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Facebook supprime un post sur l’immolation d’un moine tibétain

1 janvier 2015

Un éminente écrivaine tibétaine affirme que Facebook a supprimé son post sur l’immolation d’un moine dans la province du Sichuan, ce qui soulève des inquiétudes sur une censure politique.

Tsering Woeser, qui a écrit plusieurs livres sur le Tibet et qui critique les politiques chinoises dans la région, dit avoir posté un court article sur Kalsang Yeshi, un moine de 37 ans qui s’est immolé devant un poste de police le 23 décembre dans le comté de Dawu, une partie de la Péfecture autonome tibétaine de Kardze dans le nord-ouest du Sichuan.

Le post de Mme Woeser comprenait une vidéo de la mort de Kalsang Yeshi. Vendredi, un message de Facebook disait que le post a été supprimé car il "ne répond pas aux standards de la communauté Facebook", sans autre précision.

Facebook a fourni cette explication dimanche sur le retrait du post : ''Facebook est depuis longtemps un endroit où les gens partagent des choses et des expériences. Parfois, ces expériences contiennent de la violence et des vidéos. Nous travaillons dur pour équilibrer l’expression et la sécurité.

Cependant, parce que des personnes formulent des objections à propos des vidéos, nous faisons en sorte d’accorder un contrôle supplémentaire de leur contenu. Cela peut être des avertissements sur l’image qui va être visionnée. Nous ne détenons pas les outils pour cela et par conséquent nous devons enlever ce contenu''.

Les immolations de Tibétains, qui décrivent généralement l’acte comme une protestation contre les restrictions sur les libertés religieuses et culturelles dans les régions chinoises du Tibet, ont connu un pic en 2011 et 2012. Leur nombre a diminué ces dernières années mais les groupes de défense des droits humains affirment que dans les deux dernières semaines, trois personnes sont mortes après s’être mis le feu dans les régions tibétaines de Chine. Selon International Campaign for Tibet, 136 Tibétains se sont immolés depuis le 27 février 2009.

Mme Woeser, qui vit à Pékin, dit croire que le post peut avoir été supprimé en raison du caractère perturbateur de l’immolation, ou en raison des efforts pour assainir des contenus qui pourraient être critiques envers les autorités chinoises. Elle a rejoint Facebook en 2008 et a posté largement sur les immolations, mais elle dit que c’est la première fois que la société a enlevé son écrit.

"J’ai été vraiment surprise. Je ne pouvais pas en croire mes yeux" a-t-elle dit en réaction à l’avis de suppression. "Je pensais 'Comment se fait-il que ce ce site soit devenu comme un site web chinois ?’"

Mark Zuckerberg, le directeur exécutif de Facebook, a exprimé un intérêt dans une présence étendue de sa société en Chine, où son site est bloqué. En octobre, il a tenu une session de questions-réponses à l’Université Tsinghua de Pékin en mandarin, langue qu’il a étudié. Et un mois plus tôt, Lu Wei, le haut régulateur d’Internet en Chine, s’est rendu dans les bureaux de Facebook à Menlo Park en Californie, et il a été pris en photo assis en souriant au bureau de M. Zuckerberg, où un livre du président chinois Xi Jinping était bien en vue.

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