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« La paix ne peut prendre racine tant que les droits de la personne sont bafoués. Comment la paix peut-elle régner alors que le simple fait de dire la vérité constitue un crime? »

Liu Xiaobo ou le dernier prix Nobel de la paix derrière les barreaux

22 novembre 2010

Reporters Sans Frontières 18 Novembre 2010 http://fr.rsf.org/birmanie-liu-xiaobo-ou-le-dernier-prix-18-11-2010,38837.html

Le monde entier s’est réjoui le 13 novembre 2010 de la libération de l’opposante Aung San Suu Kyi, symbole de la lutte pour la démocratie en Birmanie et prix Nobel de la paix en 1991. Désormais, Liu Xiaobo (刘哓波), intellectuel et dissident politique chinois, demeure le seul lauréat de cette prestigieuse récompense emprisonné.
Aung San Suu Kyi et Liu Xiaobo ont un destin similaire. Ils se battent tous les deux pour la promotion de la démocratie dans leur pays,et ont tous deux été enfermés par des gouvernements irrespectueux de la liberté d’expression.
La libération de "la dame de Rangoon" pourrait-elle amener le gouvernement chinois à accorder la libération anticipée à "son" Nobel ?
Reporters sans frontières réitère son appel à la libération de Liu Xiaobo, condamné à onze ans de prison ferme, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques chinois. Le gouvernement de Pékin, à l’occasion de la libération d’Aung San Suu Kyi, a exprimé sa confiance quant au bon déroulement du processus de paix et de réconciliation des ethnies en Birmanie et a qualifié la lauréate d’"importante figure politique". Pourquoi ne suit-il pas cet exemple avec Liu Xiaobo ? Il doit impérativement mettre fin à sa condamnation injuste.
L’organisation n’en maintient pas moins son appel à la libération des 2 200 prisonniers politiques birmans et demande aux autorités birmanes de stopper la censure de la presse et de permettre aux médias de diffuser largement la nouvelle de la libération et des activités de la "dame de Rangoon".
Les pressions exercées sur les proches et les soutiens de Liu Xiaobo ainsi que tous les défenseurs de la liberté d’expression n’ont pas diminué en Chine.
Pékin a déjà tenté de dissuader les diplomates de se rendre à la cérémonie de remise du prix Nobel le 10 décembre à Oslo et a empêché plusieurs militants des droits de l’homme de quitter le territoire. La femme de Liu, Liu Xia (刘霞), est toujours assignée à résidence. Les frères du prix Nobel sont très pessimistes quant à leurs chances de sortir du pays. Les proches du prisonnier se sont vu refuser la visite mensuelle. Mo Shaoping (莫少平), un avocat proche de Liu Xiaobo, est empêché de quitter la Chine. Le Comité Nobel pourrait se trouver dans l’impossibilité de remettre le prix à l’intéressé, annonce Geir Lundestad, un haut responsable du Comité Nobel, qui considère Liu Xiaobo comme "un des plus importants Nobel de l’histoire".
Les arrestations des soutiens de Liu se poursuivent également. Guo Xianliang (郭贤良), un écrivain du Web, connu sous le pseudonyme de "l’ermite de la montagne Tianshan" (天山居士) est détenu depuis le 28 octobre par les autorités de Guangzhou pour avoir distribué des tracts où figurait Liu Xiaobo dans les rues et les parcs de Canton. Li Hai (李海), un membre du ICPC (Independant Chinese Pen Centre) a été arrêté par la police le 30 octobre. Ses proches demeurent sans nouvelles de lui. Hua Ze (华泽), une ancienne réalisatrice de documentaires pour CCTV, la chaîne officielle, journaliste freelance et militante des droits de l’homme, a été kidnappée dans le métro de Pékin le 27 octobre et déportée au Jiangxi, sa province d’origine, où elle demeure actuellement en résidence surveillée.  D’après un message posté sur Twitter par Teng Biao (滕彪), avocat et défenseur des droits de l’homme, Shen Minqiang (沈民强), un citoyen pékinois, aurait été arrêté par les autorités locales, alors qu’il donnait une interview devant la maison de Liu Xiaobo le 8 octobre. Il a été placé sous détention administrative et les charges retenues contre lui ne sont pas claires.
En outre, les autorités chinoises durcissent encore leur contrôle de l’information depuis l’attribution du prix Nobel de la paix. Craignant une révolution « de couleur », les autorités ciblent les ONG et les médias. L’association « Loving Source » (“爱源”), créée par l’activiste Hu Jia (胡佳), emprisonné depuis 2007, a dû cesser ses activités face aux pressions des autorités. Les parents de Hu Jia ont été sommés de ne pas quitter la ville, et, d’après la femme de celui-ci, les policiers auraient "enquêté" dans la crèche de leur fille.
Le Web chinois reste dans la ligne de mire de la censure officielle. À l’approche de la remise du prix Nobel de la paix, le 10 décembre 2010 à Oslo, une fausse invitation à la cérémonie circule par courrier électronique contenant un « cheval de Troie », un virus informatique très puissant. Le groupe de sécurité informatique F-Secure a déclaré ne pas connaître l’origine de ces cyber-attaques. Deux semaines auparavant, le site Internet du prix Nobel de la paix avait été victime d’un premier piratage informatique.
Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard et le responsable du bureau de l’Asie-Pacifique  de l’organisation, Vincent Brossel, assisteront à la cérémonie de remise du prix Nobel le 10 décembre à Oslo en soutien à Liu Xiaobo et à la liberté de la presse.
Pour libérer Liu Xiaobo, signez la pétition : http://fr.rsf.org/petition-liu-xiaobo,38700.html
Bureau National du CCT 1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage, Montréal (Québec) H3G 1T7 Canada
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
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