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« Le Canada peut, dans une atmosphère cordiale et constructive, demander au gouvernement chinois de résoudre la situation du Tibet. »

Le procès à haut risque des émeutiers Ouighours

26 août 2009

Le Figaro 24 Août 2009

http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/25/01003-20090825ARTFIG00010-le-proces-a-haut-risque-des-emeutiers-du-xinjiang-.php

C'est une semaine à hauts risques qui s'ouvre dans le «Far west» chinois, au Xinjiang. Il y a plus d'un mois et demi, Urumqi, la capitale de cette région autonome chinoise à majorité musulmane, avait été le théâtre des pires violences ethniques dans le pays depuis des décennies. Dans cette partie du géant asiatique aux confins de l'Asie centrale, regorgeant de ressources naturelles et stratégiques pour Pékin, des Ouïgours, membres de la majorité turcophone et musulmane, avaient semé la terreur parmi la population han, l'ethnie majoritaire en Chine. Et c'est cette semaine que doivent débuter les procès des 200 émeutiers présumés, dans une ville quadrillée par la police et l'armée. Une information révélée lundi par le China Daily, le quotidien officiel en anglais. Le journal a cité des responsables de manière anonyme, mais ni le tribunal d'Urumqi, où ils doivent être jugés, ni le parquet ont confirmé l'information. Les médias en chinois restent, eux, très discrets.
Les autorités semblent vouloir en effet éviter de mettre de l'huile sur le feu dans une région toujours traumatisée par cette éruption de violences. Les images de cadavres des Hans, largement diffusées par la presse officielle après les émeutes, sont dans toutes les mémoires. Tout comme les rassemblements de Han, armés de barres de fer, à la recherche de Ouïgours dans une ville divisée.
«Beaucoup de familles hans qui ont perdu des proches viendront pour les jugements et les autorités ont peur qu'il y ait des affrontements si elles rencontrent des Ouïgours», a expliqué au China Daily une vendeuse han, Guo Mei, dont le magasin se trouve près du tribunal d'Urumqi. «Je serais révolté si ces émeutiers ne reçoivent que des peines légères et échappent à la justice», a déclaré pour sa part un ouvrier, anonymement, au China Daily. «Ils doivent être lourdement condamnés pour avoir provoqué la mort de tant d'innocents», a-t-il ajouté. Selon un commerçant han, cité par le quotidien, les Chinois han, qui se sont vengés, «devraient bénéficier de la clémence des juges».

Propagande de Pékin


Peu de détails ont été donnés par le China Daily sur l'origine ethnique des émeutiers, dont certains seront poursuivis pour des faits graves, comme des meurtres pour lesquels ils encourent la peine de mort. D'autres répondront de vandalisme ou de troubles à l'ordre public. Les quelque 170 avocats ouïgours mobilisés selon le China Daily - de nombreux habitants du Xinjiang maîtrisent mal le mandarin -, contre 20 défenseurs hans révèlent cependant que les personnes arrêtées appartiennent à l'ethnie majoritaire, qui se plaint de souffrir de discrimination religieuse et culturelle.
Pour tenter de désamorcer les tensions, le régime use d'une de ses armes favorites, la propagande. Les médias officiels décrivent, depuis samedi, un ramadan «harmonieux», sans aucun signe de tension. Et mettent l'accent sur les fonds déversés depuis des années par le gouvernement dans cette région à la traîne par rapport aux zones les plus développées de l'Est. La semaine dernière, pour signaler le retour à la normalité, l'agence Chine Nouvelle annonçait l'arrivée du premier groupe de 1 600 migrants chinois pour la récolte du coton au Xinjiang, qui doit durer jusqu'en novembre. «Quinze jours après les violences, il y avait une pénurie de ramasseurs de tomates, beaucoup d'ouvriers migrants n'osaient pas venir», expliquait à l'agence officielle un responsable local. «Mais maintenant, ajoutait-il, les travailleurs nous contactent pour nous demander si nous avons besoin de main-d'œuvre pour la récolte du coton».
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