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Népal : La fonte des glaciers de l'Himalaya fait craindre un "tsunami"

7 septembre 2009

L' Express 6 Septembre 2009

http://www.lexpress.fr/actualites/1/au-nepal-la-fonte-des-glaciers-de-l-himalaya-fait-craindre-un-tsunami_784675.html

LUKLA, Népal : Funuru Sherpa connaît depuis tout petit le lac situé au-dessus de son village natal de Denboche, dans les montagnes de l'Himalaya, mais le jeune homme se souvient des histoires de son grand-père qui lui racontait que là-haut, il y a 50 ans, on ne voyait que des glaciers.

"Cela prouve que les glaciers de l'Himalaya sont en train de fondre et c'est sûrement parce que la température augmente", commente ce gérant d'un café internet pour touristes, dans la petite ville de Lukla, adossée à un flanc de l'Everest.

Les scientifiques estiment que le glacier Imja, situé au-dessus de Denboche, recule de 70 mètres par an. La fonte du glacier a entraîné la formation d'un immense lac qui pourrait dévaster les villages en aval s'il venait à céder.

Le phénomène n'est pas nouveau: le Centre international de développement des formations montagneuses au Népal (ICIMOD, Center for Integrated Moutain Development), qui étudie depuis 30 ans la chaîne de l'Himalaya, souligne que dans de nombreux pays, la fonte des glaciers a commencé depuis des siècles.

Selon le spécialiste des glaciers de l'ICIMOD, Samjwal Ratna Bajracharya, interrogé par l'AFP, la tendance s'est cependant accélérée à une vitesse alarmante, avec des températures dans l'Himalaya augmentant "huit fois plus vite" que la moyenne mondiale.

Il existe au Népal plus de 2.300 lacs issus de glaciers et les experts estiment qu'au moins 20 d'entre eux pourraient céder.

D'une surface de près d'un km carré, le lac Imja est le deuxième plus grand du Népal et avec près de 36 millions de m3 d'eau, il représente clairement la plus grande menace d'inondation pour le pays.

Le sujet tient particulièrement à coeur de l'alpiniste népalais Apa Sherpa, qui détient le record du nombre d'escalades de l'Everest (19 fois). En 1985, il a perdu sa maison et sa ferme après que le lac Dig Tsho eut cédé, provoquant une gigantesque vague dévalant la montagne.

Sept personnes périrent dans l'inondation, et des ponts, des habitations ainsi qu'une station hydraulique furent détruites.

"Le changement climatique est pour moi une affaire personnelle", résume l'alpiniste, qui a consacré sa dernière expédition à tenter de faire prendre conscience de l'impact du changement climatique aux populations vivant dans les montagnes.

Le nombre de personnes concernées par les risques de débordement de lacs issus de glaciers est encore incertain mais les experts estiment que les inondations pourraient atteindre les plaines du Népal, voire au-delà.

Le secrétaire d'Etat népalais à l'Environnement, Uday Raj Sharma, a indiqué récemment que si le lac Inja venait à céder, il s'agirait d'un véritable "tsunami népalais", en référence au tsunami qui a ravagé les côtes bordant l'Océan indien en 2004, entraînant la mort de 220.000 personnes.

La première conférence des nations de l'Himalaya sur le climat, organisée à Katmandou, s'est conclue mardi sur un appel à l'aide internationale face aux défis que représentent la fonte des glaciers et les risques d'inondations en Asie du Sud.

Mais les experts soulignent qu'il n'y pas de solution facile. Les habitants les plus exposés ne veulent pas quitter leur maison et vider les lacs s'avère une opération coûteuse et dangereuse, aux résultats mitigés.

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