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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

Tibet: les jeunes exilés en Suisse continuent la lutte autonomiste

4 avril 2010

Le Matin (Suisse) 2 avril 2010

http://www.lematin.ch/actu/suisse/tibet-jeunes-exiles-continuent-lutte-autonomiste-257485 

Les protestations contre les Jeux olympiques de Pékin ont montré que la jeunesse "a repris le flambeau de la lutte pour la liberté du Tibet", a indiqué l'envoyé du dalaï lama Kelsang Gyaltsen dans un message en lien avec le premier parlement des jeunes Tibétains d'Europe, qui siégera la semaine prochaine à Zurich. L'assemblée se penchera notamment sur de nouvelles approches possibles pour le mouvement pro-tibétain.
Le succès d'une action passe par la compréhension du système politique d'un pays, a expliqué le représentant du chef spirituel. La jeunesse tibétaine a grandi en Europe et parle les langues locales. "Ses campagnes et son activisme ont plus d'impact que le combat des générations précédentes".
Le vice-président de l'association Jeunesse tibétaine en Europe (VTJE) confirme: "Nous parlons la langue du pays, avons fait notre formation ici. Nous avons plus d'expérience dans les relations avec les médias". Et Rigzin Gyaltag d'affirmer que le rôle des jeunes est aussi de maintenir la lutte bien vivante.

La Suisse au centre

Près de 4000 Tibétains vivent en Suisse, soit la plus grande communauté d'Europe. Avec ses quelque 400 membres, la VTJE, dont le siège est situé à Zurich, est la plus importante association de jeunes tibétains du continent.
La VTJE a été fondée en 1970 par des membres de la diaspora, qui avaient fui suite au soulèvement tibétain de 1959. C'est désormais la deuxième génération qui est aux commandes de l'association.
Le mouvement de lutte pour un Tibet libre et les médias vivent en symbiose. Si leur combat connaît une telle répercussion dans la presse, c'est que les exilés parviennent à attirer l'attention sur eux grâce à des manifestations spectaculaires. Le mouvement jouit également d'une cote de sympathie élevée, notamment grâce au caractère non violent de sa démarche.
Un pacifisme que la deuxième génération d'exilés tibétains est bien décidée à reprendre à son compte, a assuré M. Gyaltag. "Les images spectaculaires d'actions de protestation ont beau donner l'impression d'une certaine violence, elles reflètent toujours des manifestations pacifiques".
Les jeunes n'envisagent par contre pas de la même façon que leurs aînés la question du statut du Tibet. "Il y a notamment un nombre croissant de jeunes Tibétains qui défendent l'indépendance totale par rapport à la Chine. Et ces 'impatients' ne résident pas seulement en Inde", a souligné le conseiller national socialiste Mario Fehr, président du groupe parlementaire Suisse-Tibet.
Changement de cap
Quant au dalaï lama, qui jouit d'un profond respect parmi ses jeunes compatriotes, il privilégie pour l'instant la "voie du milieu", à savoir une vraie autonomie plutôt que la séparation d'avec la Chine. Après la mort du chef spirituel, la position de la communauté en exil pourrait néanmoins se radicaliser.
Outre l'indépendance, les jeunes tibétains qui ont grandi en Occident exigent aussi une plus grande sécularisation du gouvernement en exil. C'est actuellement Samdhong Rinpoche, un haut dignitaire religieux, qui est à la tête de ce dernier. De nombreuses voix appellent au choix d'un premier ministre qui ne soit pas un moine lors des élections de 2011.
Le premier parlement des jeunes Tibétains d'Europe siégera du 9 au 11 avril à l'Université de Zurich, soit simultanément à la visite du dalaï lama. Le but de cette assemblée est, selon ses organisateurs, "d'encourager le savoir politique et de renforcer les relations" entre compatriotes.
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