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« Je reste attaché au dialogue. Je suis en effet fermement convaincu que le dialogue et la volonté d’examiner clairement et honnêtement la réalité du Tibet peuvent nous conduire à une solution viable. »

Ai Weiwei reconnaît avoir «des problèmes»

15 novembre 2010

Pierre Tiesssen - le Temps 12 Novembre 2010

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d0441ac6-eddb-11df-9672-ef0f04753c78/Ai_Weiwei_reconnaît_avoir_des_problèmes

L’artiste d’avant-garde et contestataire le plus célèbre de Chine est réputé pour ses coups de gueule contre le Parti, la censure et la corruption. Le régime le tolère, mais pour combien de temps?

Avec sa barbe épaisse et son physique rondouillard, on le prendrait pour un gentil. Mais méfiez-vous, l’artiste d’avant-garde le plus célèbre de Chine est un sanguin. A 53 ans, Ai Weiwei (photo), connu pour son art de la contestation (il signe notamment en 2000 l’exposition Fuck Off à Shanghai), est aussi réputé pour ses féroces coups de gueule. Corruption, censure, parti unique… Dès qu’il le peut, il cogne contre le régime en place, mettant en lumière sur son blog les dérives du système politique chinois.
«Tout régime mérite d’être critiqué», lance-t-il simplement, comme si la chose allait de soi en Chine. En 2009, il appelait ainsi à une grève générale de l’Internet pour protester contre les nouvelles mesures de filtrage imaginées à l’époque par le Parti communiste chinois. L’année précédente, il recensait l’ensemble des élèves morts pendant le tremblement de terre du Sichuan, fichier que les autorités centrales refusaient de publier… Sa dernière «sortie» date de cette semaine: «J’ai demandé à David Cameron [le premier ministre britannique en visite officielle en Chine] d’aborder de front la question des droits de l’homme avec nos dirigeants, déclarait-il lundi à l’AFP. Il est inadmissible que des gens soient emprisonnés parce qu’ils pensent d’une manière différente.»

Designer du Nid d’oiseau
Il fut aussi de ceux – rares à être entendus en Chine – qui se réjouirent publiquement de l’attribution le mois dernier du Prix Nobel de la paix à son ami Liu Xiaobo.
L’artiste n’est pourtant pas un dissident professionnel. Fils du célèbre poète Ai Qing (emprisonné par le Guomindang en 1932 et par les communistes en 1958), Ai Weiwei sait, quand il le faut, travailler et mettre son talent au service de son pays et des hommes qui le dirigent. Il est ainsi le designer (avec le cabinet bâlois Her­zog & de Meuron) du fameux Nid d’oiseau, le stade olympique pékinois, symbole des Jeux de 2008. C’est sans doute cette réalisation et son pedigree qui lui ont valu longtemps d’être toléré par les caciques du régime. Mais depuis peu les choses se compliquent. Forcé de vider son nouvel atelier shanghaïen avant la fin du mois, il reconnaît avoir «des problèmes ces temps-ci».
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