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« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

La nièce du regretté Tenzin Delek Rinpoche au nombre des « Héros des droits de l’homme » des Nations Unies

13 mars 2017

Tibet Post International, 8 mars 2017 - Une semaine avant l’ouverture de la session 2017 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, avec un nouveau mandat de trois ans pour la Chine, Nyima Lhamo, défenseure des droits de l’homme, activiste en fuite et nièce de Tenzin Delek Rinpoche, s’est adressée aux participants du 9ème Sommet de Genève pour les droits de l’homme et la démocratie sur le thème « La lutte pour la liberté et la démocratie ».

Préalablement au Sommet, Nyima Lhamo et d’autres intervenants ont participé à une réunion à huis-clos avec des diplomates des Nations Unies au bureau de la mission permanente du Canada. Selon le Bureau du Tibet à Genève – représentation officielle de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama et du gouvernement tibétain en exil pour l’Europe centrale et orientale – Nyima Lhamo a fait un bilan sur les violations des droits de la personne que subissent les Tibétains au Tibet et a  incité les diplomates à engager des discussions avec la Chine sur la détérioration des droits de l’homme au Tibet.

« Aucun pays ne résiste à la pression. Seules la pression et la vigilance internationales pourront amener la Chine à répondre des violations des droits de l’homme commises au Tibet, » a indiqué Nyima Lhamo.

Le Sommet de Genève pour les droits de l’homme et la démocratie est coparrainé par 25 ONG du monde entier œuvrant pour la défense des droits de l’homme. Cette conférence annuelle s’appuie sur la réussite et la dynamique des précédentes rencontres, largement plébiscitées  par la communauté internationale des droits de l’homme.

Aux côtés de Nyima pour le Tibet, d’autres intervenants sont venus représenter Cuba, l’Iran, la Corée du nord, la Russie et le Vietnam entre autres.

Mr Hillel Neuer, Directeur général de UN Watch a déclaré que certains des « héros des droits de l’homme de l’ONU » les plus respectés étaient réunis pour témoigner de leurs combats personnels pour les droits de l’homme, la démocratie et la liberté.

Nyima Lhamo a ému les quelques 300 participants, dont des diplomates des Nations unies et des ONG des droits de l’homme, en relatant des anecdotes personnelles sur sa vie au Tibet, et en expliquant pourquoi elle risquait sa propre vie, ainsi que la sécurité de sa mère vieillissante et de sa fille de six ans pour raconter l’histoire de son oncle Tenzin Delek Rinpoche, chef spirituel tibétain décédé des suites de tortures, et de problèmes de santé dans des circonstances suspectes à l’intérieur d’une prison chinoise au Tibet.

Nyima Lhamo a confié que les seuls crimes de son oncle étaient la confiance qu’il portait à  Sa Sainteté le Dalaï Lama, la reconnaissance dont il jouissait au sein de la communauté et son travail de défenseur de l’environnement et de la justice sociale.

Elle a ensuite ajouté : « Au cours de son incarcération, mon oncle nous faisait secrètement parvenir des messages enregistrés nous incitant à cesser de faire du mal aux êtres sensibles, même aux petits insectes comme les fourmis. Il a avoué que ‘l’idée de nuire aux autres ne lui avait jamais traversé l’esprit’. C’était un homme de principe qui plaçait le bien-être des Tibétains avant ses intérêts propres. »

Nyima Lhamo a révélé comment son oncle avait été soumis à la torture. « Pendant son incarcération, mon oncle a raconté son expérience de la torture en prison. Il a confié à ma mère qu’il était soumis à de graves tortures qui lui faisaient perdre connaissance. Les responsables de la prison l’ont battu à maintes reprises, et ont tourné en ridicule son titre de ‘chef spirituel’, lui demandant de faire la preuve de sa force spirituelle en déviant les coups. »

Pendant le récit des évènements qui ont conduit à l’arrestation arbitraire de son oncle sur la base de fausses accusations, à sa détention et à sa mort mystérieuse en prison, Nyima Lhamo a déclaré : « Je suis là aujourd’hui devant vous dans l’espoir que la communauté internationale qui défend les droits de l’homme, la liberté et la justice fera en sorte que ce que la Chine a fait subir à mon oncle n’arrivera pas à d’autres Tibétains innocents ou à quiconque dans ce monde. »

« Il y a eu déni de justice de la part des autorités chinoises dans de nombreux cas, notamment celui de mon oncle Tenzin Delek Rinpoche. On lui a refusé un procès équitable et une libération conditionnelle pour raisons médicales. Il a fini par mourir dans des circonstances mystérieuses, et même après sa mort, on lui a refusé la possibilité de recevoir les rites bouddhistes. Nous avons, par conséquent, toutes les raisons de croire qu’il a été empoisonné. »

Nyima Lhamo a conclu avec ses mots : « La Chine espère que le cas de mon oncle tombe dans l’oubli. Mais moi je refuse d’accepter les injustices qui nous sont infligées, et à l’âge de 26 ans, j’ai pris la décision la plus importante et la plus courageuse de ma vie : quitter le Tibet et m’exiler afin d’obtenir justice pour mon oncle. »

 » Quels que puissent être les défis à relever, je suis déterminée à obtenir l’ouverture d’une enquête dans le cas de mon oncle. »

« Je me tiens devant vous aujourd’hui dans l’espoir que la communauté internationale qui défend les droits de l’homme, la liberté et la justice mènera une enquête approfondie et fera pression sur la Chine pour qu’elle lève le voile sur les circonstances qui ont conduit à la mort de mon oncle en prison ».

« Aucun pays, pas même la Chine, ne résiste à la pression internationale. Par conséquent, seule cette pression internationale peut obliger la Chine à répondre des graves violations des droits de l’homme commises au Tibet. »

« Pour terminer, je crois sincèrement qu’une résolution pacifique de la question du Tibet fera progresser le respect du droit international en matière de droits de l’homme et de dignité humaine. »

L’invasion du Tibet par la Chine communiste a commencé en 1949. Pékin appelle cela une « libération pacifique ». Depuis cette époque, plus d’1,2 millions de Tibétains sur une population de 6 millions ont été tués, plus de 6000 monastères ont été détruits – les Tibétains ont subi au Tibet meurtres, viols, emprisonnements arbitraires, tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants. Mais Pékin continue à prétendre que « la Chine a ‘libéré pacifiquement’ le Tibet, et que les Tibétains vivent dans un « paradis socialiste maoïste. »

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