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« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

Condamnations à mort en rafale au Turkestan Oriental

18 octobre 2009

Le Figaro 15 Octobre 2009

http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/16/01003-20091016ARTFIG00010-condamnations-a-mort-en-rafale-au-xinjiang-.php

Depuis le début de la semaine, neuf émeutiers  huit Ouïgours et un Han  ont été condamnés à la peine capitale par la justice chinoise.

La machine judiciaire chinoise tourne à plein et prestement pour punir les émeutiers du Xinjiang, après les violences qui à mis à feu et à sang, la capitale de la région, Urumqi en juillet dernier. Depuis le début de la semaine, neuf personnes ont été condamnées à mort et d'autres à de lourdes peines de prison.
Six nouvelles condamnations à mort ont été prononcées jeudi, mais trois d'entre elles sont assorties d'un sursis de deux ans, ce qui équivaut de facto à la prison à vie si bonne conduite. Lundi, ce sont six émeutiers qui avaient été condamnés à la peine capitale. Selon l'agence Chine nouvelle, tous les condamnés à mort sont des Ouighours musulmans à l'exception d'un Han - la principale ethnie chinoise - accusé d'avoir tué un Ouïgour à coups de barre de fer dans une action vengeresse.
Ce premier procès concerne 21 premiers inculpés pour meurtre, incendies volontaires et vandalisme. Selon la presse officielle, plus de 700 personnes auraient été interpellées après les troubles de l'été. Au moins 197 personnes, principalement des Hans, avaient été tuées dans les émeutes du 5 juillet. Dans les jours qui avaient suivi, un nombre indéterminé de Ouïgours avaient été victimes de raids punitifs.

Dissuader toute contestation

Une nouvelle alerte s'est produite début septembre, avec une mystérieuse vague d' attaques à la seringue, apparemment mi-réelle mi-fantasmée. De nouveaux troubles avaient alors fait 5 morts et des manifestants hans avaient demandé la tête du puissant patron du Parti au Xinjiang, Wang Lequan un proche du président chinois.
Lors d'une visite à Urumqi fin août, le président Hu Jintao avait promis des peines d'une sévérité exemplaire. La dissidence ouïgoure en exil a dénoncé des procès «politiques», sans possibilité de défense équitable. Et lundi, son chef de file en exil, Rébiya Kadeer, a estimé que cette rafale de condamnations à mort allait attiser les tensions et «provoquer la colère» de son peuple dans toute la région. Pour désamorcer ces critiques, les autorités chinoises ont condamné à mort, samedi dernier, un Han accusé d'avoir tué des travailleurs migrants ouïgours dans une rixe survenue dans le sud de la Chine en juin, épisode qui avait mis le feu aux poudres.
À l'évidence, Pékin entend que les condamnations soient exemplaires, pour dissuader toute contestation sur les marches occidentales du pays. Bien au-delà de leur portée locale, les troubles du Xinjiang ont en effet provoqué un profond choc politique en Chine. D'abord parce qu'ils ont ébréché le dogme sacré de l'harmonie sociale et nationale, et remis en cause la politique de gestion des minorités. Ensuite parce que après les violences du Tibet l'année précédente, elle était sur le plan interne une arme utilisable par les détracteurs de l'équipe au pouvoir. Signe que l'alerte était chaude, le président Hu Jintao avait de manière inédite et spectaculaire annulé sa participation à un sommet du G8 en Italie pour rentrer précipitamment à Pékin.
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