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La Chine a exécuté un citoyen anglais

31 décembre 2009

Julie Desné pour le Figaro 29 Décembre 2009

http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/30/01003-20091230ARTFIG00002-la-chine-a-execute-un-citoyen-anglais-.php

Arrêté en 2007 en possession de drogue, Akmal Shaikh a subi mardi une injection létale.

La loi, c'est la loi, a rappelé en substance la Cour suprême du peuple, la plus haute instance juridique chinoise pour justifier la condamnation à mort et l'exécution du ressortissant britannique Akmal Shaikh pour trafic de drogue. «C'est un crime extrêmement grave et la sentence prononcée par la cour intermédiaire du peuple d'Urumqi, conformément aux articles 48 et 347 du droit pénal, était appropriée», a expliqué la Cour. Malgré les pressions de la Grande-Bretagne et des organisations non gouvernementales, ce père de famille de trois enfants, âgé de 53 ans, a été exécuté par injection létale, dans la province du Xinjiang, à l'ouest du pays, où il avait été jugé et condamné.
La sentence suit des mois de pressions pour convaincre la justice chinoise de la fragilité de l'accusé, atteint de troubles bipolaires. «Aucune clémence n'a été accordée à un homme qui était clairement malade psychologiquement», estime ainsir Reprieve. Cette organisation non-gouvernementale basée à Londres avait essayé à plusieurs reprises d'envoyer un psychiatre pour évaluer la santé mentale d'Akmal Shaikh, mais avait à chaque fois essuyé un refus des autorités chinoises. Le recours de dernière minute tenté par la famille auprès de la Cour suprême n'a pas réussi à sauver le sujet de la Couronne britannique. «Il n'y a aucune raison de mettre en question la santé mentale d'Akmal Shaikh», a tranché l'instance chinoise, estimant que les éléments apportés par la famille étaient insuffisants pour prouver les troubles psychologiques de l'accusé. «Les droits de la défense ont été pleinement garantis», a, de son côté, assuré Jiang Yu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Pas de précédent depuis 1951

Un matin de septembre 2007, le quinquagénaire a été arrêté à l'aéroport d'Urumqi, capitale provinciale du Xinjiang, en provenance du Tadjikistan voisin en possession de plus de 4 kilogrammes d'héroïne. Akmal Shaikh clame son innocence. La famille plaide la manipulation d'un homme fragile psychologiquement, qui se serait laissé embarquer dans une sombre histoire malgré lui. Pékin ne veut rien entendre. C'est la première exécution d'un Européen sur son territoire, depuis 1951. Un Italien était alors passé devant un peloton d'exécution, pour avoir participé à un complot visant à assassiner Mao Zedong et d'autres hauts dirigeants de l'époque.
La Chine, depuis de nombreuses années, bat des records avec, selon les sources, entre 1.700 et 5.000 exécutions pour la seule année 2008 . Dans tous les cas, Pékin tue plus de prisonniers que l'ensemble des pays appliquant la peine de mort réunis. Des crimes aussi divers que la corruption, le commerce de reliques ou encore la contrefaçon sont passibles de la peine de mort.
Avec l'exécution d'Akmal Shaikh, la République populaire montre, à nouveau le peu d'influence des pressions internationales sur sa gestion des affaires internes. «La justice chinoise a agi dans la stricte application de la loi et son indépendance ne souffrira aucune interférence de l'extérieur», précisait mardi la porte-parole du ministère des Affaires étrangères en appelant Londres à «ne pas créer de nouveaux obstacles» dans les relations bilatérales.
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