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Scandale dans le Hunan, en Chine, où des déchets toxiques ont fait cinq morts

9 août 2009

Le Monde Bruno Philip 7 Aôut 2009 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/08/07/scandale-dans-le-hunan-en-chine-ou-des-dechets-toxiques-ont-fait-cinq-morts_1226508_3216.html

C'est le dernier scandale à la pollution en Chine : depuis cinq ans, une usine traitant des produits chimiques hautement toxiques déversait ses déchets dans la rivière et les champs d'un village de la province du Hunan.
Après la mort de cinq personnes et plusieurs manifestations de centaines de villageois, les autorités locales ont fini par agir : le Quotidien du peuple a annoncé, mercredi 5 août, que le responsable adjoint du district de Liuyang a été arrêté après avoir reçu l'équivalent d'une dizaine de milliers d'euros de pot-de-vins du patron de l'usine pour fermer les yeux sur la nature de sa production et la façon dont il évacuait les déchets...
Des ouvriers ont raconté à un reporter du quotidien anglophone hongkongais South China Morning Post - le premier à "sortir" cette affaire, à laquelle il consacre tous les jours un article en "une" - que, sous couvert de production de sulfate de zinc, l'usine traitait en fait du cadmium - utilisé dans la fabrication de piles rechargeables - et de l'indium, un minerai très recherché car il entre dans la composition des écrans plats à cristaux liquides des télévisions et des ordinateurs. L'utilisation massive de l'indium a fait passer son prix de 70 dollars (48,7 euros) le kilo en 2001 à 1 000 dollars en 2007.
La semaine du 27 juillet, après une manifestation qui avait réuni un millier de villageois, le scandale avait fini par faire les gros titres de la presse chinoise elle-même. D'abord, les responsables du bureau de la protection de l'environnement du district ont été limogés et, mardi 4 août, cela a été le tour de xiong Zianhui le responsable adjoint de Liuyang.
Maux de gorge
Les habitants avaient soupçonné que l'usine chimique Xianghe était dangereuse quand des taux excessifs de plomb furent retrouvés dans les analyses d'urine d'un garçon de 5 ans, en 2008. Mais c'est il y a seulement trois mois que les résidents du village de Shuanqiao ont compris que cette même usine "était en train de les tuer", comme l'écrit le journal hongkongais. Zhang Shu'e, dont la belle-soeur est morte, a raconté au journaliste qu'elle et son mari souffraient de la gorge et vivaient dans la crainte que ces symptômes soient similaires à ceux qui ont causé la mort de la soeur de son époux. Mme Zhang vit à seulement 300 mètres de l'usine et se souvient que, depuis l'année dernière, d'étranges odeurs sortaient de leurs puits, l'unique source d'eau potable de la famille.
L'agence de presse Chine nouvelle a précisé dans une dépêche que l'usine se débarrassait directement de ses eaux usées dans le sol et les égouts du village sans les avoir pris la précaution de retraiter ces déchets. Depuis mars, les autorités locales avaient fait fermer l'usine mais sans pour autant écouter les protestations des habitants.
Outre les cinq personnes décédées, 500 autres villageois souffrent, à des degrés divers, d'avoir été exposés aux effets des produits toxiques. Le cadmium et l'indium peuvent provoquer des dommages irréparables au cerveau, aux poumons et au système nerveux.
Dans un éditorial, le South China Morning Post remarquait, dimanche 2 août, que le cas de ce village du Hunan était emblématique de la difficulté, pour le gouvernement central chinois, de contraindre les "responsables locaux à trouver un équilibre entre développement durable et croissance afin de réduire la pollution". Il est regrettable, continuait le journal, que "de nombreux responsables (chinois des districts de provinces) perçoivent la protection de l'environnement comme un obstacle à la croissance".

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