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« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Des députés crient "Liberté pour le Tibet" devant une flamme... invisible

9 avril 2008

A.F.P 7 avril 2008 http://afp.google.com/article/ALeqM5h-GeMLUsi3KbGxNXvh1DgPr6Kpfg

PARIS (AFP) — "Ça y est, elle est passée!", lance Lionnel Luca, sautant prestement du mur du Palais-Bourbon où une quarantaine de députés, ceints de leur écharpe tricolore, scandent "Liberté pour le Tibet!" au passage, en trombe, d'une flamme olympique... que -quasiment- personne n'a vue.

Le président (UMP) du groupe Tibet à l'Assemblée est l'un des rares élus à avoir entr'aperçu lundi, tout près de la Seine, la torche bien camouflée dans un bus roulant à vive allure et surprotégée par moult policiers là où on l'attendait brandie par un sportif.

"On n'a pas vu la flamme. On a vu des cars, des policiers, c'est vraiment dommage, c'est d'une tristesse!", regrette la députée UMP Chantal Brunel.

Les étiquettes politiques sont tombées pour l'occasion. Mme Brunel est debout sur le mur d'enceinte aux côtés du patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, qui regrette encore l'absence des couleurs tibétaines sur le fronton.

Debout, en rang serré, La quarantaine de députés présents se sont toutefois rattrapés en accrochant à la grille du Palais les drapeaux multicolores du Tibet et, à l'initiative du PS, une large banderole barrée d'un "Respect des droits de l'homme en Chine".

"Je veux saluer ce grand mouvement de défense des droits de l'homme en Chine. Le groupe socialiste a été au premier rang de ce mouvement", se félicite M. Ayrault, devenu le 154ème membre du groupe Tibet (soit 11 de mieux que pour France-Chine).

Fait plutôt rare, l'Assemblée a même suspendu ses travaux -le projet de loi OGM- pour permettre aux députés d'être présents au passage de la torche olympique.

Une demande émanant de tous les groupes politiques et acceptée... après le feu vert du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Pour les députés, c'est la première manifestation aussi solennelle en faveur des droits de l'homme en Chine et au Tibet. Certains agitent des drapeaux tibétains et portent des T-shirts de Reporters sans frontières. A quelques mètres de là, des passants applaudissent.

Le quartier est quadrillé depuis le début de l'après-midi par un dispositif impressionnant de forces de l'ordre en voiture, à cheval ou à pied, tenant à l'écart le groupe d'étudiants chinois agitant, sans jamais être inquiétés, des drapeaux rouges face à des pro-Tibet, encadrés eux de près.

Pour répondre aux étudiants chinois qui scandent des slogans pro-Pékin à l'approche du cortège olympique, M. Luca entonne la Marseillaise, repris en choeur par ses collègues, dont Patrick Bloche (PS), Philippe Folliot (Nouveau centre) ou encore les Verts Noël Mamère et Yves Cochet.

"C'est un moment émouvant", confie à l'AFP Jean-Louis Bianco, un badge "liberté" en caractères chinois accroché au revers de la veste. "Tous les groupes politiques se sont rassemblés. C'est important que les députés de la Nation rappellent qu'on est toujours fidèles à nos valeurs", poursuit l'ancien ministre de François Mitterrand.

Seul député PCF présent, André Chassaigne, n'est pas en reste: "les droits de l'homme ne se divisent pas". "Ce qui se passe au Tibet est absolument inacceptable. L'esprit olympique ne doit pas écraser les droits de l'homme", fait valoir l'élu communiste.

"Mais, c'est une manifestation de CRS !", commente, amusé, le ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo, qui observe de loin, attendant que son débat OGM reprenne.

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