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« Nous, les Tibétains, aspirons à une autonomie légitime et véritable, un arrangement qui permettrait aux Tibétains de vivre au sein de la République populaire de Chine. »

Relations gouvernementales

Évolution de la politique du Canada vis-à-vis du Tibet

Jusqu’en 1969, le soutien du Canada au gouvernement tibétain a souvent été timide, mais constant. Les premiers échanges de correspondance entre les diplomates canadiens en poste à Bejing et New Delhi et leurs correspondants à Ottawa décrivent le Tibet comme un état indépendant, incapable de résister à l’invasion militaire chinoise.

En 1950, Lester Pearson, ministre des Affaires extérieures du Canada envoya à son ambassadeur à Washington une note confidentielle dans laquelle il énonçait clairement sa position:

«En fait, il semble qu’au cours des 40 dernières années, le Tibet a contrôlé ses affaires intérieures et extérieures. À en juger d’après la situation, je suis d’avis que, du point de vue du droit international, le Tibet a qualité pour être reconnu État indépendant» [traduction]

En mars 1959, alors que le soulèvement de Lhassa se soldait par la mort d’environ 10 000 Tibétains, des documents internes du gouvernement canadien montraient que ses représentants suivaient de très près l’évolution de la situation et rendaient compte à Ottawa. Ils attribuaient le soulèvement à la frustration croissante des Tibétains causée par l’«invasion chinoise en 1950». Cependant, en juin 1959, des diplomates canadiens suggéraient déjà que la Chine devait être admise aux Nations unies et que l’aide aux réfugiés tibétains devait être apportée discrètement, sans tambour ni trompette.

En 1970, le contexte international avait changé et le Canada reconnut officiellement la République populaire de Chine. Avec l’établissement de relations diplomatiques, le Canada reconnaissait la mainmise chinoise sur le territoire tibétain. Dans une lettre envoyée au Comité Canada Tibet en juillet 1988, l’honorable Joe Clark expliquait:

«… le gouvernement canadien considère que le statut juridique du Tibet est celui d’une région autonome de la République populaire de Chine, comme cela est énoncé dans la constitution chinoise.» [traduction]

A la suite de sa visite à Ottawa en novembre 1990, durant laquelle il inaugura le monument des Droits de la personne près de la Colline du Parlement, le Dalaï Lama témoigna devant le Comité permanent des relations extérieures et présenta aux Canadiens son Plan de paix en cinq points. La position officielle du Canada sur le statut politique du Tibet fut modifiée pour laisser la place à une approche plus nuancée, axée sur des principes:

«En 1970, lorsque le Canada a établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, il a reconnu le gouvernement de la RPC comme le seul gouvernement légitime de la Chine. Le Canada ne prend aucune position sur des revendications territoriales particulières de la Chine; ni il ne les conteste, ni il ne les endosse.» [traduction]

Cette position a sous-tendu la politique du Canada jusqu’en 1997, année où Lloyd Axworthy, ministre canadien des Affaires étrangères et du Commerce international, a adopté une nouvelle approche en matière de politique étrangère qualifiée de «pragmatisme fondé sur des principes». Il en résulta une nouvelle modification de la position officielle du Canada vis-à-vis du statut du Tibet en 1998:

«Lorsque le Canada a établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine en 1970, il a reconnu le gouvernement de la RPC comme le seul gouvernement légitime de la Chine. Le Canada ne reconnaît pas le «gouvernement tibétain en exil» ayant à sa tête le Dalaï Lama, établi à Dharamsala, en Inde.» [traduction]

Depuis 1998, la position du Canada n’a pratiquement pas changé, hormis quelques ajustements probablement liés au transfert de pouvoirs décidé par le Dalaï Lama en 2011. En 2013, la position du Canada sur le statut du Tibet était la suivante:

«Le Canada reconnaît le gouvernement de la République populaire de Chine comme étant le seul gouvernement légitime de la Chine et ne reconnaît pas le «gouvernement tibétain en exil». Le Canada reconnaît le Dalaï Lama comme un important chef spirituel, récipiendaire du prix Nobel de la paix et citoyen canadien à titre honorifique.»

Chronologie des relations Canada-Tibet

• En 1895, le Dr Susie Rijnhart, missionnaire canadienne, est la première femme occidentale à entrer au Tibet. Sa tentative d'atteindre Lhassa se solde par un échec, marqué par la mort de son fils en bas âge et de son mari. Plusieurs années plus tard, elle meurt aussi au Tibet.

• En 1960, 1961 et 1965, le Canada vote en faveur des résolutions 1353, 1723 et 2079 à l'Assemblée générale des Nations Unies, exigeant la fin des pratiques qui privent le peuple tibétain de leurs droits humains et de leurs libertés.

 • En 1971 et 1972, plus de deux cents réfugiés tibétains provenant de l'Inde sont admis au Canada dans le cadre d'un nouveau programme gouvernemental.

 • En 1980, Sa Sainteté le Dalaï-lama visite le Canada pour la première fois. Il rencontre le gouverneur général Edward Shreyer à Montréal.

 • En 1990, cinq représentants de la Chambre des communes et du Sénat s'unissent pour inviter le Dalaï-lama à Ottawa. Ces cinq représentants formeront le groupe des Amitiés parlementaires pour le Tibet (APT).

• Le 28 mai 1990, l'ambassadeur canadien en Chine (Diller) devient le premier représentant d'une puissance étrangère à visiter le Tibet depuis l'imposition de la loi martiale. Durant sa visite, des accords prévoyant une aide du Canada au Tibet sont signés.

 • En Octobre 1990, le Dalaï-lama effectue sa première visite à Ottawa. Gerry Weiner, secrétaire d'État au Multiculturalisme, accueille le Dalaï-lama au nom du gouvernement canadien. Lors de sa visite, le Dalaï-lama est invité à discuter avec le Comité parlementaire des affaires extérieures et du commerce international. C’est alors qu’il expose son plan de paix en cinq points pour le Tibet.

 • Après la visite de 1990, le Canada amende sa position sur le statut politique du Tibet: «En 1970, lorsque le Canada a établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, il a reconnu le gouvernement de la RPC comme le seul gouvernement légitime de la Chine. Le Canada ne prend aucune position sur des revendications territoriales particulières de la Chine; ni il ne les conteste, ni il ne les endosse.» [traduction]

• Le 12 mai 1993, le Sous-comité parlementaire sur les droits de la personne et le développement tient une audition sur la situation au Tibet.

 • En juin 1993, le Dalaï-lama offre des enseignements bouddhistes à Montréal et à Vancouver. Il est accueilli à Montréal par la ministre des Relations extérieures, Barbara McDougall.

 • Le 14 juin 1995, le Sénat du Canada adopte une résolution sur la situation au Tibet, pressant le Canada d’encourager des négociations entre la Chine et les représentants du gouvernement du Tibet en exil.

• En 1996, le Canada dissocie la promotion des droits de la personne de celle du commerce au sein du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international déclarant que «le gouvernement canadien a récemment pris la décision de ne pas lier les relations économiques avec la Chine à la question des droits de la personne.» [traduction]

• En 1997, lors de l’instauration du dialogue bilatéral Canada-Chine sur les droits de la personne, la position du Canada sur le Tibet est revue: «Lorsque le Canada a établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine en 1970, il a reconnu le gouvernement de la RPC comme le seul gouvernement légitime de la Chine. Le Canada ne reconnaît pas le «gouvernement tibétain en exil» ayant à sa tête le Dalaï Lama, établi à Dharamsala, en Inde.» [traduction]

• En novembre 1999, le département des Affaires étrangères et du Commerce international (DAECI) visite officiellement la Région autonome du Tibet (RAT) pour la première fois.

• En décembre 1999, l’ACDI annonce son premier projet de développement bilatéral dans la région autonome du Tibet (RAT), «Besoins humains fondamentaux sur le Plateau tibétain».

• En juin 2000, Raymond Chan, le secrétaire d’État pour l’Asie-Pacifique au DAECI, effectue une visite officielle au Tibet. C’est la première visite d’un diplomate canadien de rang ministériel. Il fait à cette occasion la fameuse déclaration selon laquelle les prisonniers tibétains sont «heureux».

• Le 30 janvier 2001, plus de 80 députés demandent au premier ministre Jean Chrétien l’intervention de son bureau pour encourager la Chine à négocier avec les représentants du Dalaï-lama sur la question du Tibet.

• En septembre 2002, alors que les représentants du Dalaï-lama sont en Chine pour reprendre les négociations interrompues, le premier ministre Chrétien appuie la semaine culturelle tibétaine proposée par la Chine, un événement qui est entièrement organisé par le département de la Propagande extérieure du gouvernement central. Dans le matériel promotionnel de l’événement figurent des dépliants qualifiant le Dalaï-lama d’homme qui «organise des activités terroristes» et qui «dispose de forces armées».

• En janvier 2003, le gouvernement du Canada, via son ambassade à Beijing, exprime officiellement aux autorités chinoises l’inquiétude soulevée par l’exécution de Lobsang Dhondup et la condamnation à mort de Tenzin Delek Rinpoche.

•En 2004, l’ACDI annonce que la réduction de la pauvreté ne figure plus dans son Cadre stratégique programmation-pays de la Chine (2005-2010). L’ACDI se concentrera désormais exclusivement sur les droits de la personne, le développement de la démocratie, la saine gouvernance et les questions environnementales les plus pressantes pour les Canadiens. La question des minorités figure également parmi les priorités du programme.

• En mars 2004, 159 membres du Parlement écrivent au premier ministre Paul Martin, demandant que le Canada contribue activement à soutenir les négociations Tibet-Chine.

• Le 22 avril 2004, le Dalaï-lama se rend sur la Colline du Parlement et rencontre le premier ministre Paul Martin. C’est la première fois qu’un premier ministre canadien rencontre Sa Sainteté.

• Le 12 mai 2004, Geshe Lobsang Tempa témoigne devant le Sous-comité des droits de la personne et du commerce international de la Chambre des communes.

• En mai 2004, le Comité Canada Tibet présente un rapport au Sous-comité des droits de la personne et du commerce international du Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international.

• Le 26 juillet 2004, au National Press Club à Ottawa, Champa Phuntsok, gouverneur de la Région autonome du Tibet, invite l’honorable David Kilgour, co-président de l’APT, à visiter le Tibet avec une délégation parlementaire canadienne. Champa Phuntsok promet une visite sans restriction mais David Kilgour n’a jamais reçu l’autorisation de se rendre au Tibet.

• En septembre 2004, des représentants du Tibet ainsi que Jared Genser de Freedom Now (Washington, D.C.) font des présentations au Sous-comité des droits de la personne et du commerce international.

• Le 2 décembre 2004, le Sénat et le Sous-comité des droits de la personne et du commerce international adoptent une motion demandant que le «Canada mette à profit ses relations amicales avec la Chine pour l’exhorter à entamer des négociations dignes de ce nom, sans conditions préalables, avec les représentants de Sa Sainteté le Dalaï-lama pour résoudre pacifiquement la question du Tibet.» [traduction]

• En décembre 2004, l’honorable Pierre Pettigrew, ministre des Affaires étrangères, demande publiquement que la Chine arrête l’exécution du moine tibétain Tenzin Delek Rinpoche.

• Le 21 avril 2005, plus de 200 député(e)s portent des écharpes tibétaines (Khatas) dans la Chambre des communes pour célébrer l’anniversaire de la visite de Sa Sainteté le Dalaï-lama au Canada en 2004.

• En juin 2005, le Comité permanent des affaires étrangères de la Chambre des communes adopte une motion exigeant la participation des ministres Pierre Pettigrew et David Emerson ainsi que des représentants de Bombardier lors des audiences concernant le projet ferroviaire tibétain.

• En septembre 2005, le premier ministre canadien Paul Martin, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président chinois Hu Jintao, soulève la question du Tibet et invite tout particulièrement le président chinois à favoriser des pourparlers entre les représentants du Dalaï Lama et la Chine.

• En juin 2006, la Chambre des communes ainsi que le Sénat adoptent des motions unanimes qui confèrent à titre honorifique la citoyenneté canadienne au Dalaï-lama.

• En octobre 2006, le ministre des Affaires étrangères, Peter Mackay, condamne le massacre par des soldats chinois de réfugiés tibétains non armés qui tentaient de s’enfuir vers le Népal.

• En septembre 2006, le Dalaï-lama visite Vancouver. Il reçoit des mains de Monte Solberg, ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, un exemplaire de la motion lui décernant la citoyenneté canadienne à titre honorifique. 

• En novembre 2006, M. Lodi Gyari, envoyé spécial du Dalaï-lama, ainsi que M. Tashi Wangdi, son représentant pour les Amériques, se rendent à Ottawa où ils rencontrent des représentants du gouvernement. Ils témoignent devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes.

• Le 28 novembre 2006, le Comité Canada Tibet fait une présentation devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes.

• En février 2007, la Chambre des communes adopte une motion unanime qui encourage «le gouvernement de la République populaire de Chine et les représentants du gouvernement du Tibet en exil, nonobstant leurs différends à l'égard de la relation historique entre le Tibet et la Chine, de poursuivre leurs discussions d'une manière prospective qui mènera à des solutions pragmatiques respectant le cadre constitutionnel chinois et l'intégrité territoriale de la Chine tout en répondant aux aspirations du peuple tibétain, à savoir l'unification et la véritable autonomie du Tibet.»

• Le 25 janvier 2010, le Canada accueille avec satisfaction l’annonce d’un nouveau cycle de négociations entre les représentants du Dalaï Lama et du gouvernement chinois.

• Le 18 décembre 2010, le gouvernement canadien fait part de son intention d’accueillir, sur une période de cinq ans, un millier de réfugiés tibétains vivant dans l’état de l’Arunachal Pradesh en Inde. L’annonce est faite par Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’immigration et du multiculturalisme.

• Le 10 août 2011, le Canada se déclare officiellement inquiet du traitement des Tibétains au Népal auprès de l’ambassadeur du Népal au Canada. Le Canada demande au gouvernement népalais de respecter les normes internationales en matière de droits de la personne.

• Le 7 septembre 2011, le Dalaï Lama donne une conférence publique au stade Uniprix de Montréal pour souligner la décision du Canada d’accueillir un millier de Tibétains déplacés vivant dans le nord de l’Inde sur une période de cinq ans.

• Du 27 au 29 avril 2012, se tient avec succès la 6e Convention mondiale des parlementaires pour le Tibet à Ottawa, qui réunit des parlementaires du monde entier.

• Le 14 décembre 2012, John Baird, ministre des Affaires étrangères, publie un communiqué dans lequel il exprime la vive préoccupation suscitée par l’escalade des immolations au Tibet.

• Le 26 février 2013, le leader politique tibétain (Sikyong) Dr Lobsang Sangay témoigne devant le Sous-comité parlementaire sur les droits internationaux de la personne du Canada. Durant sa visite, le Dr Sangay rencontre également des membres du groupe des Amitiés parlementaires pour le Tibet, l’honorable Jason Kenney, ministre canadien de l’immigration, du multiculturalisme et de la citoyenneté et M.Thomas Mulcair, chef de l’opposition officielle.

• Le 31 octobre 2013, l’ambassadeur canadien en Chine, Guy Saint-Jacques, visite le Tibet. Cette visite ne fait l’objet d’aucune couverture par les médias.

• En novembre 2013, le premier groupe de Tibétains arrive à Ottawa dans la cadre du projet de réinstallation.

 

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