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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

" LA BALLE EST DANS LE CAMP DE PEKIN " déclare Samdhong Rinpoche, Premier Ministre Tibétain

11 août 2009

Le Temps (Suisse) Frédéric Koller 9 Août 2009

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/159a7de6-8392-11de-8598-8d106c29dd0d/La_balle_est_dans_le_camp_de_P%C3%A9kin

Samdhong Rinpoche est le premier ministre d’un « gouvernement tibétain en exil » créé en 1959 à Dharamsala (Inde) où trouva refuge le Dalaï-lama après sa fuite de Lhassa. Né en 1939, ce bonze admirateur du Mahatma Gandhi est le premier chef du « Kashag » (Gouvernement Tibétain en éxil) élu selon une procédure démocratique en 2001. Il est l’un des acteurs du dialogue avec Pékin qui est au point mort depuis un an. Il participait à Genève à une conférence sino-tibétaine.
F.K pour Le Temps : Pourquoi un dialogue sino-tibétain ?
Samdhong Rimpoché :
Depuis l’occupation du Tibet, en 1951, les peuples chinois et tibétain ont conservé des rapports amicaux. Les deux peuples ont souffert des mauvaises politiques gouvernementales. Mais depuis la répression brutale des manifestations pacifiques de mars 2008 à Lhassa, les choses ont changé. Avant, la machine de propagande chinoise disait que les Tibétains vivaient heureux et que seuls quelques agitateurs, la « clique du dalaï-lama », voulaient l’indépendance. Aujourd’hui, cette propagande décrit les Tibétains comme antichinois. Il s’ensuit des actes de discrimination à l’encontre de l’ensemble des Tibétains. Il y a beaucoup de malentendus qui s’installent. Nous voulons rappeler que nous ne sommes pas antichinois. C’est l’occasion de clarifier les choses.
F.K pour Le Temps : Vous avez été réélu en 2006. Pour quel parti ?
Samdhong Rimpoché :
Il n’y a pas de parti, ni de campagne. Les candidats sont désignés et élus par le peuple et nous respectons la séparation des pouvoirs. Le Kashag est composé de huit ministres.Le Dalaï-Lama occupe la position de chef de l’Etat. Mais il est en semi-retraite. C’est essentiellement cérémoniel.
F.K pour Le Temps : Le fait d’être bonze n’est-il pas un problème pour occuper ce poste ?
Samdhong Rimpoché :
Nous sommes un gouvernement sans territoire, sans pays, sans armée, ni police. Nous devons veiller au bien-être de la communauté en exil et trouver une solution au problème du Tibet. Il n’y a pas de conflit avec le fait d’être bonze. Le jour où ce sera le cas, je ferai un choix.
F.K pour Le Temps : Où le processus de négociation avec Pékin en est-il ?
Samdhong Rimpoché:
La balle est dans leur camp. Depuis 2002, il y a eu huit rounds de négociation. L’an dernier nous leur avons remis un mémorandum clarifiant notre position sur l’autonomie future du Tibet dans l’Etat chinois selon la « voie du milieu » prônée par le Dalaï-lama. Nous sommes prêts au dialogue.
F.K pour Le Temps : Avez-vous des contacts avec Rebiya Kadeer, la présidente du Congrès mondial des Ouïgours, accusée par Pékin d’avoir fomenté les récentes émeutes d’Urumqi ?
Samdhong Rimpoché :
Nous n’avons pas de liens formels. Mais nos deux peuples souffrent des mêmes maladies de la politique du gouvernement chinois à l’égard des « minorités nationales ».
F.K pour Le Temps : L’Inde est-elle plus sensible aux pressions de Pékin qui s’accentuent depuis un an ?
Samdhong Rimpoché :
Il n’y a aucun changement. L’Inde est l’égale de la Chine. Les Chinois savent que les pressions sont inutiles. Ce n’est pas comme avec les gouvernements européens qui ont peur de la moindre pression. La présidente du Parlement suisse n’a pas eu peur de rencontrer le Dalaï-lama.

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