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Dossier spécial : Tiananmen, 20 ans

4 juin 2009

Dossier spécial : Tiananmen, 20 ans
le 3/6/2009 à 20h26  par AFP
 
Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars entraient sur la place pour écraser le Printemps de Pékin, né 50 jours plus tôt, et les étudiants qui le portaient. Retour sur cet événement encore tabou en Chine
 
 
1 - 4 juin 1989 : la mort du Printemps de Pékin
 
Ce samedi 3 juin, le climat est à l'insurrection. Le "printemps de Pékin" va mourir dans la nuit, là même où il est né 50 jours plus tôt, sur l'immense place Tiananmen reconquise par une Armée Populaire qui tire sur le peuple pour écraser la révolte sans précédent contre l'ordre communiste chinois.
La nuit précédente, une foule dense et survoltée a vigoureusement repoussé quelques milliers de militaires sans armes qui tentaient d'investir le centre ville. "Rentrez chez vous, on vous a trompés !", s'époumonent les contestataires dont les rangs n'ont cessé de grossir sept semaines durant, tandis que se radicalisaient les slogans.
A l'apogée de la révolte, l'exigence initiale de réforme démocratique s'accompagne d'appels à la démission, sur l'esplanade transformée en imposant camp de toile pacifiste au pied de la Cité Interdite.
Les barricades se multiplient ce samedi. Aux principaux carrefours stratégiques, des autobus, arbres et glissières de sécurité entravent désormais la circulation. Le but : interdire la venue du gros des troupes immobilisées à la périphérie par les manifestants.
A 20H00: La radio et la télévision d'Etat relaient un message du QG de la loi martiale ordonnant aux Pékinois de rester chez eux "pour éviter les pertes inutiles". Cependant, la marée humaine continue d'occuper le pavé, dans la touffeur annonciatrice de l'été.
23H35: les premières salves d'armes automatiques déchirent la nuit à Muxidi, faubourg populeux à l'extrémité ouest de Chang'an, la large avenue de la Paix  Eternelle qui conduit tout droit à Tiananmen.
Déstabilisé, divisé sur l'opportunité du recours à la force, le pouvoir a longtemps tergiversé.
A présent, les soldats en tenue de combat verte et casque lourd sont dotés de fusils d'assaut, et accompagnés de chars. Les contestataires les accueillent à coups de pierres puis de cocktails Molotov. Les premiers morts et blessés sont évacués par triporteurs, ou sur des brancards de fortune. Déjà, des tirs nourris se répondent aux points cardinaux de la mégapole, ponctués de clameurs et de l'explosion des réservoirs de dizaines de véhicules militaires incendiés.
La manoeuvre d'encerclement progresse inexorablement. Au sud, les militaires se frayent un chemin en tiraillant, aux abords du Temple du ciel. Au nord-ouest, les assaillants "sécurisent" Haidian, le quartier des universités. Au total, plus de 50.000 militaires sont mobilisés, selon les experts occidentaux.
02H00 le dimanche 4 juin: des fantassins, parachutistes et commandos arrivent aux abords de Tiananmen plongée dans l'obscurité. Des pourparlers s'engagent au mégaphone, sur fond de détonations.
05H00: le dernier carré d'étudiants autour de la pasionaria Chai Ling a levé le camp en pleurs. Un blindé renverse la réplique de la statue de la liberté en polystyrène expansé qui trônait à deux pas du mausolée de Mao.
Tout au long du dimanche, la fusillade se prolonge, sporadique. Sur Chang'an, par vagues espacées, des manifestants s'approchent des soldats, puis refluent sous les tirs.
Le lendemain les images du face-à-face d'un inconnu à la chemise blanche et un char de combat font le tour du monde. La télévision chinoise diffuse les premières séquences d'arrestations ainsi qu'un flot discontinu d'images expurgées en provenance des caméras de sécurité dont Pékin est truffée. On y voit des émeutiers attaquer les convois, se saisir de militaires. Une séquence insoutenable montre les corps carbonisés ou éviscérés de quelques jeunes soldats, pendus à un bus ou à un pont.
Quelques centaines, quelques milliers ? Le bilan des victimes de la tragédie, dont des millions de téléspectateurs étrangers ont été les témoins en direct, restera un secret d'Etat.
Le régime chinois peut annoncer crânement l'échec de "la rébellion contre-révolutionnaire" à Pékin, en ce début d'année 89 qui verra la chute du mur de Berlin et du communisme en Europe. "La place Tiananmen a été rendue au peuple, mais reste interdite au public", proclame un communiqué officiel, dans la capitale quadrillée par l'armée.
2 - 20 ans après, les Mères de Tiananmen ont toujours soif de vérité
Vingt ans après la mort de son fils, tué d'une balle dans le coeur lors de la répression des manifestations en faveur de la démocratie en Chine, la douleur de Ding Zilin, devenue une des figures des "Mères de Tiananmen", est toujours aussi vive.

Jiang Jielian avait 17 ans et avait participé avec ferveur aux six semaines de manifestations qui précédèrent l'intervention de l'armée à Pékin dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, pour mettre un terme au mouvement lancé par les étudiants. Le 3 au soir, bravant l'opposition de sa mère, il est sorti en catimini. Ding Zilin n'a jamais revu vivant son unique enfant. Autour de minuit, les chars pénétraient sur la place Tiananmen, coeur de la contestation, sans livrer bataille. Mais dans les artères adjacentes ou plus éloignées, au petit matin, des centaines, peut-être des milliers d'étudiants, d'ouvriers et autres citoyens ordinaires étaient morts. Jiang était du nombre.

Ding, frêle dame de 72 ans, ne retient pas ses larmes à cette évocation. "Plus haut, une femme vient d'accoucher d'un garçon, et tous les jours, lorsque je passe devant eux, je pense à mon fils petit", confie-t-elle à l'AFP. "S'il avait vécu, il aurait 37 ans, aurait fondé une famille. Comment puis-je oublier ? Je vis avec tout cela!".

Ding enseignait la philosophie à l'Université du peuple de Pékin. Elle a été poussée à la retraite anticipée car elle dérangeait, avec sa soif de connaître la vérité sur la tragédie, demandant des comptes au gouvernement via la presse étrangère, au début des années 90. "Avant de rompre le silence, j'étais entre la vie et la mort. Mon fils était subitement parti et, longtemps, j'ai songé à le suivre". On dit qu'elle a tenté six fois de mettre fin à ses jours.

Jusqu'à ce qu'elle rencontre en août 1989, une autre mère de victime. Puis une deuxième. Et une troisième. Ainsi sont nées "Les Mères de Tiananmen", un groupe de 128 personnes, qui demande inlassablement depuis lors vérité et justice. Depuis 1997, les Mères interpellent régulièrement le Parlement, sans jamais avoir de réponse.

Ding a dû à cet activisme d'être arrêtée, placée en résidence surveillée. Aujourd'hui, on peut lui rendre visite dans son appartement moderne de Pékin, mais non sans s'être dûment enregistré à l'entrée de la résidence. Elle a refusé de quitter la capitale, comme les autorités lui demandaient, avant la date fatidique du 4 juin.

Le gouvernement s'en tient à son analyse des événements: une "révolte contre-révolutionnaire". Des centaines de personnes l'ont payé de leur liberté, en sus des victimes jamais officiellement comptabilisées.

Ding par ses propres moyens a pu, au fil des ans, confirmer 195 morts - son fils compris. "Vous savez, d'autres parents m'envient parce que je sais exactement quand et où mon fils a été tué: 23h, le 3 juin", dit-elle.

L'urne funéraire est là, dans un coin du salon, près d'une photographie de Jiang - grand jeune homme le front ceint d'un bandeau rouge - prise un mois avant sa mort, lors d'une manifestation. "Comment auraient-ils pu savoir qu'un mois plus tard ce serait le désastre?", demande Ding, une fois remise d'un léger vertige dû à la tension.
Pourtant, elle le redoutait à l'époque, se rendant fréquemment dans les dortoirs de ses étudiants pour les adjurer de ne pas manifester: "Je leur disais qu'ils n'en tireraient rien de bon, que le Parti communiste frapperait en retour". "Je ne laissais pas mon fils y aller non plus. Mais son père l'encourageait...". Récemment victime d'une embolie cérébrale, le père se repose dans la pièce d'à côté.

"Toute ma vie tourne autour du 4 juin. Je ne pense pas que je verrai jamais justice rendue. Mais je n'abandonnerai jamais".
3 - Wang Dan, l'un des leaders du mouvement de Tiananmen: "Je me sens fier à chaque fois que j'y pense"
"Je me sens fier à chaque fois que j'y pense": Wang Dan, numéro un de la liste des 21 leaders les plus recherchés du mouvement prodémocratique de Tiananmen après la répression, prisonnier en Chine, puis exilé de force, n'a aucun regret vingt ans après. "Nous avons beaucoup perdu, mais nous avons aussi beaucoup gagné", confie Wang Dan à l'AFP dans un entretien depuis Taïwan, "alors je ne regrette rien".
Avec Chai Ling et Wu'er Kaixi, il avait pris la tête d'un mouvement de protestation pacifique jamais vu sous le Parti communiste chinois. "Insuffisamment préparé à la fuite" contrairement aux autres meneurs, Wang, le modéré, a connu près de sept ans la rigueur des prisons chinoises avant d'être expulsé en 1998 vers les Etats-Unis.
Docteur en Histoire de Harvard depuis 2008, il est aujourd'hui Membre associé à l'Université d'Oxford et milite toujours pour la démocratisation de son pays.
On se souvient de la silhouette fine, des grosses lunettes, et du visage, souvent grave, de ce jeune étudiant d'histoire de l'Université de Pékin haranguant, micro en main, la jeunesse en révolte. On se souvient aussi de Wang Dan et de l'idéalisme de ses 20 ans. "Nous allons reprendre des mains de cette bande d'hommes âgés les pouvoirs de la démocratie et de la liberté qu'ils nous ont enlevés", lançait-il dans son premier discours, fin avril 1989.
"Ce qui m'a le plus marqué, c'est la manifestation du 27 avril", dit Wang dans cette interview à l'AFP réalisée 20 ans plus tard. "J'étais sur le pont de Jianguomen, il y avait des banderoles partout. C'était la première manifestation politique non autorisée de la République populaire de Chine (...) le peuple chinois commençait à parler de sa propre voix".
La veille, un éditorial du Quotidien du peuple avait dénoncé "un complot destiné à plonger le pays dans le chaos" et "à renverser le Parti communiste", mettant le feu aux poudres alors que le mouvement commençait à s'essoufler. Au mépris des avertissements de la police, 50.000 étudiants défilaient à Pékin, une manifestation pacifique, bien organisée, soutenue par la population, et qui allait leur donner le sentiment euphorique d'une victoire à portée de main.
"Ce qui a causé le massacre ce n'est évidemment pas les divergences entre les étudiants, c'étaient les divergences au sein de la direction communiste", explique Wang Dan, et "à partir du moment où le gouvernement choisissait la répression, le résultat serait le même, quelles que soient la stratégie ou la tactique des étudiants".
Wang Dan juge les dirigeants d'aujourd'hui "bien plus conservateurs que les leaders de 1989 comme Hu Yaobang ou Zhao Ziyang", deux anciens numéros un du PCC déchus en 1987 et en 1989 pour laxisme à l'égard de la jeunesse. "Les dirigeants d'aujourd'hui n'ont plus la volonté de changer la manière dont gouverne le parti", dit Wang Dan, et "les difficultés sont plus grandes qu'en 1989, notamment parce que le développement économique a détourné l'attention du peuple et que l'environnement international a changé".
Ce qui n'empêche pas cet exilé de "maintenir le contact avec beaucoup d'anciens participants" du deuxième Printemps de Pékin, "y compris en Chine". Car malgré tout, explique-t-il, "le gouvernement a de moins en moins de contrôle sur le peuple, une société civile émerge avec l'aide de l'internet", qui n'existait pas en 1989.
Pour ce 20e anniversaire, Wang Dan a souhaité que la Chine "soit couverte de blanc" le 4 juin, la dissidence ayant appelé les Chinois à se vêtir dans la couleur du deuil.
Qu'aura-t-il appris personnnellement du 4 juin? "J'ai appris à être patient, à rester optimiste malgré les difficultés", dit Wang Dan. "Je pense que je pourrai retourner en Chine. Je crois que ça arrivera bientôt".
 
4 - Hong Kong, îlot de commémoration de la répression de Tiananmen en Chine
Le territoire de Hong Kong, aux portes de la Chine, est depuis 20 ans la scène des commémorations les plus importantes de la répression du 4 juin et la base de repli de nombreux dissidents de Tiananmen, perpétuant, selon les démocrates, la flamme du souvenir.
Dimanche, des milliers de personnes - 5.000, selon les organisateurs - ont, de nouveau, défilé dans les rues de l'ancienne colonie britannique, revenue dans le giron de Pékin en 1997, pour commémorer la répression militaire.
Parmi eux, Xiong Yan, de retour sur le sol chinois pour la première fois depuis 17 ans. Il figurait sur la liste des 21 étudiants les plus recherchés après la répression et a passé deux ans en prison avant de s'enfuir aux Etats-Unis. Mais aussi un petit groupe d'étudiants de Chine continentale. "Je suis très content de voir autant de monde, car cela est interdit sur le continent. Cela montre qu'il y a de l'espoir", a affirmé l'un d'eux, 20 ans, demandant de rester anonyme de peur des représailles.
Jeudi, la traditionnelle veillée aux chandelles se tiendra de nouveau sur le territoire.
"Hong Kong est devenu la conscience de la Chine pour se souvenir du crime du massacre de la place Tiananmen et obliger le régime à reconnaître ses erreurs", a jugé, dimanche, l'un des organisateurs de la manifestation, Lee Cheuk-yan, député démocrate de Hong Kong.
Le territoire, qui bénéficie d'un statut de Région administrative spéciale (RAS), est le seul endroit en Chine où la répression de Tiananmen est commémorée publiquement. Car, en vertu du principe d'"un pays, deux systèmes", garanti après la rétrocession, les Hongkongais bénéficient de bien plus de libertés que leurs compatriotes du reste de la Chine, notamment la liberté de la presse et de manifester.
Durant les sept semaines de manifestations pro-démocratiques de 1989, les résidents de ce qui était encore une colonie britannique s'étaient fortement mobilisés, collectant des fonds et même des tentes pour les manifestants de Pékin.
"Maintenant, le mouvement n'est pas vraiment structuré et est plus faible qu'il y a vingt ans", juge cependant Jimmy Lai, magnat de la presse et l'un des critiques les plus actifs envers Pékin avec son journal "Apple Daily".
Car le boom économique de la Chine a rendu Hong Kong plus dépendante et parfois moins critique envers sa voisine."La communauté économique en particulier, ayant des intérêts en Chine, est réticente à critiquer et défier Pékin", estime Joseph Cheng, professeur de sciences politiques à l'Université de Hong Kong. "Mais dans le même temps, les partis anticommunistes et démocrates continuent de remporter 60% des suffrages aux élections", ajoute M. Cheng, alors que nombre des 7 millions de résidents hongkongais redoutent toute tentative de Pékin de rogner leurs sacro-saintes libertés.
Ainsi, en 2003, plus de 500.000 personnes avaient manifesté sur l'île pour défendre la liberté d'expression, menacée selon eux par un projet de loi antisubversion, soutenu par Pékin. Le suffrage universel n'a toujours pas été introduit malgré les engagements de Pékin au moment de la rétrocession.
Pour Martin Lee, figure du mouvement démocratique, Hong Kong doit rester le lieu central de la mémoire des événements de Tiananmen.
"Si Hong Kong oublie 1989 et que les gens cessent de mener campagne, alors ce sera la fin du combat", estime M. Lee, toujours interdit de séjour en Chine continentale.
"Hong Kong maintient la flamme allumée", ajoute-t-il.
5 - La génération nid d'oiseau, plus soucieuse de trouver un emploi que de changer la politique
Les protestataires étudiants pétris d'idéaux de juin 1989 ne reconnaîtraient pas les étudiants des universités chinoises aujourd'hui, intéressés bien plus par la recherche d'un emploi que par la politique.
Wei Yining a 22 ans. Brillant et s'exprimant avec aisance, il étudie l'histoire dans l'une des plus prestigieuses universités de Pékin. Pourtant, il reconnaît ne pas savoir grand-chose des événements de juin 1989, lorsque ses aînés avaient fait vaciller le régime avant que la répression ne les réduise au silence. De manière encore plus surprenante, il affirme ne pas s'en soucier. "C'était une autre époque, cela s'est passé quand j'étais un bébé. La situation a changé et les jeunes Chinois ont d'autres choses en tête maintenant", dit-il.
Les débats politiques passionnés des années 80 sur les campus ont laissé la place à un mélange d'ignorance, entretenue par le régime, et d'indifférence. S'affichant fiers des réussites de la Chine et de sa prospérité économique actuelle, les étudiants haussent les épaules lorsqu'on les interroge sur un éventuel engagement politique. "S'impliquer dans la politique? Vous voulez dire rejoindre le Parti communiste?", répond l'un d'eux Tan Li.
Les événements de 1989, qualifiés de "rébellion contre-révolutionnaire" et désignés ces dernières années sous l'euphémisme de "troubles politiques", restent tabous en Chine. Comme beaucoup d'autres étudiants, Tan a contourné la censure pour se renseigner sur des sites étrangers. Mais il critique l'attitude radicale de la génération Tiananmen et loue le Parti communiste pour ses réalisations récentes, en premier lieu l'organisation des jeux Olympiques l'an dernier. "Nous avons fait une magnifique impression au monde, comme tous les Chinois, j'ai été fier", dit-il. Certains médias chinois ont même baptisé ces jeunes la "génération Nid d'oiseau", d'après le surnom du stade olympique de Pékin.
Nombre d'entre eux acceptent les promesses du régime d'une transition lente et sans heurts vers une démocratie "à la chinoise". "Nous allons dans la bonne direction sous la conduite du Parti", dit un étudiant de l'Université de Pékin, qui avait été un l'un des berceaux de la contestation.
Nombreux aussi sont ceux qui ne souhaitent pas évoquer ce sujet sensible de peur de problèmes. Plus de la moitié de la douzaine d'étudiants interrogés par l'AFP dans le quartier des universités ont refusé de donner leurs noms ou de dire à quelle université ils appartenaient.
Les discussions politiques se résument essentiellement aux débats organisés par le Parti sur l'avenir du pays. "La plupart d'entre nous ne s'occupent pas de politique. C'est pour le Parti et les responsables de l'université", dit une étudiante de Tsinghua.
Si un sujet les préoccupe en cette période de crise, c'est le marché du travail. Plus de six millions de jeunes vont sortir des universités cette année, alors que 2,5 millions de diplômés de l'année dernière n'ont toujours pas trouvé d'emploi, selon les médias chinois. Appartenir au Parti communiste est vu comme un bon moyen pour aider sa carrière d'où l'augmentation des demandes d'adhésion ces dernières années, selon plusieurs étudiants. En décembre, le ministère de l'Education a déclaré que le nombre de membres du Parti parmi les étudiants était passé de 168.000 en 2002 à 808.000 en 2006.
Wei Yining, lui, ne voit pas l'intérêt de manifester dans les rues. "La Chine s'est fortement développée depuis 1989. Beaucoup de gens sont heureux et s'appliquent à aller de l'avant", juge-t-il.
Pour Wu'er Kaixi, l'ancien dirigeant étudiant de 1989, exilé à Taïwan, les étudiants s'accomodent d'une situation où le régime leur accorde une vie plus facile.
"C'est l'accord qu'a passé le gouvernement avec le peuple chinois - vous devenez riches mais vous devez coopérer avec nous", estime-t-il.
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