Reporters Sans Frontières 6 Mars 2009 http://www.rsf.org/article.php3?id_article=30500
Reporters sans frontières demande aux autorités chinoises de faire annuler le verdict qui a condamné Yuan Xianchen, âgé de 44 ans, défenseur des droits de l’homme, à quatre ans de prison et à cinq ans de privation de droits, pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ». Le verdict a été annoncé, le 4 mars 2009, par la Cour intermédiaire de la ville de Jixi (province du Heilongjiang, nord-est).
"L’article 35 de la constitution chinoise protégeant la liberté d’expression, Yuan Xianchen n’aurait jamais du être condamné à une peine de prison. Par ailleurs, les actes de torture qui auraient permis aux policiers d’arracher des aveux à Yuan sont inacceptables et contraires aux engagements des dirigeants de Pékin », a déclaré Reporters sans frontières.
Selon l’organisation CHRD, Yuan a rejeté le verdict et a l’intention de faire appel. Sa femme, Mme Zhang, a reçu par écrit, le 5 mars, le verdict de la Cour intermédiaire de Jixi. D’après les avocats de Yuan, il a été torturé à plusieurs reprises lorsqu’il était en détention avant le procès. Il a été interpellé le 24 mai 2008 puis arrêté officiellement le 30 juin.
Yuan Xianchen a été condamné pour avoir rédigé une vingtaine d’articles critiquant le socialisme, distribué un article intitulé « Sauvez la Chine, adopter une Constitution démocratique » à des pétitionnaires lors du Congrès national du peuple en 2005, accordé des interviews à des médias basés étrangers, dont Epoch Times, et avoir reçu de l’argent d’organisations étrangères.
Même si cela ne figure pas dans le procès, il semble qu’il ait également été arrêté pour avoir aidé Yang Chunlin, un dissident et activiste pour la défense des droits de l’homme en Chine, en collectant des signatures pour la lettre ouverte intitulée « Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques ».
Le crime d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat » figure dans l’article 105(2) du code pénal chinois. Depuis son adoption en 1997, il est de plus en plus régulièrement utilisé par les autorités chinoises pour emprisonner les voix dissidentes et limiter la liberté d’expression en Chine.