que le signe récent qu’un tel voyage est en discussion. Le mois dernier, Wu Yingjie, un haut dignitaire de la Région Autonome du Tibet a dit à des journalistes que des pour-parlers se déroulaient par le biais "d’envoyés personnels", et qu’ils étaient limités à la possibilité de son retour au Tibet.

"Tous les Tibétains, dont le Dalai Lama et les gens autour de lui, peuvent revenir s’ils acceptent que le Tibet et Taiwan font partie de la Chine, et abandonnent leurs efforts séparatistes" a-t-il dit dans des propos rapportés dans The Hindu, un quotidien indien.

M. Sangay, le leader de l’Administration Centrale Tibétaine, a mis en garde sur des bavardages, disant qu"’il n’y a pas de tel dialogue formel, mais beaucoup de spéculations."

"L’hypothèse que Sa Sainteté se rende à la montagne de Wutai Shan est ancienne" a-t-il dit, notant qu’autoriser un tel voyage pourrait aussi être vu comme un moyen de couper le mouvement d’indépendance tibétain. "Des centaines de bouddhistes viennent à Dharamsala, certains prétendent avoir des contacts, mais nous ne pouvons le vérifier" dit M. Sangay. "Ils disent que peut-être Xi Jinping serait différent. Nous l’espérons, mais nous avons 50 ans de mauvaises expériences."

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