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Chine: des reporters de Hong Kong gardés à vue lors du procès d'un militant

15 août 2009

 Le Monde 12 Août 2009

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40085470@7-58,0.html

Les autorités chinoises ont placé en garde à vue mercredi deux reporters de Hong Kong qui couvraient le procès d'un militant enquêtant sur les effondrements d'écoles lors du séisme au Sichuan en 2008, a rapporté une chaîne hongkongaise.


NOW TV a déclaré que la police a fouillé les chambres de ses deux reporters dans un hôtel de Chengdu, la capitale du Sichuan (sud-ouest), tôt mercredi matin, affirmant avoir reçu des informations selon lesquelles ils seraient en possession de drogue.


Les journalistes se trouvaient à Chengdu pour couvrir le procès de Tan Zuoren, poursuivi pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat" et accusé d'avoir diffamé le Parti communiste au pouvoir et le gouvernement sur leur gestion de la répression du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989.
M. Tan, militant écologiste et écrivain, enquêtait sur le sujet sensible des milliers d'enfants tués dans les écoles détruites durant le séisme au Sichuan.
Selon Amnesty International, cette enquête motiverait le procès, et non des propos relatifs aux événements de Tiananmen.
"Ils (les policiers) n'ont pas montré leur insigne de police ou un mandat. Ils ont simplement dit qu'ils pouvaient fouiller ma chambre sur soupçon de possession de substances illicites", a expliqué Wong Ka-Yu, l'une des reporters, à Cable News, une autre chaîne hong-kongaise.
La fouille a duré sept heures avant que les journalistes ne soient remis en liberté, a-t-elle ajouté.
NOW TV a publié un communiqué condamnant "une obstruction insolente" au travail des reporters.
La chaîne a adressé une plainte au Bureau des Affaires de Hong Kong et Macau, qui gère les relations entre ces régions administratives spéciales et l'administration chinoise, et a demandé aux autorités de s'expliquer, selon le communiqué.
L'Association des journalistes de Hong Kong a accusé la police chinoise d'entraver la liberté des médias.
"Nous avons des raisons de croire que la prétendue fouille des policiers était un prétexte (...) pour empêcher les journalistes de couvrir le procès de Tan Zuoren", a déclaré l'association.
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