LEMONDE.FR | 23.03.08 | http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/03/23/polemique-apres-la-mise-en-ligne-d-avis-de-recherche-contre-des-emeutiers-presumes_1026562_3216.html#ens_id=1020806
Yahoo! a publié un communiqué pour démentir avoir lui-même mis en ligne les photographies. Selon un porte-parole du groupe, cité anonymement par l'AFP, les images des émeutiers présumés ont bien été diffusées sur le portail Yahoo! Chine. Mais "la marque Yahoo! Chine est opérée par Alibaba, société dont Yahoo! détient moins de 40 % des parts", explique-t-il, assurant que le géant américain "a demandé des comptes à Alibaba et l'a interpellé pour comprendre ce qui s'est passé, et pourquoi ces images avaient été mises en ligne".
Ce n'est pas la première fois que Yahoo! est accusé d'avoir prêté son concours, du moins tacitement, aux actions des autorités chinoises. En 2002, il a signé la "promesse publique d'autodiscipline de l'industrie d'Internet en Chine", une charte qui incite les sociétés du Web désireuses de conquérir le marché chinois à coopérer avec la Sécurité d'Etat de Pékin. Depuis, plusieurs dissidents, dont Wang Xiaoning, un auteur condamné à 10 ans de prison, et Shi Tao, un militant des droits de l'homme sur la Toile qui a écopé de la même peine, ont été repérés et condamnés grâce aux données fournies par la multinationale américaine. Poursuivi en justice en Californie par les deux hommes, Yahoo! avait maintenu, par le biais de son service juridique, qu'il n'avait pas la possibilité de refuser de livrer des informations aux forces de l'ordre.
"ÉCRASER LES FORCES TIBÉTAINES D'INDÉPENDANCE"
Pékin a révisé le bilan officiel des émeutes, samedi, faisant état de dix-neuf morts et près de 620 blessés. Une semaine après les violents incidents qui ont secoué la région, les autorités chinoises rejettent toujours un dialogue avec le dalaï-lama. Le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois, a promis de "fermement réprimer la conspiration visant au sabotage et écraser les 'forces tibétaines d'indépendance'", accusant le leader spirituel des bouddhistes tibétains de "se camoufler" derrière "le prétexte de la 'paix' et de la 'non-violence'".
Ces déclarations belliqueuses font craindre aux organisation de défense des droits de l'homme une nouvelle vague d'arrestations au Tibet et dans les provinces limitrophes. Le gouvernement tibétain en exil dans le nord de l'Inde a de nouveau déclaré que des "discussions étaient plus nécessaires que jamais auparavant" en l'état actuel des choses. Selon un bilan "confirmé", il estime que les violences ont fait 99 morts au Tibet et dans les provinces chinoises voisines abritant des minorités tibétaines.