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11 ans de prison pour le dissident Chinois Liu Xiaobo

31 décembre 2009

Le Nouvel Observateur 25 Décembre 2009 http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20091225.OBS1720/11_ans_de_prison_pour_lopposant_chinois_liu_xiaobo.html

"C'est une peine très, très sévère, qui reflète un durcissement politique" se sont insurgées les organisations internationales. Le condamné compte faire appel.

Onze ans de prison ferme pour avoir appelé à la réforme politique en Chine, c'est la peine dont a écopé Liu Xiaobo vendredi 25 décembre à Pékin. L'homme, 53 ans, écrivain et ancien professeur à l'Ecole normale de Pékin, est l'un des auteurs de la Charte 08. Il avait aussi été condamné à 20 mois de détention pour avoir rejoint le soulèvement étudiant de la place Tiananmen en 1989.

Depuis l'instauration du chef de "subversion au pouvoir d'Etat" en 1997, c'est la peine la plus lourde qui ait été prononcée pour ce motif. Liu Xiaobo risquait jusqu'à 15 ans de prison. Ce motif est souvent utilisé en Chine à l'encontre des opposants. Selon les Organisations internationales de défense des Droits de l'Homme, cette condamnation est "un avertissement explicite du gouvernement aux intellectuels chinois, aux militants de la société civile et aux défenseurs des droits humains, que ceux qui seront perçus comme des menaces au monopole du pouvoir seront sévèrement punis", comme l'a par exemple déclaré Phelim Kine, chercheur sur l'Asie pour Humans Rights Watch.

"Qualifier de crimes des mots"


La charte 08 peut effectivement être considérée comme une menace pour l'autorité centrale du parti : plus de 10.000 personnes, dont 300 personnalités et intellectuels chinois de premier plan ont signé ce texte, malgré la censure, qui fait que peu de Chinois en sont informés. On peut entre autres y lire : "Nous devrions cesser la pratique qui consiste à qualifier de crimes des mots". La charte appelle également à la rédaction d'une nouvelle constitution, qui garantisse les Droits humains, des élections libres et les libertés religieuse et d'expression.
L'épouse de Liu Xiaobo a pour sa part laissé entendre qu'il sera fait appel : "Nos avocats s'entretiendront la semaine prochaine avec les autorités au sujet de cet appel". Ce dernier pourra être fait dans les dix jours. Elle explique que son mari est resté calme au moment du verdict. Journalistes et diplomates étrangers n'ont pas pu assister ni au procès, ni à la lecture du verdict, ce qui n'a pas empêché des réactions.

"Liu Xiaobo est un bouc-émissaire"


Organisations internationales et ambassades étrangères ont tous appelé à la clémence, en ce jour de Noël : "C'est une peine très, très sévère, qui reflète aussi un durcissement politique, que nous avons observé depuis la préparation des jeux Olympiques", a estimé Nicholas Bequelin, chercheur à la division Asie de l'organisation Human Rights Watch, basé à Hong Kong. "Le Parti (communiste) ne pouvait pas laisser sans réponse le défi de la 'Charte 08', c'est une réponse extrêmement forte. Liu Xiaobo est un bouc-émissaire sacrifié pour envoyer un message", a-t-il poursuivi.
"Nous sommes profondément préoccupés par la condamnation à onze ans de prison annoncée aujourd'hui", a réagi le premier secrétaire de l'ambassade des Etats-Unis à Pékin, Gregory May. Et de poursuivre : "persécuter des individus parce qu'ils ont exprimé de manière pacifique leur point de vue politique est en contradiction avec les normes reconnues internationalement des droits de l'Homme". Liu Xiaobo "a oeuvré pacifiquement à l'établissement d'un processus démocratique en Chine" a pour sa part fait valoir Washington.

Mais même les réactions d'Umberto Eco, Salman Rushdie, Vaclav Havel et d'autres, dans lesquelles Pékin a vu de "grossières ingérences", n'y ont rien fait. Le verdict a été prononcé le jour de Noël, une période festive en Occident souvent mise à profit par les autorités chinoises, selon les militants des droits de l'Homme, pour régler les cas des dissidents. En 2007, Hu Jia avait ainsi été arrêté un 27 décembre, puis accusé de subversion avant d'être condamné.
L'organisation internationale Amnesty International s'est dite "extrêmement inquiète pour les autres signataires de la 'Charte 08' et pour la liberté d'expression en Chine.

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