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Chine: Skype espionne-t-il pour le gouvernement chinois ?

6 octobre 2008

Radio France International par Nicolas Vescovacci 3 octobre 2008 http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_73107.asp

Skype, la société de messagerie sur Internet (filiale d'Ebay) travaille-t-elle indirectement pour le compte du gouvernement de Pékin ? C'est la question que pose un groupe d'experts canadiens de l'université de Toronto (Citizen Group). Dans un rapport publié jeudi 2 octobre, ces chercheurs affirment que la filiale chinoise de Skype, TOM Online, stocke des échanges écrits de ses utilisateurs contenant des mots sensibles comme Tibet, Taiwan ou encore démocratie. Des messages mais aussi des données personnelles qui seraient mis à disposition sur des serveurs non sécurisés, autrement dit accessibles à tous et donc à la police chinoise. Cette nouvelle affaire relance la polémique sur les compromis que les groupes technologiques occidentaux acceptent de faire pour s'implanter en Chine.

Skype s'est dit d'abord « profondément désolé », indiquant que son partenaire chinois avait réalisé des modifications techniques à son insu. Puis, le président de la société Josh Silverman a tout de suite tenu à préciser que TOM Online « ne faisait que respecter la loi chinoise. » La loi et rien que la loi ! En 2006, TOM Online met en place un filtre pour empêcher la diffusion de certains mots ou expressions jugés inacceptables.

Selon Citizen Lab, TOM Online faisait beaucoup plus. Il stockait sur des serveurs non sécurisés tous les messages et les données sensibles à caractère politique. Dans leur rapport, ces experts n’accusent pas directement Skype d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois, mais ils posent une question légitime : « Si toutes les informations étaient accessibles, dans quelle mesure TOM Online et Skype coopèrent-ils avec le gouvernement chinois pour surveiller les communications de militants ou de simples citoyens ? »

Pour justifier ses activités, TOM Online, propriété de Li Ka-shing, le plus riche homme d’affaires hongkongais, invoque évidemment la loi chinoise.

Cette affaire en rappelle d’autres. Car c’est la loi chinoise que Yahoo! avait lui aussi invoquée pour se défendre d’avoir révélé en 2003 et 2004 l’identité de deux cyber-dissidents, immédiatement arrêtés et condamnés sur la base des informations fournies par ses employés. Quelques années plus tard, le Congrès américain s’était saisi de l’affaire et le PDG de Yahoo!, Jerry Yang, avait finalement été obligé de créer en 2007 un fonds de soutien en faveur des cyber-dissidents chinois. Générosité ou cynisme ? Wang Xianing et Shi Tao, eux, croupissent toujours en prison !

Coupable, Yahoo! ? Mais alors que dire de Cisco System ou de Microsoft qui sont obligés de travailler avec les autorités chinoises ! Pour sa part, Google, le célèbre moteur de recherche sur Internet a accepté de verrouiller son site chinois  en rendant quasi impossibles, depuis la Chine continentale, les recherches sur des thèmes sensibles comme le Tibet ou l’organisation Falun Gong.

Au mois de janvier 2008, le PDG de China Mobile Communications est fier d’expliquer lors du forum de Davos que son groupe public dispose d'un accès illimité aux données personnelles de ses 300 millions de clients. Wang Jianzhou affirme sans détour que ses services fournissent à la police chinoise toutes les informations lorsque celle-ci en fait la demande.

En Chine, ce n’est un secret pour personne, le gouvernement surveille et censure avec la complicité des géants de l’Internet et des grands groupes de télécommunication. Ces entreprises sont parfois prêtes à faire toutes les concessions pour percer le plus grand marché télécom et Internet de la planète.

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