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DÉCLARATION COMMUNE DU MOUVEMENT MONDIAL EN FAVEUR DU TIBET CONDAMNANT LA MISE À MORT DE PLUSIEURS TIBÉTAINS AU TIBET

26 octobre 2009

DÉCLARATION COMMUNE DU MOUVEMENT MONDIAL EN FAVEUR DU TIBET CONDAMNANT LA MISE À MORT DE PLUSIEURS TIBÉTAINS AU TIBET

22/10/2009: Les 166 Organisations membres du Réseau International de Soutien au Tibet(ITSN, International Tibet SupportNetwork) condamnent le Gouvernement de la Chine pour la mise à mort de quatre Tibétains – Lobsang Gyaltsen, Loyak, Penkyi et une 4ème personne dont nous n'avons pas encore le nom – exécutés à Lhassa le mardi 20 octobre 2009.

La décision de la Chine de procéder à l'exécution de ces quatre Tibétains prouve son mépris des règles internationales
en matière de Justice. A l'évidence, ces exécutions n'ont été motivées que par des choix politiques (cf. notes 1 et 2),
ces quatre personnes ayant été condamnées sans qu'il y ait eu de procès équitable, il n'y a aucun doute sur ce point.

Ces exécutions capitales montrent que la Chine s'autorise à recourir à tous les moyens même les plus atroces pour terroriser les Tibétains et chercher à anéantir en eux toute vélléité de contestation par rapport à l'occupation chinoise du Tibet.

Lobsang Gyaltsen et Loyak avaient été condamnés à la peine de mort le 8 avril 2009. Raison invoquée: avoir déclenché des « incendies fatals » qui, selon Xinhua, auraient causé la mort de sept Chinois à Lhassa le 14 mars 2008, au moment où toute la ville s'était soulevée après quatre jours de manifestations pacifiques initiées à Lhassa par des religieux tibétains.

Un communiqué de Xinhua, daté du 8 avril 2008, affirmait: « il faut les exécuter pour assouvir la colère du peuple ».
Selon la procédure judiciaire chinoise, toute condamnation à mort doit ensuite faire l'objet d'une validation par la Cour Suprême du Peuple, préalablement à toute exécution: nous ne savons pas si cette procédure a été respectée.

L'identité des deux autres Tibétains exécutés restent à confirmer précisément. En effet nous savions jusque là qu'en avril 2009 trois Tibétains avaient été condamnés à mort avec sursis, ayant été accusés d'incendies volontaires. Le même jour où Lobsang Gyaltsen et Loyak furent condamnés, Gangtsu et Tenzin Phuntsog avaient été condamnés à mort avec un sursis de deux ans. Tandis que Dawa Sangpo se voyait infliger la prison à perpétuité.

Le 21 avril 2009, Xinhua avait annoncé que trois Tibétaines avaient été condamnées pour incendie volontaire ayant causé la mort de six personnes: il s'agissait de Penkyi (originaire de Sakya) condamnée à la peine de mort avec sursis de 2 ans; Penkyi (originaire de Nyemo) condamnée à la prison à perpétuité; et Chime (de Namling) condamnée à 10 ans de prison.

En réaction face à ces mises à mort, les Représentants des Organisations membres du Réseau International de Soutien au Tibet, dont Drôme Ardèche - Tibet, s'associent dans la déclaration suivante :

Lhadon Tethong, Directrice exécutive de l'organisation 'Students for a Free Tibet' (Étudiants pour un Tibet Libre): « C'est la première fois depuis 2003 que des Tibétains se voient infliger la peine de mort. Une telle parodie de justice marque une très inquiétante escalade dans la campagne violente que conduit le Gouvernement chinois en vue de châtier, terroriser et réduire au silence les Tibétains qui osent réagir contre le régime chinois.

Partout dans le monde, les Tibétains et tous leurs sympathisants vont manifester dans les jours prochains pour condamner ces exécutions et exiger une réaction immédiate de la part de nos Gouvernements. Nous appelons le Président Obama à dénoncer ces exécutions et à entreprendre des actions courageuses et concrètes pour arriver à mettre fin à l'occupation chinoise du Tibet, et ce à l'occasion de sa première visite présidentielle en Chine le mois prochain. »

Paul Bourke, de l'organisation 'Australia Tibet Council': « Ces exécutions brutales témoignent non pas d'un respect de la justice, mais de la volonté de la Chine de renforcer son emprise politique sur le Tibet. Ces mises à mort ont pour but d'adresser un fort avertissement aux Tibétains: toute opposition au régime chinois sera traitée de la manière la plus dure.

Ces informations bouleversantes doivent conduire le Premier Ministre Rudd à rencontrer le Dalaï lama en décembre prochain pour définir avec lui quelles actions constructives le Gouvernement australien devraient mener pour parvenir à une solution juste et équitable pour le Peuple tibétain. »

Dhardon Sharling du Mouvement des Femmes Tibétaines (Tibetan Women's Association): « Les organisations membre du Réseau International de Soutien au Tibet (ITSN, International Tibet Support Network) souhaitent sincèrement que les gouvernements du monde entier viendront s'associer à notre dénonciation de ces mises à mort. Le problème du Tibet se caractérise notamment par des violations des droits humains et la sanglante répression imposée aux Tibétains par le pouvoir chinois. Jamais ce problème ne se résoudra et ne s'effacera de lui-même: sa résolution, alors que le Tibet est sous régime occupation depuis 60 ans, exige des solutions politiques concrètes et pérennes, alors que les propositions de Sa Sainteté concernant une solution mutuellement bénéfique pour la Chine et le Tibet ont été rejetées avec mépris par Pékin.

Nous appelons la Communauté internationale à exercer de fortes pressions, avec la plus grande fermeté possible, sur les dirigeants chinois pour les faire s'engager dans des négociations en vue de résoudre pacifiquement cette si longue injustice. »

Stephanie Brigden de l'organisation 'Free Tibet' ajoute: « Ces mises à mort sont atroces et scandaleuses. Ces quatre Tibétains ont été jugés à huis-clos, au mépris même des lois chinoises censées garantir qu'un procès se déroule en audience publique, avec l'option théorique donnée à des observateurs indépendants d'y assister. Il est exclu de croire que même les droits les plus infimes prévus pour les accusés aient été respectés. En décembre 2008, l'ONU a confirmé que les recours aux aveux obtenus sous la torture sont une pratique courante et répandue dans toute la Chine. Ce que même des Responsables du Gouvernement chinois ont reconnu: '' ...presque toutes les condamnations arbitraires de ces dernières années ont pour origine des interrogatoires illégaux... ''. »

Les Organisations membres du Réseau International de Soutien au Tibet, une coalition mondiale d'Associations de défense du Peuple tibétain, exigent de la Chine les actes suivants :

* Ne plus perpétrer aucune autre exécution de Tibétains; cela ne pourrait qu'aggraver encore une situation déjà révoltante; Commuer immédiatement toutes les autres peines de mort déjà prononcées.

* Publier les noms et situations de plus de 1 200 Tibétains disparus depuis les manifestations de mars-avril 2008;

* Répondre favorablement à la demande du Comité des Nations-Unies contre la Torture (formulée en nov. 2008) de « mener une enquête approfondie et impartiale concernant lerecours excessif et disproportionné de la force, en particulier à l'encontre de manifestants non-violents »;

* Arrêter de rejeter les propositions du Dalaï Lama, et engager des négociations en vue d'une solution pacifique à ces 60 ans d'occupation du Tibet;

Les 166 Organisations membres du Réseau International de Soutien au Tibet appellent tous les Gouvernements à condamner
ces exécutions et à faire en sorte d'obtenir de la Chine des engagements sur les points suivants:

faire que tous les procès de Tibétains se déroulent en audience publique,

permettre aux prévenus de bénéficier de l'assistance d'avocats indépendants,

s'assurer que les garanties légales de protection soient respectées,

autoriser les personnels des Consulats et les journalistes étrangers qui le demandent, à assister aux procès.

ITSN - Réseau International de Soutien au Tibet (liste des organisations membres ITSN: voir note 3)

Notes:

Note 1: Un rapport de l'ONG Human Rights Watch en mars 2009 révélait qu'en Chine le système judiciaire est politisé à un point tel que tout espoir de voir les Tibétains bénéficier d'un procès équitable est vain. Le rapport conclut ainsi: « le principe d'indépendance du pouvoir judiciaire se trouve extrêmement amoindri par les exigences du Pouvoir politique de voir la Justice et la Police adapter leurs actions respectives en fonction des besoins politiques. » Par exemple, le 19 mars 2008, alors que la Cour n'avait pas encore statuée, le Procureur de Lhassa annonçait déjà que « les violences à Lhassa avaient été organisées, planifiées et préméditées par la Clique du Dalaï Lama, » et que, dans le cas des affaires des 24 suspects arrêtés ce jour là, « les crimes étaient clairs et les preuves suffisantes » démontrant leurs « crimes contre la Sécurité de l'Etat. »
Rapport HRW
:
www.hrw.org/en/news/2009/03/09/china-hundreds-tibetan-detainees-and-prisoners-unaccounted

Note 2: Le 2 avril 2008 à Lhassa, au cours d'une réunion intitulée « Commission opérationnelle d'examen des affaires incluant les émeutes du 14 mars », organisée par la Haute Cour du Peuple de la province dite « Région ''Autonome'' du Tibet (RAT) », Pema Trinley – Vice-gouverneur exécutif de la R.A.T. - avait sommé la Justice d'agir vite et de « frapper durement la clique du Dalaï Lama ». Il demandait des mesures judiciaires énergiques, respectueuse des directives du Parti, afin que le verdict final réponde aux attentes politiques, judiciaires et sociales et donne lieu à une stabilisation politique et sociale. [Source: Tibetan Centre for Human Rights and Democracy: www.TCHRD.org

Note 3: Le Réseau International de Soutien au Tibet (en anglais, International Tibet Support Network, ITSN; site
internet
:
www.tibetnetwork.org ) est une puissante coalition forte de 166 Organisations de soutien au Tibet présentes
sur tous les continents. Ce Réseau mondial a pour vocation de faciliter le déploiement de Campagnes internationales
d'action non-violentes visant à ce que les Tibétains voient à nouveau leurs Droits respectés, alors qu'ils sont bafoués .

Depuis 60 ans que dure l'occupation du Tibet par la Chine. Le Réseau ITSN a été créé pour renforcer chacune des organisations participantes et pour accroître l'efficacité de l'ensemble du Mouvement pro-Tibet avec la coordination de puissantes Campagnes stratégiques au nom du Peuple tibétain.
Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
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