Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Turkestan Oriental : Accusée d'avoir incité à la violence, Rebiya Kadeer veut une enquête internationale

9 juillet 2009

Se qualifiant de "fille du peuple ouïgour", la Chinoise en exil Rebiya Kadeer, que les autorités chinoises accusent d'avoir incité ses sympathisants à la violence, a passé six ans de sa vie en prison pour avoir défendu cette minorité musulmane et turcophone chinoise. Vivant à Washington, cette ancienne millionnaire âgée de 62 ans est perçue par Pékin comme une terroriste et une séparatiste qui "n'a aucun titre" pour représenter les Ouïgours, principale minorité de la région autonome du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).
Les Ouïgours vivent "dans une vaste prison et sont victimes d'un génocide culturel", estime Mme Kadeer, mère de 11 enfants, citant les "avortements forcés et la stérilisation". Selon elle, quelque 100.000 Ouïgours croupissent en prison pour des raisons politiques et religieuses. "Si la Chine veut devenir une grande nation digne du respect qu'elle réclame, alors elle devrait apprendre à respecter les droits de ceux qui vivent sous son autorité", a dit Mme Kadeer.
Elle a appelé lundi à une enquête internationale après les violences meurtrières qui ont fait au moins 156 morts dimanche la région du Xinjiang, "Nous espérons que les Nations unies, les Etats-Unis et l'Union européenne enverront leurs équipes pour enquêter sur ce qui s'est vraiment passé au Xinjiang", a déclaré Mme Kadeer, que Pékin accuse d'avoir incité ses sympathisants à la violence.
En août 2008, elle a condamné l'attaque contre des policiers chinois qui a fait 16 morts au Xinjiang quelques jours avant le début des jeux Olympiques de Pékin. Mme Kadeer avait auparavant accusé le régime communiste de vouloir imputer des complots terroristes à la minorité ouïgoure afin d'accentuer la répression au Xinjiang.
Depuis sa libération il y a plus de quatre ans, ses problèmes se sont multipliés: ses entreprises se sont effondrées et ses enfants ont été jetés en prison. Dernier membre de sa famille à être jugé, son fils Ablikim Abdiriyim a été condamné à neuf ans de prison en avril 2007 pour activités "séparatistes". Deux autres de ses fils ont été emprisonnés pour évasion fiscale et sa fille a été placée en résidence surveillée en 2006. "Ils savent que j'aime mes enfants, donc ils s'en sont pris à eux", a affirmé Rebiya Kadeer.
La Chambre des représentants américaine a voté en septembre 2007 une résolution appelant Pékin à libérer les enfants de Mme Kadeer et à cesser "les actes de répression culturels, linguistiques et religieux envers le peuple ouïgour". Le président George W. Bush, qui avait rencontré Mme Kadeer en 2007, a accusé Pékin d'avoir emprisonné les enfants de celle-ci à cause de sa lutte pour les droits de l'homme. Pékin avait qualifié ces remarques d' "ingérence flagrante".
Née en 1947 dans une famille pauvre, Mme Kadeer est devenue une riche femme d'affaires et députée du parlement du Xinjiang, représentante officielle de la Chine lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Pékin en 1995. Elle a siégé à Pékin à la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), sorte de sénat du régime chinois.
Mais en 1996, son mari, ancien prisonnier politique ouïgour, fuit la Chine pour les Etats-Unis. Mme Kadeer est arrêtée en août 1999, deux ans après avoir été placée sous surveillance et s'être vu confisquer son passeport. Elle est condamnée en 2000 à huit ans de prison pour avoir "livré des secrets d'Etat à l'étranger". Selon les minutes de son procès, ces informations étaient en fait des coupures de presse sur le traitement discriminatoire des Ouïgours.
En mars 2004, elle voit sa peine réduite d'un an pour bonne conduite et est finalement libérée en mars 2005 pour raisons de santé avant d'être envoyée en exil aux Etats-Unis. "Je suis désormais libre et j'espère que mon peuple le sera aussi un jour", dit-elle alors

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank