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« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

Des ONG demandent à Pékin d'accroître les droits des journalistes chinois

20 octobre 2008

 
Des organisations de défense des droits de l'Homme et des experts des médias ont réservé samedi un accueil circonspect à la décision de la Chine de donner davantage de liberté aux journalistes étrangers et demandé que cette disposition soit étendue aux journalistes chinois.

 

Pékin a en effet annoncé vendredi que la directive temporaire adoptée à l'occasion des jeux Olympiques accordant plus de liberté aux journalistes étrangers deviendrait la règle.

Sharon Hom, qui est à la tête de l'ONG Human Rights in China, dont le siège est à New-York, a réclamé qu'elle soit appliquée aux journalistes chinois : "le gouvernement chinois doit répondre aux demandes de son propre peuple", la Chine "doit respecter sa propre Constitution qui garantit la liberté de la presse, un droit pour lequel plusieurs journalistes et écrivains chinois ont payé et continuent à payer un prix trop élevé".

Pour David Bandurski, chercheur à l'Université de Hong Kong, les nouveaux droits accordés à la presse étrangère n'auront pas d'impact notable sur la presse locale, notant qu'"il s'agit de mesures destinées uniquement à améliorer l'image de la Chine à l'étranger".

Li Datong, un journaliste, estime qu'il faudra attendre de longues années, probablement une trentaine, avant que ses confrères chinois ne jouissent de la même liberté que leur collègues étrangers.

C'est vendredi que devait expirer la directive provisoire concernant les journalistes étrangers. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, avait annoncé ce même jour qu'elle deviendrait désormais la règle, au cours d'une conférence de presse convoquée de manière inopinée.

Depuis le 1er janvier 2007, les journalistes étrangers n'avaient plus officiellement l'obligation de requérir le feu vert préalable des autorités provinciales pour réaliser des reportages et avaient en théorie le droit de se rendre dans toute la Chine, s'ils obtenaient l'accord des personnes qu'ils voulaient interviewer.

Mais M. Liu a de nouveau précisé que ces règles ne s'appliquaient pas aux Chinois et que ces derniers ne pouvaient pas travailler pour des médias étrangers.

Le Club des correspondants étrangers de Chine (FCCC) a accueilli favorablement la décision de Pékin tout en relevant par la bouche de son président Jonathan Watts qu'il faudrait que le gouvernement s'assure que la police et les autorités locales en respectent aussi bien la lettre que l'esprit.

L'association a recensé depuis le 1er janvier plus de 335 cas où des journalistes ont été victimes d'entraves dans leur travail de la part des autorités.

L'association a aussi appelé la Chine à adopter une loi pour la protection des sources et à mettre fin aux à l'obligation qu'ont les hôtels d'alerter la police de la présence de journalistes étrangers.

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