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« Compassion et tolérance ne sont pas des signes de faiblesse mais de force. »

Les Ouïghours de France manifestent à Paris

13 juillet 2009

Libération, Guillaume Rizzo 8 Juillet 2009
 
En lettres de sang, une simple phrase: «Stop au massacre du peuple ouïghour». Rassemblés sous cette bannière, entre touristes étonnés et badauds curieux, une cinquantaine de Ouïghours se sont réunis ce mercredi après-midi, sur le parvis du Trocadéro à Paris, pour soutenir les leurs après les émeutes qui ont frappé la région du Xinjiang en Chine. Parmi eux, des étudiants et des réfugiés politiques, la plupart affublés de bandages maculés de rouge qui masquent leurs visages, par peur des représailles. Sur leurs t-shirt un même slogan «S.O.S Ouïghour. Help us, save the uyghur» (Aidez nous, sauvez les Ouïgours).

«Nous sommes réunis ici pour venir en aide au peuple Ouïghour, explique Oyghan, porte-parole de l'association des Ouïghours de France, à l'initiative du rassemblement. Pour ne pas être oubliés par la communauté internationale». Une cause méconnue contrairement à celle des Tibétains, mais dont les enjeux, selon eux, sont pourtant similaires: la disparition d'un peuple et de sa culture.

«Ce qui se passe au Xinjiang depuis plusieurs années, c'est un véritable ethnocide, soutien Jean Rahman Duval, chercheur à l'OCDE, spécialiste de la question Ouïghoure et présent sur le Parvis du Trocadéro. Pour Pékin, le Xinjiang revêt une importance particulière. C'est un territoire riche, son sous-sol regorge de minerais et d'or, et il représente la moitié des réserves en hydrocarbure de la Chine».

Pour le chercheur, le gouvernement chinois mène une politique discriminatoire en faveur des Hans, afin de préserver ces ressources et d'étouffer des velléités indépendantistes de la communauté Ouïghoure. «Le gouvernement encourage les mariages interethniques. Il favorise l'embauche des Hans à la place des ouvriers Ouïghours. Le culte musulman est pratiquement interdit et souvent assimilé au terrorisme. Autant de signes qui démontrent la politique de sinisation menée par Pékin», ajoute-t-il.

Les représentants de la communauté Ouïghoure sont inquiets pour leurs proches restés en Chine. Les communications sont coupées et Internet est inaccessible. La plupart redoutent que Pékin n'étouffe les revendications Ouïghoures et que leur cause ne soit oubliée une fois les évènements passés. Pour Oyghan «si ça continue comme ça, le gouvernement va vraiment éliminer le peuple Ouïghour. On ne peut pas laisser faire ça.»
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