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Les dossiers de Taïwan et du Tibet crispent la relation sino-américaine

21 décembre 2007

L'affaire du Kitty Hawk, ce porte-avions américain dont la Chine avait interdit l'accostage dans le port de Hongkong le 21 novembre, n'en finit pas de rebondir et d'alourdir le climat des relations sino-américaines. Dernier épisode en date de la saga des communiqués, la déclaration, mercredi 5 décembre, d'un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Qin Gang : "La Chine a exprimé sa grave préoccupation" quand le bâtiment américain, interdit un peu plus tôt de mouillage dans le port hongkongais par les autorités chinoises, a traversé le détroit séparant le continent de l'île de Taïwan...
















Pékin considère ce détroit, large de 150 km, comme sa propriété maritime, la République populaire affirmant que Taïwan appartient à la Chine. La déclaration du porte-parole semble prendre la forme d'un message de courroux, envoyé à Washington à un moment où il est question que les Etats-Unis fournissent à Taïwan des missiles Patriot modernisés. Côté américain, on a fait savoir que l'itinéraire du Kitty Hawk avait été décidé pour des motifs "de nécessités opérationnelles", prenant notamment en compte la météo.


FÂCHEUX "MALENTENDU"


Mais la déclaration du porte-parole ne clarifie pas les raisons qui ont poussé Pékin à interdire l'accostage durant les fêtes américaines de Thanksgiving. Le vaisseau, qui utilise souvent, comme bien d'autres navires de marines étrangères, le port de Hongkong pour accorder quelques jours de permission à ses hommes, avait l'intention d'y mouiller entre le 21 et le 24 novembre. Le 22 novembre, la permission d'accostage du porte-avions, ainsi que d'une escorte comprenant quatre autres bateaux de guerre et un sous-marin, fut brutalement refusée. Avant d'être autorisée un peu plus tard, mais à contre-temps : le Kitty Hawk était déjà en route vers son port d'attache au Japon.

Le 30 novembre, le Pentagone révélait, par la voix du porte-parole de la flotte américaine dans le Pacifique, John Yoshishige, que Pékin avait interdit, durant la même période, l'accostage à Hongkong du contre-torpilleur Reuben et de deux chasseurs de mine alors que le temps se dégradait en mer de Chine. Un avion américain qui se pose à Hongkong tous les trois mois pour ravitailler le consulat général des Etats-Unis avait vu sa permission d'atterrissage refusée.

Le ministre chinois des affaires étrangères, Yang Jiechi, a dit il y a quelques jours au président américain George Bush, lors d'un passage à Washington, que cette polémique ne relevait que d'un fâcheux "malentendu". Une déclaration niée ensuite par les autorités chinoises.

Il s'agit de la première crise entre Washington et Pékin depuis le bombardement, en 1999, de l'ambassade de Chine à Belgrade durant la guerre du Kosovo. Il y eut aussi, le 1er avril 2002, l'atterrissage forcé sur l'île de Haïnan, d'un avion espion américain, à la suite d'une collision aérienne avec un chasseur chinois.

La relation sino-américaine a été mise à mal après la rencontre, à Washington, entre M. Bush et le dalaï-lama. Le chef politique et spirituel tibétain - bête noire de Pékin - avait reçu, le 17 octobre, la médaille d'or du Congrès.
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