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« Compassion et tolérance ne sont pas des signes de faiblesse mais de force. »

La Chine se méfie des aspirations démocratiques en Egypte

1 février 2011

Le Journal de la Saone et Loire 31 Janvier 2011  

Les troubles qui font vaciller le pouvoir d’Hosni Moubarak sont suivis avec inquiétude et malaise en Chine où les censeurs empêchent les discussions sur l’internet et la presse officielle donne une version très édulcorée de la situation en Egypte.
Les nouvelles récentes concernant ce pays restaient lundi censurées sur les principaux sites de micro-blogging et portails d’information en Chine.
Samedi, les requêtes avec le mot «Egypte» sur des équivalents chinois de Twitter déclenchaient la réponse suivante: «Selon les lois en vigueur, le résultat de votre recherche ne peut être communiqué».
Le PC chinois, qui étouffe les revendications démocratiques et redoute les troubles à l’ordre public, se méfie d’un possible effet de contagion venu du Caire, alors que la contestation égyptienne s’inspire de la révolte tunisienne qui a chassé le président Ben Ali.
La presse officielle se limitait lundi à rapporter succinctement le mouvement de contestation et les manifestations antigouvernementales.
La couverture mettait plutôt l’accent sur la nécessité de restaurer l’ordre public face aux scènes de chaos, escamotant les facteurs politiques et les appels à la démocratie.
Le journal télévisé a présenté lundi le président Hosni Moubarak en réunion avec des hauts responsables, sans montrer les milliers d’Egyptiens qui ont de nouveau dimanche bravé le couvre-feu.
Les principaux quotidiens chinois n’ont publié lundi aucune photo d’Egypte.
Le journal Global Times, connu pour ses prises de position nationalistes, a mis en garde contre le chaos pouvant résulter des mouvements de révolte populaire: «En tant que concept général, la démocratie a été acceptée par la plupart des gens. Mais, en tant que système politique, le modèle occidental n’est qu’une option parmi quelques autres».
«La Chine suit de près l’évolution de la situation en Egypte», a déclaré lundi le ministère des Affaires étrangères. «L’Egypte est un pays ami de la Chine et nous espérons que la stabilité sociale et l’ordre public vont être restaurés dès que possible en Egypte».
La censure concernant l’Egypte rappelle celle exercée par Pékin lors des «révolutions de couleur», ainsi qu’on a appelé les mouvements pro-démocratie qui se sont développés il y a une dizaine d’années dans les sociétés post-communistes d’Europe centrale et orientale et d’Asie centrale.
La Toile en Chine est expurgée de sites politiquement sensibles. Pékin contrôle la communauté des 450 millions d’internautes chinois pour éviter que la dissidence ne s’organise ou puise une inspiration à l’étranger.
«J’aurais tendance à croire que le gouvernement a donné comme consigne à tous les médias de se limiter aux dépêches de Chine nouvelle. C’est la procédure habituelle», a déclaré Jeremy Goldkorn, rédacteur en chef du site d’informations
www.danwei.org , qui est également bloqué par la censure.
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