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« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

A Larung Gar, la répression silencieuse de Pékin

27 mars 2017

Le magazine du monde, 24 mars 2017 - La renommée de ce haut lieu du bouddhisme tibétain, situé dans la région du Sichuan, en Chine, dérange les autorités. A l’abri des regards, celles-ci multiplient expulsions et destructions au nom des « valeurs fondamentales du socialisme ».

Ce sont des milliers de maisonnettes en rondins ou en parpaings , peintes de couleur pourpre et accrochées aux montagnes comme des gradins autour d’un cirque. De larges fenêtres mangent les façades, tels de grands yeux attentifs. Larung Gar, « campement » (gar) monastique tibétain perché à 4 200 mètres d’altitude dans la vallée de ­Sertar (province du Sichuan, centre-ouest de la Chine), n’a peut-être plus ce visage pour très longtemps. Après des années de relative tolérance, le pouvoir chinois entreprend de mettre au pas cette communauté bouddhiste forte de 10 000 à 20 000 membres. Et compte bien le faire sans témoins, surtout étrangers.

Les résidents de Larung Gar, en grande majorité des Tibétains mais aussi un certain nombre de Hans – l’ethnie majoritaire en Chine –, sont sous le coup d’un ordre d’expulsion qui a pour but d’abaisser sa population à 5 000 personnes et de complètement reconfigurer le site. Des installations touristiques sont déjà en chantier dans la plaine en contrebas. Le renvoi forcé d’occupants et la destruction des cellules ont commencé mi-2016, en secret. Alertée, l’ONG Free Tibet avance le chiffre de 6 700 départs à ce jour. D’autres ont fait état de maisons vides, cadenassées. 1 500 habitations auraient déjà été démolies, a déclaré mi-mars un des lamas de Larung Gar aux résidents.

Ascendance morale contestéeLes autorités chinoises, de leur côté, se plaignent d’une expansion incontrôlable de l’institut bouddhiste. « Elles s’efforcent, certes très maladroitement et sans délicatesse, d’établir une capacité de contrôle sur une institution unique par sa taille et son importance, et qui jusqu’alors fonctionnait plus ou moins en dehors du système », constate le tibétologue britannique Robbie Barnett. Il craint toutefois que « la situation ne se dégrade rapidement si les chefs religieux de Larung Gar échouent à convaincre les résidents de ne pas protester ».

Car le degré de coercition déployé rappelle que les religions, et pas seulement le bouddhisme tibétain, sont devenues suspectes sous la présidence Xi Jinping, qui veut leur imposer d’être « patriotiques » et fidèles aux « valeurs fondamentales du socialisme » – c’est-à-dire au Parti. Surtout, Larung Gar semble déranger par son ascendance morale grandissante dans ces régions tibétaines encore sous le coup des deux derniers grands spasmes contestataires que furent la vague de protestations de 2008, puis les 146 immolations…

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