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Le Canada a déjà considéré le Tibet comme un État souverain

3 février 2009

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/29-ottawa/234-canada-tibet

Nouvelles Générales - Politique fédérale
Écrit par Mathieu Bélanger   
Vendredi, 30 Janvier 2009 19:44

OTTAWA - Des documents secrets des années 1950 qui émanent du ministère des Affaires étrangères révèlent que le Canada considérait le Tibet comme un État souverain lors de l'invasion de la Chine en octobre 1950.


Correspondances entre le premier ministre canadien John Diefenbaker, le dalaï-lama et le gouverneur général, avis juridiques du ministère des Affaires étrangères, notes de service à l'intention du bureau du premier ministre ou mémoires produits par des observateurs du gouvernement canadien à l'étranger, voilà certains dossiers secrets dévoilés cette semaine par le Comité Canada-Tibet.

Ces documents, 66 pages d'archives récemment déclassifiées par le gouvernement fédéral, en disent long sur la position canadienne quant à l'invasion chinoise en territoire tibétain en octobre 1950. Ces événements ont été à l'origine du massacre de Lhassa, en 1959, qui a fait, selon le gouvernement tibétain en exil, plus de 87 000 morts..

Le respect des droits de l'homme au Tibet fait depuis l'objet d'un débat international. C'est d'ailleurs ce débat qui a fait du dernier parcours de la flamme olympique jusqu'à Pékin un événement chaotique du début à la fin.

Un document du ministère de la Défense nationale intitulé «Importance stratégique du Tibet» et daté du 6 octobre 1950 informe le gouvernement que les seules raisons qu'a Pékin de vouloir envahir le Tibet proviennent de considérations militaires. « Mao Tsé-toung veut ainsi faciliter l'entrée du communisme en Inde en passant par le Kashemir», peut-on y lire.

Visées militaires

Ottawa avait déjà été informé des visées militaires de la Chine sur le Tibet en 1944. Un mémoire produit par une délégation canadienne en Chine mentionne que «les Chinois ne considèrent pas comme étant un véritable acte d'agression leur tentative d'obliger les Tibétains à accepter que leur pays soit incorporé à la Chine et en fasse partie intégrante».

C'est cependant l'avis juridique du ministère des Affaires étrangères préparé en octobre 1950 qui est le plus précis quant à la position canadienne sur le statut du Tibet.

«Il apparaît que la revendication de la Chine de sa souveraineté sur le Tibet n'est pas fondée, est-il écrit. Sur la base de faits vérifiables, il semble que la suzeraineté chinoise, qui a peut-être existé avant 1911 bien que mal définie, n'ait été que pure fiction. De fait, durant les 40 dernières années, le Tibet a contrôlé ses propres affaires intérieures et extérieures. Au vu de cette situation, le Tibet réunit, d'un point de vue du droit international, les conditions prescrites pour être reconnu en tant qu'État indépendant.»

C'est au début des années 1960 que la position du Canada se modifie pour devenir essentiellement ce qu'elle est encore aujourd'hui. En réponse à une lettre du dalaï-lama écrite en octobre 1961 et faisant mention des massacres de 1959 perpétrés contre le peuple tibétain, le premier ministre Diefenbaker affirme que le Canada va appuyer toute action pouvant mener à un respect des droits humains au Tibet.

L'anniversaire de la rébellion

La diffusion de documents secrets concernant la position canadienne sur l'invasion chinoise au Tibet survient à quelques semaines du 50e anniversaire de la rébellion tibétaine qui s'est soldée, le 10 mars 1959, par des dizaines de milliers de morts et des centaines d'exécutions publiques.

« L'histoire du Tibet ne pourra jamais être effacée », a déclaré à RueFrontenac.com Dermod Travis, directeur général du Comité Canada-Tibet.

M. Travis ajoute que ces documents sont une occasion d'expliquer au gouvernement du Canada son obligation morale à collaborer afin de trouver une solution négociée entre la Chine et le dalaï-lama. Selon lui, les derniers événements au Tibet rendent encore plus urgente une telle négociation.

De fait, plusieurs sources dans le monde font état d'une vaste opération policière lancée par la Chine le 18 janvier au Tibet. En une seule semaine, 8 424 personnes auraient fait l'objet d'une enquête des autorités chinoises, selon le China Tibet News et l'AFP. Il y aurait eu des centaines d'arrestations.

« Le Canada doit faire pression pour que cesse cette campagne policière et pour que les Tibétains accusés d'opinions réactionnaires puissent jouir de l'aide d'un avocat », a indiqué M. Travis.

Le ministère des Affaires étrangères n'a pas été en mesure de donner suite aux demandes de RueFrontenac.com. Toutefois, le Ministère explique qu'il veut une véritable autonomie régionale pour le peuple tibétain au sein de la Chine, et que ce soit grâce à des négociations de fond entre le gouvernement chinois et le dalaï-lama.


Pour consulter les documents :
http://tibet.ca/_media/PDF/secret_canada_tibet_file.pdf

 

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