Abonnez-vous à notre liste d'envoi

« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

Banquet de crabes à Shanghai pour un artiste en résidence surveillée

10 novembre 2010

Pierre Haski - Rue89 7 Novembre 2010

http://www.rue89.com/node/174871 

Vendredi, le très remuant artiste chinois Ai Weiwei a été placé en résidence surveillée à son domicile de Pékin, afin de l'empêcher de participer à un rassembement festif qu'il organisait dimanche devant son atelier de Shanghai, à la veille de sa destruction sur ordre des autorités.
Son absence n'a pas empêché des centaines de personnes de participer dimanche à un banquet de crabes (photo ci-dessus) près du bâtiment de l'atelier, un jeu de mot en chinois puisque « crabe » ressemble phonétiquement au mot « harmonie » que le gouvernement met en avant dans ses discours, mais que les dissidents ont détourné pour signifier censure et remise au pas. Ainsi, un texte « harmonisé » sur internet signifie qu'il a été censuré, dans le langage détourné des dissidents…
Pas de slogans politiques, pas de discours, dimanche à Shanghai, mais de la bonne humeur et des chansons pour accompagner cette destruction qui intervient sitôt fermée l'expo universelle de Shanghai.

Pendant ce temps, Ai Weiwei, enfermé chez lui sous surveillance policière jusqu'à l'expiration dimanche soir de cette assignation à résidence, continue à communiquer sur le réseau Twitter, bien que celui-ci soit théoriquement bloqué en Chine. Avec plus de 50 000 inscrits sur son compte, Ai Weiwei dispose d'une caisse de résonnance à son combat qui s'est radicalisé ces denières années.
Artiste contemporain reconnu -il a participé à la conception du stade olympique de Pékin, et a actuellement une exposition à la Tate Modern de Londres…-, Ai Weiwei a adopté des positions de plus en plus proches de celles des dissidents politiques, surtout depuis le séisme du Sichuan de 2008, et son engagement en faveur des familles d'enfants morts dans l'effondrement de leurs écoles mal construites et qui réclament des comptes.
Relayé par des blogueurs comme Zola (auteur de la vidéo et des photos ci-dessus) ou Michael Anti, Ai Weiwei a su transformer la destruction programmée de son atelier et sa mise en résidence surveillée en événement festif et contestataire, signe d'une société civile minoritaire mais active et dynamique, qui revendique plus d'espaces de liberté dans la Chine de la croissance à deux chiffres.
Pendant ce temps-là, le président Hu Jintao poursuit son voyage en Europe où, du tapis rouge français, il est passé au tapis rouge portugais.
photo: le banquet de crabes de Shanghai, dimanche 7 novembre, par Zhou Zuola, dit Zola, blogueur chinois.
Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Développé par plank