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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

Un médecin dijonnais auprès des réfugiés du Tibet

14 décembre 2009

DijonScope 9 Décembre 2009

http://www.dijonscope.com/002374-un-medecin-dijonnais-aupres-des-refugies-du-tibet

Frédéric V. est chirurgien-dentiste à Dijon mais aussi fondateur de l’association Urgence Tibet, dont il est aujourd’hui le vice-président. Cet été 2009, durant plusieurs semaines, il est allé à la rencontre des populations tibétaines. Il s’est d’abord porté volontaire pour pratiquer des consultations médicales au Népal dans la clinique de Matthieu Ricard, le philosophe et l’interprète du Dalaï-Lama. Il s’est ensuite rendu dans les camps de réfugiés indiens afin d’ausculter quelques Tibétains qui y vivent. Une expérience unique...

A l'épreuve de la pauvreté

"Je suis parti au Népal et en Inde durant six semaines. C’était la première fois que je partais dans ce pays. J’avais rencontré Matthieu Ricard, l’interprète du Dalaï-lama en 2004. Il m’avait proposé de devenir praticien dans sa clinique au Népal. J’ai pu me libérer cet été. Je travaillais six jours sur sept. Les gens payaient les consultations en fonction de leurs moyens. Le Népal est un pays très pauvre ; les riches n’existent pratiquement pas.

La clinique était dans le quartier tibétain près de la plus grande "stupa" du monde (= tumulus ou montagne funéraire en forme de dôme contenant les restes d'un défunt). Ce qui m’a le plus surpris, c' est la très grande propreté du quartier par rapport au reste de la ville ; les Tibétains sont très dignes. Je les ai trouvés agréables à côtoyer. En dépit de leur pauvreté, ils sourient en permanence et sont très optimistes. Ils ont aussi gardé une certaine unicité dans la culture.

Durant ces quelques semaines, j’ai également effectué des visites médicales dans des quartiers modestes et des écoles. C’était enrichissant de rencontrer ces populations. Je me souviens d’une école dans un quartier extrêmement pauvre. La population était si démunie que nous lui avons donné le restant d’eau qui nous servait à nettoyer le matériel de consultation. Mon voyage a donc commencé par des soins dans une clinique népalaise.

Dans les camps de réfugiés tibétains


Durant le reste de mon séjour, j'ai donné des consultations dans des camps de réfugiés tibétains en Inde. Je suis d’abord allé à Darjeeling, là où s'est installé l’un des premiers camps. Depuis 50 ans, l’Inde accueille de nombreux Tibétains. Une amie tibétaine, Chunga, m'accompagnait ; elle est née au Tibet mais vit à Dijon. Chunga était là pour voir ses parents. Le fait d’être avec elle a facilité les choses : je n’étais pas inconnu de la population, même s’il est vrai que je n’ai pas été accueilli pour "ce que je suis".

Dans les camps de réfugiés, j’ai rencontré pour la première fois Lobsang, un jeune Tibétain que je parraine depuis 18 ans. Il a 22 ans aujourd’hui. Mon filleul m’a accueilli à l’aéroport. C’était émouvant même si on ne savait pas trop quoi se dire au début. On se connaissait seulement  par les lettres. Le fait que mon  fils de 6 ans soit là a facilité le contact. La famille de Lobsang nous a très bien accueillis.

Nous avons eu droit à la « kata » (= la traditionnelle écharpe blanche portée en signe de bienvenue) et à de nombreux cadeaux : des gâteaux, tapis et autres objets qui devaient représenter une certaine somme pour les parents de Lobsang. C’est un jeune homme brillant. Il est en master dans le domaine de la finance mais est obligé de faire une pause dans ses études car son père est tombé malade ; il va devoir travailler deux ans dans un cabinet de finances pour faire vivre sa famille.

« La vraie richesse ce sont les autres »


Je suis investi dans la cause tibétaine depuis l’âge de 14 ans ; je n’ai jamais vraiment su pourquoi. En 1997, à la suite d’un forum sur le Tibet à la Fnac de Dijon, j’ai eu l’idée de créer une association pour défendre les Tibétains : c'est ainsi qu'est née Urgence Tibet en 1998. De trois, nous sommes aujourd’hui une centaine d’adhérents. Avec Urgence Tibet, nous voulions faire connaitre aux Dijonnais la cause et la culture tibétaine. C’est ce que nous faisons à l’aide d’expositions et en interpellant les hommes politiques. En novembre dernier, nous avons par exemple écrit aux communes dijonnaises pour proposer à chaque marie un drapeau tibétain.

Je m’intéresse beaucoup à la philosophie. J’ai du recul par rapport au bouddhisme tibétain, qui est vraiment une religion et pas simplement une philosophie. À ma connaissance, c’est la seule sagesse qui n’a pas entrainé de violences dans le monde. Ce que j’apprécie dans la philosophie bouddhiste, c’est la non-violence et le fait que les destins sont liés les uns aux autres. On la retrouve dans beaucoup de croyances.  Le bouddhisme tibétain est très superstitieux. Je me souviens que lors de mon séjour, il y a eu une éclipse ; les Tibétains étaient autour de la stūpa et offraient des offrandes, assistés par un prêtre. C’était l’effervescence...

Cette expérience m’a extrêmement enrichi mais je n’avais pas d’attentes personnelles, je n’attendais pas de remerciements. La clinique était surtout très contente du matériel médical que je lui ai donné, fruit d’une collecte qui représentait 2 à 3 ans de matériel là-bas. J’espère retourner voir les populations tibétaines ; en revanche, Je ne compte pas aller en Chine. Pour moi, il s‘agit de la plus grande dictature mondiale ; les exécutions capitales se comptent par milliers. Si les Chinois n’avaient pas envahi les pays voisins, il n’y aurait pas autant de problèmes aujourd’hui. Malgré tout, j’aime l’Asie, je suis déjà allé dans plusieurs pays asiatiques : la Thaïlande, le Sri Lanka par exemple. J’aime aussi la France. La vraie richesse, ce sont les autres."

A noter :
Dans le cadre du Festival des droits humains de Dijon, organisé par l’association Liberté culture, le documentaire « Prisonnière de Lhassa » (Portrait de Ngawang Sangdrol, une Tibétaine emprisonnée dans les geôles chinoises), sera diffusé le mercredi 9 décembre à 20h au gymnase François Chambellan. Par ailleurs, une exposition et une conférence sur le Tibet seront organisées par Urgence Tibet le vendredi 19 février 2010 à la MJC des Bourroches (date et horaires confirmés ultérieurement sur dijOnscOpe)

Contacts :
« Urgence Tibet »
03 80 30 99 99

urgencetibet@fr.st

Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
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