Les athlètes britanniques, qui participeront aux jeux Olympiques de Pékin en août, doivent signer un contrat dans lequel ils s'engagent à ne pas s'exprimer sur des sujets politiques sensibles, indique dimanche l'hebdomadaire britannique Mail on Sunday.
Les athlètes "ne doivent faire de commentaire sur aucune question politique sensible", ce qui inclurait les droits de l'Homme en Chine, précise une nouvelle clause du contrat de 32 pages, citée par le journal.
Des groupes de défense des droits de l'Homme ont accusé les autorités olympiques britanniques de trahir l'esprit des Jeux et les ont appelées à changer leur position.
Le Comité olympique britannique (BOA), interrogé par le Mail on Sunday, a confirmé que les athlètes qui ne signeront pas cet engagement ne pourront pas se rendre à Pékin, selon le journal.
Mais, dimanche, le BOA a démenti vouloir censurer les athlètes.
"Nous n'essayons pas d'interdir à nos athlètes de faire des commentaires ou de débattre", a déclaré un porte-parole du Comité olympique britannique.
"Si on pose une question directe à une personne et qu'elle y répond, il n'y a pas de problème", a-t-il dit, tout en relevant qu'il serait malvenu que des athlètes se servent des Jeux comme d'une tribune.
L'introduction de cette nouvelle clause vise à éviter des manifestations telles que celles organisées par les mouvements de défense des droits civils aux Jeux de Mexico en 1968, a-t-il précisé.
Le contrat que les athlètes doivent signer fait aussi référence à la section 51 de la charte du Comité international olympique (CIO) "qui n'autorise aucune sorte de manifestation, ou de campagne politique, religieuse ou raciale sur les sites olympiques."
"En Chine, les gens ne peuvent pas s'exprimer sur les droits de l'Homme sans craindre des représailles. En Grande-Bretagne, on peut le faire", a relevé le responsable des campagnes d'Amnesty International, Tim Hancock.
Il a qualifié la démarche du BOA de "décevante". "Dans un esprit de dignité humaine, les athlètes britanniques devraient pouvoir exprimer librement leurs opinions sans le risque ou la menace d'être expulsés de l'équipe olympique pour les Jeux de Pékin de 2008", a-t-il observé.