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« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

Droits de l'homme: la Chine rejette les critiques "politisées" sur le Tibet

10 février 2009

A.F.P 9 Février 2009

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gKO1q6g_lRyzhhJyEAGOg-hnrW2w

GENÈVE (AFP) — La Chine a rejeté lundi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU les critiques occidentales jugées "politisées" sur la situation au Tibet, préférant vanter ses succès dans le domaine social sous les applaudissements des pays en voie de développement.

Par la voix de son ambassadeur à l'ONU, Li Baodong, la Chine a estimé "sans fondement" les propos de "certains pays comme l'Australie" dans le cadre de l'Examen périodique universel (EPU) auquel était soumis son pays pour la première fois.

L'Australie, imitée par d'autres pays occidentaux, avait exprimé ses "graves inquiétudes" au sujet de rapports faisant état de "harcèlement, d'arrestations arbitraires, de punitions et de détentions de minorités ethniques et religieuses, y compris au Tibet et pour les Ouïghours", musulmans de la région du région du Xinjiang (ouest).

"Nous rejetons catégoriquement cette tentative de politiser la question" du Tibet, a tranché le représentant chinois au cours de l'EPU.

L'Examen périodique universel consiste à passer en revue la situation des droits de l'homme de chacun des membres de l'ONU une fois tous les quatre ans. Il comprend une présentation par le pays concerné, suivie d'un "débat interactif" avec les 47 membres du Conseil ainsi que les très nombreux observateurs.

Un nombre record de 115 pays étaient inscrits pour le débat, dont seuls une soixantaine a pu s'exprimer dans les trois heures imparties.

Dans la présentation de son rapport, M. Li n'a pas fait mention du Tibet, s'attachant à énumérer les réussites en matière de droits sociaux et économiques et du développement au nom de "l'indivisiblité" des droits de l'homme, une formule visant indirectement à relativiser l'importance des droits civils et politiques.

M. Li s'est notamment félicité du fait que la Chine était "le premier pays au monde" à avoir atteint les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par l'ONU concernant la réduction de la pauvreté.

Devant un parterre largement acquis à sa cause, la Chine s'est attiré les félicitations de pays en voie de développement, parmi lesquels beaucoup de pays africains, asiatiques ou d'Amérique latine.

Ceux-ci ont appelé la Chine à "partager son expérience et ses bonnes pratiques" en matière de droits économiques et sociaux, de santé, d'éducation ou d'environnement.

Malgré le flot des louanges, une douzaine de pays occidentaux ont réussi à faire entendre leur voix pour évoquer, selon eux, de "nombreuses violations" des droits de l'homme.

Parmi elles, plusieurs pays ont critiqué la pratique très répandue de la peine de mort sur laquelle peu d'informations sont disponibles, les programmes de rééducation par le travail, les arrestations arbitraires, la liberté des médias ou encore les droits des minorités, dont celui des Tibétains.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé l'"approche faite de déni" des autorités chinoises, qualifiant de "vague" l'invitation adressée par la Chine à la Haut commissaire des droits de l'homme de l'ONU, Navy Pillay à venir visiter le pays "au moment opportun pour les deux parties", selon la Chine.

"L'approche faite de déni et l'imprécision des engagements montrent sa réticence et son incapacité à s'engager effectivement dans toute discussion critique sur les droits de l'homme", a déploré Julie de Rivero, directrice du bureau de HRW à Genève.

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