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Turkestan oriental : La situation était "très tendue" à Urumqi

9 juillet 2009

le 6/7/2009 à 15h47  par Agence France- Presse (AFP) (Sur Aujourd'hui la Chine) 
Un Américain et une Chinoise racontent ce qu'ils ont vu des violences qui ont éclaté et fait 140 morts et plus de 800 blessés, selon le gouvernement, à Urumqi, capitale de la province du Xinjiang.

La manifestation qui avait débuté dans le calme au Xinjiang a rapidement dégénéré en violences, ont raconté lundi des témoins au lendemain des troubles meurtriers à Urumqi, la capitale de cette région du nord-ouest de la Chine.
L'atmosphère était "très tendue", a témoigné auprès de l'AFP un visiteur américain au lendemain de ces émeutes qui ont fait au moins 140 morts et plus de 800 blessés, selon les autorités locales.
Des coups de feu
"Vers 12H30, j'ai entendu deux explosions qui ressemblaient à des coups de feu, à quelques minutes d'intervalle", a raconté sous le couvert de l'anonymat ce jeune homme de 26 ans venu dans la capitale du Xinjiang faire renouveler son visa après avoir vécu 18 mois dans la région. "J'ai entendu les coups de feu et j'ai vu la police chinoise arriver avec des véhicules blindés, deux bus remplis de soldats et deux camions de l'armée recouverts de toile", a-t-il dit.
Le Xinjiang, aux confins de l'Asie centrale, compte environ 8,3 millions de Ouïghours, dont certains dénoncent la répression politique et religieuse menée par la Chine sous couvert de lutte contre le terrorisme.
Un autre témoin, une Chinoise de souche, a observé les émeutes depuis le 11e étage de la maternité d'Urumqi. Selon elle, la manifestation ressemblait au départ à une marche estudiantine, avant de dégénérer. "Les Ouïghours ont attaqué des motocyclistes à coups de pierres. Ils ne s'en prenaient qu'à l'ethnie des Hans (Chinois de souche, ndlr), a-t-elle raconté à l'AFP.
"Nous avions peur"
"Au moins dix bus ont été incendiés et des voitures de particuliers ont été retournées. J'ai vu beaucoup de gens allongés sur le sol en train de saigner". "Ils ont brisé des vitres de commerces et ont essayé de pénétrer dans l'hôpital. Très vite, la police anti-émeute est arrivée et les grilles de l'hôpital ont été fermées. Nous avions peur. Nous nous sommes enfermés dans la pièce", dit-elle. Une touriste de 30 ans de la province du Guangdong (sud) est restée dans sa chambre d'hôtel, dimanche soir, mais ses colocataires ont été pris dans les violences et ont eu beaucoup de mal à regagner l'établissement à cause des mesures de sécurité en place.
"Je pensais rester un peu, mais à cause des violences j'ai changé d'avis. Je vérifie les vols et je vais tenter de rentrer le plus vite possible", a-t-elle indiqué. Mais, ajoute-t-elle, "j'ai entendu dire que l'aéroport était bondé, je pense que beaucoup de voyageurs cherchent à fuir la ville".
Pékin a attribué la responsabilité des émeutes à la dissidence ouïghoure en exil, et notamment au Congrès mondial ouïghour de Rebiya Kadeer, arrivée en mars 2005 aux Etats-Unis après une détention en Chine de presque six ans et son exil forcé par Pékin.

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