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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

L’ancien prisonnier politique Jigme Gyatso explique la torture chinoise devant la Commission exécutive sur la Chine du Congrès américain

25 avril 2016

ChinaAid, April 21, 2016 - Malgré les réformes, les autorités chinoises permettent encore les aveux sous la contrainte et la torture généralisées des détenus.

La Commission exécutive du Congrès américain sur la Chine (CECC) a organisé, le 14 avril 2016, une audience portant sur la torture systématique couramment utilisée dans les centres de détention de la Chine communiste. Ce qui a été exposé est décevant et inquiétant. Les témoins ont fourni des détails de ce qu’ils avaient personnellement vu et vécu.

Le but principal de la torture en Chine est d’extorquer des aveux de crimes. Elle est également utilisée pour casser la volonté du sujet et l’humilier.
Jigme Gyatso (Golog Jigme), moine tibétain, originaire de la province du Sichuan, a travaillé dans la province du Gansu avec le réalisateur Dhondup Wangchen, emprisonné six ans pour avoir réalisé un film sur la vie tibétaine.

Jigme Gyatso a lui aussi été arrêté et sévèrement torturé pendant deux mois en 2008, et de nouveau, mais moins brutalement, en 2009 et 2012. Il a résumé sa première incarcération de 2008 ainsi :

« Pendant un mois et 22 jours, j’ai été torturé en permanence. J’ai été forcé de rester dans la « chaise du tigre » … jour et nuit. … Mes bras ont été menottés devant moi sur une petite table en métal, et mes jambes étaient pliées sous le siège et attachées à la chaise avec des menottes en fer. Mes articulations ont souffert horriblement et à un moment mes pieds sont devenus tellement enflés que tous mes ongles sont tombés. J’ai encore des cicatrices sur mes poignets et chevilles datant du temps où la chaise a été retournée et suspendue au plafond, pendant des heures. J’ai été privé de sommeil et on me donnait  très peu à manger, et j’avais incroyablement soif … ».
Lors de l’échange du Comité des Nations Unies contre la torture avec la Chine à Genève en novembre 2015, Jigme Gyatso a entendu un fonctionnaire chinois défendre la « chaise du tigre » comme étant une protection et une sécurité pour les détenus. « Je passais des jours et des nuits dans une telle chaise ; c’était une horrible torture », a-t-il dit.

A la fin de l’audience, le Président Smith a fait remarquer que l’affirmation selon laquelle ces entraves protégeaient le détenu était « absurde ».
Jigme Gyatso a raconté qu’il a également été battu avec des bâtons de bois et des appareils électroniques . Ses mains étaient enchaînées derrière son dos et il fut suspendu à un tuyau au plafond.

Il n’a jamais été formellement arrêté ou inculpé et n’a jamais été jugé. Il a été détenu au secret sans rencontrer d’avocat ou bénéficier d’un traitement médical. Dans sa troisième détention en 2012, il était certain que les autorités allaient le tuer. Il a réussi à s’échapper et, après s’être caché pendant 20 mois, a fui en Inde et a finalement obtenu l’asile en Suisse.

Monique Dorizon via tibet-info.net

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