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« Compassion et tolérance ne sont pas des signes de faiblesse mais de force. »

Interwiew par l' hebdomadaire " Le Point " de l'ancienne skieuse française Marielle Goitschel : "La Chine traite ses athlètes comme du bétail"

30 juillet 2008

Le Point 28 Juillet 2008 http://www.lepoint.fr/actualites-politique/marielle-goitschel-la-chine-traite-ses-athletes-comme-du-betail/917/0/263591

Avec d'autres célèbres sportifs français, comme le navigateur Thomas Coville ou le coureur cycliste Bernard Hinault, la championne olympique de ski alpin Marielle Goitschel  ( Photo )accompagnera le chef de l'État Nicolas Sarkozy - qui l'a décorée le 14 juillet dernier de l'insigne d'officier de la Légion d'honneur - le 8 août à Pékin, pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Jointe par lepoint.fr, elle défend l'idée que la France "peut marquer sa différence sur les droits de l'homme" et n'épargne pas les autorités chinoises.

Lepoint.fr : Avez-vous hésité lorsque l'Élysée vous a proposé d'accompagner Nicolas Sarkozy ?
Marielle Goitschel : Non. Je pense que ça va être très beau. L'Élysée me l'a proposé mi-juillet et j'ai tout de suite accepté. Je suis très fière que Nicolas Sarkozy m'ait donné l'honneur de l'accompagner à l'ouverture des Jeux de Pékin. Je suis très fière même si, il y a quelques mois, je me disais qu'il ne fallait pas y assister, à cause du Tibet, des droits de l'homme bafoués. Je pense que la France peut néanmoins marquer sa différence sur ces questions et sur la façon dont elle traite ses athlètes.

Lepoint.fr : La question du Tibet vous a donc posé un problème...
M. G. : Oui. Je suis pour que le Tibet garde sa culture et son autonomie. Je me sens assez proche de la philosophie bouddhiste et du dalaï-lama. Mais ce ne sont pas les Français qui peuvent résoudre le problème du Tibet. Au niveau diplomatique, nous n'avons d'ailleurs pas la puissance allemande ni l'influence que peut avoir Angela Merkel. La Chine n'est pas aussi dépendante de la France que de l'Allemagne. Le problème tibétain existe depuis plus de 50 ans. Arrêtons de vouloir faire des sportifs français les correcteurs de l'histoire. D'ailleurs, je trouve que Robert Ménard en a fait beaucoup trop. On ne prend pas les anneaux olympiques en otages pour en faire des menottes. Le maire de Paris Bertrand Delanoë va recevoir le dalaï-lama, je trouve cela très bien.

Lepoint.fr : Vous êtes très critique, en revanche, sur la façon dont la Chine traite ses athlètes...
M. G. : Je n'aime pas la façon dont la Chine entraîne ses athlètes. C'est-à-dire comme du bétail. Il suffit de voir ne serait-ce que les reportages sur les entraînements imposés aux petites gymnastes chinoises. Les pays européens respectent plus leurs athlètes, ce n'est pas "la médaille d'or ou rien". En même temps, la Chine est déjà sur la voie du changement et les JO peuvent agir comme un détonateur. De toute façon, les Jeux sont éternels, et c'est eux qu'on retiendra, plus que Pékin.

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