Hu Jia avait été jugé le 18 mars en quelques heures par la première cour intermédiaire de Pékin. A la sortie du tribunal, sa femme Zeng Jinyan, en pleurs, avait déclaré: «C’est injuste. Il a juste publié sur Internet cinq articles qu’il avait écrits et donné deux interviews à la presse étrangère». Son avocat, Li Fangping, a indiqué ne pas savoir si son client ferait appel.
Deuxième condamnation d’un opposant en dix jours
Le Parlement européen, les Etats-Unis et la Commission européenne étaient intervenus en faveur de Hu Jia auprès des autorités chinoises. Et à l’annonce du verdict, l’Union européenne a de nouveau réclamé sa libération. «Nous avons dit très clairement avant le procès qu’il n’aurait jamais dû être arrêté et qu’il devrait être libéré. Ceci reste notre position», a indiqué William Fingleton, porte-parole de la délégation de la Commission européenne à Pékin.
«Nous sommes consternés par cette condamnation», a déclaré pour sa part la porte-parole de l’ambassade américaine à Pékin, alors que le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, est en visite officielle dans la capitale chinoise.
La Chine a nié jeudi intensifier la répression contre les dissidents avant les Jeux olympiques. «Nous ne pouvons pas accepter cette accusation. La Chine est un pays de lois. Chacun est égal devant la loi, il ne nous est pas possible d’arrêter l’application de la loi en raison des JO», a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu.
En dix jours, il s’agit de la deuxième condamnation à la prison d’un opposant chinois, après celle de Yang Chunlin, qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan «Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques.»