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« Compassion et tolérance ne sont pas des signes de faiblesse mais de force. »

Les trouble-fêtes chinois muselés avant les J.O.

14 janvier 2008

http://www.lessentiel.lu/news/monde/story/24311145
La Chine a enclenché une vague de répression avant les jeux Olympiques de Pékin
pour éviter que les dissidents ne jouent les trouble-fêtes, selon des militants et
organisations des droits de l'Homme.
 
Peu avant la fin de l'année, l'une des figures de la dissidence, Hu Jia, 34 ans, très
critique envers le régime communiste avant les J.O., en a fait les frais. Il a été arrêté
pour "incitation à la subversion". Cette accusation, généralement utilisée contre les
militants, peut les conduire plusieurs années en prison.

L'arrestation a eu lieu en pleines vacances de Noël, permettant un moindre écho
dans les médias occidentaux, soulignent les milieux dissidents. "C'est un
avertissement. En en frappant un, vous faites peur à cent autres", explique Sun
Wenguang, professeur à la retraite de l'Université du Shandong, qui dénonce
régulièrement les atteintes aux droits de l'Homme dans son pays.
"Le gouvernement essaie de créer un climat de peur pour assurer des jeux
Olympiques +propres+", ajoute-t-il.

«La Chine est un pays de droit»

La seule réaction officielle est venue d'une porte-parole du ministère des Affaires
étrangères, Jiang Yu, interrogée par un journaliste étranger lors d'un point-presse
régulier la semaine dernière. "La Chine est un pays de droit. Chacun est égal devant
la loi et personne n'est au-dessus des lois. Nous gérerons cette affaire conformément
au droit", a-t-elle dit.

La version écrite de la conférence de presse, publiée sur le site du ministère, ne fait
pas mention de la question, ni de la réponse. Pour le réseau China Human Rights
Defenders, au lieu de respecter ses engagements pré-olympiques d'améliorer la
liberté d'expression dans le pays, Pékin renforce la répression. "Ces deux dernières
semaines, la police a commencé à arrêter et à mettre en résidence surveillée des
dizaines de militants, des intellectuels critiques et des avocats qui défendent les droits
civiques", a indiqué le réseau. "Les restrictions de mouvement, les harcèlements et
l'emprisonnement de militants augmenteront sûrement à l'approche des jeux
Olympiques", ajoute-t-il dans un communiqué diffusé en fin de semaine dernière.

Répression qui vise également le Net

Parmi ceux qui ont également été visés figure le bloggeur Wang Dejia, arrêté le mois
dernier pour avoir publié des articles critiquant le non-respect des droits de l'Homme
par Pékin avant les JO. Guo Feixiong est une autre victime. Il a été emprisonné pour
cinq ans en novembre après avoir dénoncé la corruption dans le sud du pays. Les
autorités ont également interdit une réunion d'écrivains de tout le pays, parmi lesquels
des dissidents, qui devait se tenir fin décembre à Pékin. Certains de ceux qui
devaient y participer ont été arrêtés.

Dans une pétition publiée lundi, 57 dissidents ont appelé la communauté
internationale à faire pression sur la Chine. "Nous appelons les pays libres, les
organisations internationales des droits de l'Homme et l'opinion publique mondiale à
faire pression sur le gouvernement chinois pour le respect des droits de l'Homme, de
respecter la loi et les promesses qu'il a faites", écrivent-ils. Pour Sun Wenguang, le
gouvernement va tester la réaction internationale.

"S'il y a de fortes protestations, ils vont y penser à deux fois et relâcher un peu la
pression", juge-t-il. En 1993, alors que Pékin attendait le résultat de sa première
candidature pour l'organisation des JO de 2000, le régime communiste avait libéré le
célèbre dissident Wei Jingsheng. Ce dernier avait été réincarcéré peu de temps
après l'échec de la candidature chinoise.

 

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